Diplomatie, International, Politique

SOMMET RUSSIE-AFRIQUE : LE RENDEZ-VOUS DES AUTOCRATES ET DES HYPOCRITES ! 

 

 

Par  Felix BANKOUNDA MPELE

Autant on ne saurait discuter à la Russie et aux États africains de se rencontrer au sommet avec qui ils veulent, autant il est indiscutable que la Russie n’a historiquement jamais été emballé par des préoccupations démocratiques, chez elle ou ailleurs, et cela ne peut manquer d’interpeller les Africains épris de l’avenir démocratique de leur pays et de leur continent.  

Si, à son actif, il est souvent évoqué son aide multiforme aux pays africains pour les luttes de libération du joug colonial, il est autant vrai que l’ancienne URSS ou la Russie aujourd’hui n’a toujours, en Afrique, soutenu que les pouvoirs établis, et en général dictatoriaux, et jamais manifesté une inquiétude sur les violations massives des droits et libertés des africains par leurs dirigeants, bien au contraire. Et, ce n’est ainsi pas un hasard que l’un des maîtres mots du président Poutine au premier sommet Russie-Afrique post-indépendance de Sotchi, du 23 au 24 octobre, revenu comme un leitmotiv, c’est de « permettre aux États africains de retrouver leur souveraineté ». Comme si les dirigeants africains, dans leur majorité, n’étaient pas ceux qui avaient mieux réussi à brader la souveraineté de leur pays! Surtout, et à l’expérience, les dirigeants africains n’ont souvent revendiqué la souveraineté que de manière négative, dans la protection de leur pouvoir, de leurs droits et intérêts personnels, quand ils sont rappelés au respect des droits fondamentaux de leur peuple, ou de l’ordre constitutionnel !

Ainsi, dans la logique de cette convergence politique, les points centraux de coopération Russie-Afrique retenus par le président Poutine, pour l’avenir, sont le terrorisme, l’extrémisme, la piraterie et les conséquences du « printemps arabe » et, à peine, les échanges divers qu’il promet de doubler dans cinq ans, et dans lesquels les accords militaires, le nucléaire civil et l’exploitation des ressources ont une grande place. Rien, absolument rien sur les questions des peuples, sur la démocratie et la promotion de la société civile ! L’on comprend pourquoi les chefs d’État africains se sont bousculés au cours de cette rencontre où un peu plus d’une quarantaine ont été dénombrés. 

On se doute bien que ne disposant que d’une industrie lourde, et dépendante elle-même de l’étranger et principalement de la Chine pour le reste, de l’industrie manufacturière précisément, le président russe avait, au plan économique, peu de choses à proposer aux dirigeants africains dont les intérêts personnels, auxquels ils sont tous très attachés, sont plus tournés vers l’Occident que vers la Russie, ou même vers la Chine. Et il le sait, et en sont tous conscients. 

Dès lors, l’on se doute que les raisons de fond qui ont enthousiasmé et mobilisé les parties, au cours de ce sommet, sont plus ailleurs que dans les messages ou objectifs affichés: la Russie a besoin de l’Afrique essentiellement pour des raisons géopolitiques et les incontournables ressources minières, et les dirigeants africains, maîtres-chanteurs surdoués et friands insatiables du pouvoir, réussissent un double coup, d’abord en obtenant le soutien sans condition à leur pouvoir par une puissance autocratique qui leur ressemble bien, ensuite en faisant comprendre à leurs alliés et soutiens traditionnels, anciennes puissances coloniales, qu’ils sont bien désirés ailleurs et méritent plus de soutien par eux, sur la base de la très connue formule de feu président Bongo du Gabon: « LE GABON EST COMME UNE JOLIE FILLE QUE TOUT LE MONDE DÉSIRE, ET QUI NE SE DONNERA QU’À CELUI QUI LUI MANIFESTERA PLUS D’ATTENTION ET DE SOUTIEN » 

Telle semble avoir été la trame essentielle du sommet de Sotchi : UN RENDEZ VOUS DES AUTOCRATES ET DES HYPOCRITES, en gros… 

Felix BANKOUNDA MPELE

https://fr.sputniknews.com/international/201910241042315256-poutine-dresse-une-liste-des-quatre-fleaux-qui-minent-le-developpement-de-lafrique-selon-lui/?fbclid=IwAR3Qzu-d0CXTPCxe8FQpI0yIptfh2UvRwLFdFLJY6kOrpjk6Ut3oH6WZX18

https://www.leconomiste.com/article/1052186-les-ambitions-russes-en-afrique

 

Un commentaire

  1. Poutine!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ne peut rien proposer aux présidents africains véreux et insatiables. Ils ont volé, pillé, tué et mis fin à la bonne marche de la machine des pays africains une fois qu’ils ne seront plus aux affaires. Pour ce dictateur Russe, organiser une telle conférence, serait comme une façon pour lui de garantir une survie à certains crocodiles africains qui sont en voie de perdre leur pouvoir. Mais, mettons en tête que Dieu est vivant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*