Politique

Ne sommes-nous pas tous des canards sauvages ?

Par     Jean-Claude BERI

« Le peuple congolais à un droit fondamental d’expression, de décision et de contrôle permanent ou à posteriori sur son destin. Ce n’est pas un simple figurant occasionnel de la politique » JCB

Cessons de ressasser le passé. Le Congo est un territoire vieux d’avant cette démocratie occidentale qu’on voudrait nous imposer. Le Congo a toujours existé et existera encore après nous. Il est absurde de penser que deux personnes font le Congo. On peut s’offusquer de l’injustice, du traitement inhumain infligé a tout Congolais épris de paix et de justice. Pour nous homme de justice et de paix, c’est inadmissible. « Traiter les autres de canards sauvages » est tout simplement indécent. MOKOKO et OKOMBI, libres aujourd’hui auriez-vous la décence d’utiliser les mêmes mots ? Le seul qui mérite d’être traité de canards sauvages, c’est SASSOU.

Paulin MAKAYA, Parfait KOLELAS, les premiers déclarés officiels sont loin d’être des amateurs politiques ni encore moins des égarés politiques. Si vos leaders étaient dehors, votre indignation aurait une autre saveur. Autant dont je me souviens,  à l’époque ou nous avions été tous proches de NGUILA, une autre philosophie de la politique nous rassemblait.

Dans cette opposition qui, à mon avis, reste à reconstruire, il n’y a pas de personnes exemptées de toutes responsabilités devant le peuple. Ceux qui sont en prison ne sont ni des saints, ni des personnes dépourvues de casseroles nauséabondes. Ils sont autant responsables devant le peuple de la souffrance que celui-ci vit. Par leur choix et action antérieure, ils ont favorisé la situation actuelle.

C’est pourquoi il serait déplacé pour ceux qui défendent leurs champions respectifs de penser qu’ils ont raison sur tout le monde. Qu’ils seraient le sel de la démocratie. Le peuple congolais est un peuple adulte et responsable. Vouloir formater l’esprit de la majorité par un jeu subtil  de déformation de la vérité est une action d’une dangerosité grave.

Défendez-vous leaders par la mise en avant de leur vison pour le nouveau Congo que nous voulons tous. Argumentez vos propos en s’appuyons sur des thèses constructives et convaincantes. La démocratie de l’invective est l’arme des faibles. Il est le signe d’une fébrilité politique et non une contradiction démocratique saine et souhaitable dans un contexte ou tous sont autant impliqués dans ce drame congolais que nous vivons.

Je n’ai pas la prétention de vous faire la leçon, car moi-même, je me suis souvent laissé emporter par l’émotion et la colère. Je reconnais que le combat est difficile, nous serions amenés à de tels échanges. Si seulement, nous gardons notre lucidité et restons humbles, notre démocratie vaincra.

SASSOU à mes yeux reste un voleur, un usurpateur, un assassin, un manipulateur, un dictateur atteint d’une pathologie corruptrice incurable qui ne devrait pas bénéficier d’une quelconque confiance. Je le dis depuis 19 ans et je continue à le penser aujourd’hui. On ne peut le définir autrement que comme cela en constatant le massacre du Sud de Brazzaville et du POOL.
Sur ce point, nous pouvons nous retrouver et faire de ce combat, un réel sursaut national de libération définitive. Vouloir présenter un tel ou tel autre comme le meilleur candidat est d’une absurdité qui congèle nos neurones. Personne ne détient la statue de la vérité.

A l’heure actuelle, notre machine de combat est grippée par l’inertie et l’attentisme. On donne du poids au superflu au lieu de privilégier l’essentiel. Tant que nous continuerons à naviguer en compagnie des clichés rétrogrades, d’avoir des pensées les plus paralysantes : le positionnement égoïste, le repli clanique, etc… Soyons-en sûr le suicide collectif nous attend au tournant.

A défaut de combattre la dictature, nous nourrissons, en fait, le bébé de la dictature. Car pendant que SASSOU s’essouffle petit à petit, un autre Sassou, est en train d’affûter ses armes pour prendre la relève et faire perdurer la dictature du clan d’Oyo.

Pendant ce temps, l’opposition lance un débat sur soit le dialogue, la participation ou pas a 2021, la remise à plat du fichier électoral…Cette  purification démocratique à laquelle s’est lancée certains est en train d’accoucher d’un autre  monde totalitaire. Le plus terrifiant c’est que ces pratiques veulent  dessinent en réalité le même monde que nous récusons.

Devons-nous empêcher les MOKOKOLISTES, OKOMBISTE, TSATYLISTE ou les PAKOLISTE de se livrer à cette guéguerre ? NON, ils sont dans leur droit de militants. Seulement, ils ne doivent pas croire que leurs pensées constituent la boussole du salut. 2016 ne sera pas 2021. L’élan d’émotion qui a habité le peuple pour un candidat ou un autre n’est plus le même. Si le peuple décide de  choisir TSATY MABIALA ou PARFAIT KOLELAS, ça sera le choix du peuple. Même si ce n’est pas le nôtre. On n’a pas le droit de se substituer au peuple. Mais de grâce n’imposez pas au peuple congolais vos choix. Vous vous discréditez.

C’est cela, l’ère de la démocratie à la carte. On encense les coupables d’hier qu’on appelle désormais les démocrates. On croirait que ces gens travaillent main dans la main avec les bourreaux qui leur ressemblent. Qui s’occupe des parents des victimes de septembre 2015 ?  Combien de prisonniers renferment les geôles de la maison d’arrêt. On nous bassine les oreilles avec MOKOKO et OKOMBI par ci et TSATY MABIALA et Parfait KOLELAS par là. Entre temps ces mêmes perçoivent pour certains leurs salaires de fonctionnaires tout en se vantant d’être des opposants d’être des farouches opposants. Ou nous travaillons ensemble pour le bien du Congo ou nous exploserons chacun de son côté. Ces nouveaux gourous de la démocratie congolais  affichent  les mêmes valeurs morales qu’ils se sont eux-mêmes affranchis des règles. Dans cette affaire, la montée au créneau de cette opposition  relèvent de l’enfumage. Que cesse ce jeu morbide de bons et de mauvais opposants. Nous sommes tous dans le même bateau.

Certains vous diront pourquoi pas DZON ? D’autres pourquoi pas un candidat issu de la diaspora ?….

Oui, battons-nous pour la libération de ces deux prisonniers incarcérés injustement. C’est noble et patriotique !! Non pour en faire des candidats absolus du peuple.

La lutte politique, ce n’est pas une loterie. Si on en reste à faire à chaque fois des transhumances pour des raisons égoïstes, en ignorant la vie des Congolais, il n’y a plus de démocratie. Il ne faut un seul instant oublié que SASSOU et son clan, c’est le diable de service. Il est utilisé pour perdurer en semant la désolation et la perversion au Congo. Mais comment faire ? Continuer comme avant ? Mais c’est insupportable. Nous devons être combatifs en évitant la dispersion de l’opposition, mais une opposition de programme.

Pour certains, le problème, c’est le peuple, pour moi, c’est la solution.Ainsi, je récuse cette dynamique de glissement vers la pensée unique.

Le peuple congolais à un droit fondamental d’expression, de décision et de contrôle permanent ou à posteriori sur son destin. Ce n’est pas un simple figurant occasionnel de la politique.

Jean-Claude BERI 

Activiste et lanceur d’alerte 

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