DIASPORA, Editorial, Politique, Société

SASSOU réédite son éternel discours flou et creux

Par :   Jean-Claude BERI

 

L’exercice, pour cette énième édition, était particulièrement ardu. Incapable de trouver une chute cohérente dans son tissu de mensonge ou il était plus question d’expédier les affaires courantes à la tête du gouvernement que recherche d ‘apaisement.

Depuis 1997, le Congo  est plongé dans la pire crise politique qu’ait traversée le pays depuis l’avènement de la République en 1960. Il règne à Brazzaville  une ambiance de fin de règne. Le plus gros problème du «sassouisme» est désormais SASSOU NGUESSO lui même. Tout est fait pour que SASSOU rende son tablier.  Quand il s’agit de sassou nguesso , il est presque tout le temps question de fin, presque jamais de début, ni d’élan.

TSATY MABIALA est-il roulé dans farine ???

Mêmes ondes négatives du côté de la classe politique. La jeune garde du PCT  grince les dents. L’aile KIKI, prépare un virage contre les vieux barons du PCT. L’éviction des soutiens financier  de JDO n’est que la foudre aux yeux pour donner l’illusion de combattre un système qui se « bunkerise » chaque jour.

Quant à l’opposition institutionnalisée de TASTY MABIALA est ridiculisée, inaudible ou à plat ventre : Le PCT se marre ! Besoin de crédibilité, solide. De cohérence, d’intransigeance, d’un mouvement de contestation et de combat pour la République, le Congo.

 La position de TSATY MABIALA, malgré sa brillante intervention sur télé Congo s’est mise dans une situation très mauvaise. Son opposition avait  des revendications mais sans tenir compte de l’environnement des questions induites par les revendications et ces celles-ci ont été mal ficelées. C’est ainsi SASSOU a facilement trouvé une faille. Il a cédé sur des points auxquels l’opposition de TSATY MABIALA  tenait beaucoup et puis quand on a cédé sur ces points, ils se sont aperçus que le problème n’était pas réglé au fond.  Immédiatement cela a provoqué des grondements  au sein de l’opposition. Les gens s’acheminent vers les acquis légaux qui n’existent que de nom. Les institutions mise en place ne sont que des leurres.  Chacun veut prendre le raccourci. Or le raccourci c’est le plus grand danger qui menace le Congo-Brazzaville. Les problèmes qui sont posés ne sont jamais traités, nous ne cesserons de le dire depuis des mois, c’est l’apaisement de la situation politique par un signal fort qui importe.

Donc, il y matière à organiser des réflexions profondes pour voir les avantages ou les inconvénients d’un dialogue dont SASSOU s’en fout éperdument. Sa réponse à ce sujet n’est justement pas de réponse malgré la porte grandement ouverte par TSATY MABIALA.

Si l’objectif  l’ultime  de TSATY MABIALA est d’en finir à l’alternance  avec 40 ans d’un régime clanique qui, en plus d’opprimer, n’a pas assuré le bien-être des citoyens, la rupture de confiance empoisonne le dialogue dont il appellera certainement de ses vœux. La réponse de SASSOU est sans équivoque. Je ne partirai d’ici que par la force, ainsi on peut décortiquer ce discours entre les lignes.

Plusieurs faits historiques sont profondément ancrés dans la mémoire collective des partisans d’une alternance chaque fois avortée et les événements plus récents sont venus ravivés cette mémoire. Comme on a pu le constater,  SASSOU contrôle toutes les institutions qui règnent dans le pays.

La crise politique congolaise dure depuis deux décennies, il n’est point question de mener un dialogue expiatoire mais de réaliser de véritables assises nationales. Il est nécessaire de trouver des médiateurs crédibles, motivés et disponibles. Surtout éviter un éternel recommencement.

Aujourd’hui, c’est un euphémisme d’affirmer que l’opposition n’a ni la capacité organisationnelle, ni les moyens d’assurer seule le suivi des préalables en perspectives. Certes, la communauté internationale n’a pas vocation à se substituer au peuple congolais souverain, mais le pourparlers des Nations Unies, aurait aidé à opérer des réformes et à organiser les discussions  inter-congolaises crédibles et démocratiques.

La fin de l’année qui est traditionnellement un moment où le président  de la république enterre la hache de guerre pour adresser un message d’apaisement et d’espoir aurait été un moment propice . Un rituel désormais entré dans les mœurs des réseaux sociaux. Mais au Congo cette hache est déterrée chaque année par lui-même, SASSOU jouant le rôle de pompier–pyromane

SASSOU réédite son éternel discours flou et creux

Gagner la bataille des idées, c’est l’un des principes de la communication politique. Le message  politique de fin dannée consiste à parler aux gens, à échanger avec eux, à communiquer et à expliquer. Un énorme travail de communication pour expliquer  les politiques économiques sociales, éducatives menées l’année venant de s’achever et faire des projection futures . Force est de constater que  SASSOU verse dans un bégaiement répétitif. Il plébiscite a demi mot  l’impunité des fraudeurs doit-on le laisser véhiculer cette ineptie au sein d’une jeunesse désarmée abreuvée par des salves de promesses mielleuses ? La réponse appropriée c’est d’apporter à cette jeunesse des éléments de compréhension pour réponse positivement à l’opération d’usurpation et de tromperie  mise en place. C’est vraiment se moquer des parlementaires et des congolais. C’était une mauvaise copie de dissertation digne d’un d’élève de CM2. Sur le plan lexical, c’est vérifié par la statistique. Les mots caractéristiques sont très nets : il est question de continuité dans la médiocratie, impunité, de despotisme, voire carrément d’insultant. On peut lire entre les lignes  aussi le mot  favoritisme ou l’exaltation de l’arrogance. Ces substantifs correspondent à un constat perceptible sur  la société congolaise  sous Sassou. Une société  en chute libre ou il est  imposé  aux forceps aux congolais une voie semer d épines qui sont en plus  saillantes. Comme à son habitude,  le despote national s’impose comme le roi pharaon du Congo.  Que vous m’aimez ou pas je vais vous soumettre à ma volonté. Sans état d’âme.

Congo : Sassou entre le marteau du FMI et l’enclume d’une implosion sociale et politique

Le morcellement des intérêts a fait éclater notre horizon d’attente. la naissance  des groupuscules dits d’opposition de résistance attise le feu au lieu de le cerner pour mieux le circonscrire.  Seuls les naïfs et les incrédules croient que l’on peut dialoguer avec le Pct dans sa formule et composante actuelles, grand fossoyeur des libertés humaines, muré dans leur seule certitude qu’il n’y a de vérité que la vérité enfermée dans l’idéologie marxiste clanique qu’il prône. nous n’avons pas non plus pour vocation à être des éternels  opposants manquant de discernement pour exiger  le dialogue avec des gens qui font du monologue hermétique leur seule raison d’exister pour rester au pouvoir à vie.

Ce n’est donc pas ce énième discours dépourvu de cap depuis fort longtemps qui sortira le pays de la crise , le Congo est  dans un état de faiblesse avancé, tant sur le plan moral que sur les plans politique, économique ou stratégique ce n’est donc par les assignation à résignation, le népotisme, la corruption, l’impunité et l’obsession du pouvoir que les congolais recouvriront la joie de vivre.  C’est un discours malsain et morbide teinté de mépris que vient nous servir,  ce jour 29 Décembre 2018 au palais du parlement Monsieur SASSOU. Les gros poissons ne sont pas dans le fleuve Congo,  faut plutôt aller les pécher dans la rivière Alima. Et le gros requin est dans ton aquarium géant installé à OYO.

Un président incapable de voir les chiffres affolant et des réalisations à l’abandon transformées en des décors d’opéra « éléphant blancs » sont présentées comme des trophées de guerre qui jalonnent tout le pays. Face à des urgences sociales criantes, la pluie d’annonces égrenées par le despote national cache mal une volonté de prolonger l’indigestion ces  20 dernières années d’une gouvernance baignée dans la corruption.  Une gouvernance ou il nous  a laborieusement imposé des médiocres, n’effacera pas l’image d’un despote obsédé par la transhumance, multipliant combines et montages politiciens pour élargir une coalition qu’il sait fragile. Une sorte de berger si peu confiant en ses capacités et réalisations qu’il est prêt à en partager l’échec avec le maximum de seconds couteaux sous prétexte d’unité nationale de chasse aux anti-valeurs. Les infrastructures routières deviennent des fossés béants dans plusieurs arrondissements du pays  cela n’émeut pas l’homme à la coiffe de Satan. SASSOU rendu aveugle par la boulimie du pouvoir ne voit pas que le Congo s’éloigne de plus en plus de la voie du progrès de façon dangereuse.  Nous sommes aujourd’hui très loin des estimations favorables en termes d’indicateurs économiques. Notre PIB par habitant est parmi les plus bas. L’espérance de vie des congolais a fortement chuté . Le taux de mortalité infantile en régression vertigineuse. La liberté d’expression très dégradée.  Tout indique que nous régressons dangereusement pourtant  nous avons tout pour réussir.

  La longue et épuisante litanie des vœux de sassou finissent par constituer, au fil des ans, une sorte d’herbier indigeste  de la politique congolaise.

 

Jean-Claude BERI

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