Economie

« Tout savoir sur le budget 2018 du Congo »

Par  :  Verlin RICHARD

En 2018, l’État congolais va dépenser 1 303 629 000 000 FCFA et collecter 1522 629 000 000 FCFA en recettes.

Ainsi, L’Etat prévoit un excédent budgétaire de 219 000 000 000 FCFA.

NB : ceci n’est qu’une prévision cet argent n’existe pas. On le saura le 30/09/2018 si les prévisions du gouvernement sont exactes ou pas. Si ce résultat ne se réalise pas on dira alors que le budget 2018 n’a pas respecté un des principes budgétaires : le principe de la sincérité.

En vérité pour réaliser cet excédent budgétaire il faut que les recettes prévues soient collectées et que les dépenses prévues soient absorbées c’est à dire que l’Etat dépense ce qu’il a prévu. Donc, il faut que l’activité économique tourne avec un % de croissance positif. A surveiller donc ! Rendez-vous au 30/09/2018.

Mais avant de voir comment l’Etat congolais va dépenser et collecter cet argent, voyons comment il a dépensé et collecté l’argent figurant dans le budget 2017 ?

En effet, c’est en analysant la capacité de l’Etat d’absorber sa dépense prévue dans le budget et son efficacité dans la collecte de la recette inscrite dans le budget que l’on pourra dire si les prévisions budgétaires étaient sincères et si la trésorerie a été bien gérée ?

Dans le budget 2017, l’Etat avait prévu dépenser 2 121 855 233 732 FCFA et collecter 1 695 283 000 000 FCFA.
Autrement dit en 2017, le budget était déficitaire de 426 572 233 732 FCFA. Et, l’Etat avait prévu financer ce déficit budgétaire en réalisant un excédent de trésorerie équivalent à ce déficit budgétaire.

Or, cela ne fut pas le cas car au 30/09/2017, l’Etat congolais a réalisé en effet, un excédent de trésorerie mais seulement de 156 958 850 413 FCFA.

Mes explications :

L’Etat a dépensé plus qu’il avait prévu (+18%) du plafond des charges fixées dans le budget de trésorerie et n’a collecté que 53 % des recettes prévues.
Calcul : 896 231 694 279 (recettes au 30/09/2017) – 739 272 843 866 (dépenses au 30/09/2017) = 156 958 850 413 FCFA (excédent de trésorerie au 30/09/2017).

Ceci soulève quelques interrogations :

Cet excédent de trésorerie en 2017 a servi à quoi ? à réduire le déficit budgétaire ? Si c’est le cas donc au 30/09/2017 le déficit budgétaire du Congo devrait s’établir à 269 613 383 319 FCFA.

Mes explications :

Cet excédent de trésorerie en dessous des prévisions s’explique par la non maîtrise des dépenses publiques et vraisemblablement par le non suivi par le Ministère des finances des dépenses publiques comme l’exige chaque Loi organique relative aux lois de finances.

Et, outre l’obligation faite au ministre des finances dans le suivi et le contrôle de l’exécution du budget, il y a aussi la cour des comptes qui doit certifier les comptes publics.

Mais voilà, au Congo, les dispositions permettant à la cour des comptes et de Discipline budgétaire ne rentreront en vigueur qu’en janvier 2022 (art 95 de la Loi organique relative aux lois de finances du 3/10/2017).

Or, si le ministre avait fait son travail et si la cour des comptes certifiait déjà les comptes de l’Etat, certainement ils se seraient vite rendu compte du dérapage des dépenses et de l’inefficience de la collecte des recettes fiscales, pétrolières et des recettes du portefeuille public.

En effet au 30/09/2017 l’Etat n’a collecté que :

– 579 983 622 585 FCFA des recettes fiscales sur une prévision de 1 063 473 000 000

– 294 568 201 676 FCA de recettes pétrolières sur une prévision de 475 865 000 000 FCFA.

– 3 482 834 684 FCFA des recettes de portefeuille public sur une prévision de 19 073 000 000 FCFA

– 21 679 870 018 FCFA de « dons » reçus sur une prévision de 155 945 000 000 FCFA.

Conclusion sur le budget 2017 :

Le budget 2017 n’a pas atteint son objectif : celui de confirmer les prévisions budgétaires ou d’en être pas trop en deçà.
Le 30/09/2017, le verdict est tombé : le budget 2017 s’est réalisé très en dessous des prévisions budgétaires affichées.

En cela, le budget 2017 est un budget « NON SINCERE ».

S’agissant des finances publiques, il est impératif que le citoyen puisse bien comprendre à quelle politique publique ou « mission » est affecté l’argent de ses impôts. L’urgence pour le Congo est d’adopter une politique de dépenses publiques axée sur la modification des comportements de tous les agents économiques pour que chaque FCFA Public dépensé soit profitable à l’économie.

Mes recommandations :

1- L’Etat congolais doit respecter le principe d’annualité qui impose que le budget de l’État soit voté chaque année, pour une année en respectant le processus budgétaire tel énoncé dans l’article 152 de la constitution.

2- Au regard des prévisions budgétaires de 2017 et de l’exécution de ce budget, il y a urgence pour le Congo de conduire des réformes des services publics afin d’assurer le recrutement et la formation nécessaires en vue d’améliorer la qualité technique et la gestion financière.
Qu’en sera-t-il du budget 2018 voté ?
1- Ressources budgétaires = 1 602 619 295 029 FCFA
2- Dépenses budgétaires = 1 383 619 295 029 FCFA
3- Déficit de trésorerie = 778 900 000 000 FCFA à financer par :
– 219 000 000 000 FCA (solde budgétaire excédentaire)
– 559 000 000 000 FCFA (FMI).

Mes remarques :

1- L’emprunt de 559 000 000 000 tel inscrit dans le budget de trésorerie, servira à rembourser la somme de 603 900 000 000 FCFA sur la dette publique du Congo en 2018 car l’urgence ici est la soutenabilité de la dette publique. Mais cette dette est de combien à ce jour ?

2- En l’absence d’une reprise économique, les recettes fiscales prévues ne seront pas au rendez-vous, les recettes pétrolières ne seront sans doute pas aussi, au rendez-vous et dans ce scénario, comment l’Etat ferait-il pour financer les dépenses prévues :

– 364 500 000 000 FCFA (dépenses du personnel)
– 322 829 000 000 FCFA (les dépenses de transfert)
– 264 000 000 000 FCFA (les dépenses d’investissement).

Ces trois postes de dépenses représentent 63% des dépenses du budget 2018.

Ma conclusion :

Pourvu que les prévisions budgétaires se confirment dans la réalité, ce qui parait irréalisable en l’état !

Alors le changement, c’est maintenant.

 

Par Verlin RICHARD pour le compte de la ballade des idées

 

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