Politique

Le statut de chef de l’opposition : gadget ou avancée démocratique ?

Tsaty MABIALA , chef kleenex de l’opposition

Par :: Vievient Romain MANANGOU  

Avec l’adoption de la loi n°28-2017 du 7 juillet 2017, l’opposition congolaise dispose désormais d’un statut normatif qui fait échos au titre III de la Constitution de 2015, intitulé : « des partis politiques et du statut de l’opposition ». Il convient de souligner que « les parlementaires ont suggéré, au titre des nouvelles dépenses, que le budget de l’État exercice 2018 prenne en charge les frais liés au statut du chef de l’Opposition à hauteur de 1 milliard de F CFA », c’est-à-dire, autant qu’à l’assistance des populations déplacées du Pool. Il est donc important de comprendre ce dans quoi, l’argent du contribuable congolais ira.

1. Une réalité institutionnelle internationale

 
L’institutionnalisation d’un statut pour l’opposition n’est pas une invention congolaise. Au Royaume-Uni par exemple, il existe la très « fidèle opposition officielle de Sa Majesté ». Il s’agit du parti politique qui possède le plus grand nombre de sièges au sein de la Chambre des communes sans faire partie du gouvernement. Elle est dirigée par le chef de l’opposition (Leader of Her Majesty’s Most Loyal Opposition).
Toutefois, comparaison n’est pas raison, cette reconnaissance officielle se justifie par la réalité politique dans ce Royaume. Dans ce sens, « l’expression « opposition de Sa Majesté » a été créée en 1826, avant l’installation du système bipartite moderne, lorsque le Parlement consistait essentiellement en des intérêts particuliers, des relations et des factions, plutôt qu’aux partis politiques plus homogènes d’aujourd’hui (bien que les Whigs et les Tories étaient au XIXe siècle les deux partis principaux) ».
Au demeurant, avec un régime parlementaire intégral, le véritable pouvoir exécutif étant détenu par les chambres parlementaires qui forment le bloc majoritaire, il est normal, que le chef de l’opposition soit le leader du Parti ayant le plus grand nombre de députés, c’est le cas de Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste depuis 2015.

2. L’inadaptation du système dans certains États africains

Avant le Congo, certains États africains ont adopté un statut pour l’opposition et son chef avec des fortunes diverses. Il est possible de scinder les États en deux blocs. Dans le premier, figure des États dont le chef de l’opposition est formellement reconnu, c’est le cas de Soumaïla Cissé au Mali, dont le parti dispose du plus grand nombre de députés à l’Assemblée nationale. La même situation prévaut en Guinée avec Cellou Dalein Diallo ou encore au Niger avec Saleh Kebzabo. Dans la deuxieme catégorie, on recense des pays dans lequel le cadre juridique existe, mais aucun statut particulier de l’opposition n’a été adopté. C’est le cas de la RDC, depuis 2007, du Sénégal depuis 2001, avec une volte face du pdt Wade, au Togo depuis 2013 et au bénin.

La vraie question qui se pose est celle de savoir, pourquoi est-ce le chef du Parti minoritaire à l’Assemblée nationale qui doit etre le chef de l’opposition alors qu’en réalité, c’est l’élection présidentielle qui désigne le détenteur du pouvoir exécutif et donc législatif ?

La question se pose aussi pour le Congo.

  1. Le contenu de la loi du 7 juillet 2017 portant statut de l’opposition politique au Congo
    Dans son esprit, cette loi est très proche de celle du Mali de février 2016. On y retrouve un certain nombre de banalités : chapitre 1 « l’opposition politique est parlementaire et extra parlementaire », évidemment ; « l’opposition politique participe à l’animation de la vie politique », mais bien sûr que oui ! Plus sérieusement, l’article 10 énumère une série de droits et devoirs incombant à l’opposition. Toutefois, s’il n’y a véritablement aucun droit nouveau, les devoirs y sont légion. La technique est connue en matière des libertés, les devoirs viennent contrebalancer les droits afin d’annihiler leur effectivité.
    Quant au chapitre 3, il traite du fameux statut du chef de l’opposition. L’article 11 est consacré au processus permettant de constater et non pas de désigner ledit chef. Ainsi on y apprend, qu’il est le chef du Parti politique – et non pas du groupement politique – ayant obtenu le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée. Quant à l’alinéa 2, il précise qu’en cas d’égalité, c’est le suffrage obtenu par les élus qui sera pris en compte. On peut légitimement s’interroger sur cette restriction concernant les groupements politiques. Ce qui est en effet admis pour la majorité ne l’est pas pour l’opposition.

Mais ce sont surtout les articles 14 et 15 qui posent problème, donnant l’impression de l’institution d’un appendice du pouvoir exécutif. En effet, l’article 14 octroie la possibilité au pouvoir d’associer le chef de l’opposition à l’accueil des hôtes de marque, à faire partie des délégations officielles ou encore à se voir confier des missions spécifiques à l’étranger.
La confusion de genres va conduire inéluctablement à la dilution de la responsabilité ce qui sera dramatique pour la démocratie. Par exemple, le chef de l’opposition accompagnant le président de la République à Washington au siège du FMI, pourra-t-il avancer d’autres options que celles du pouvoir ? dès lors, sur quelles bases pourra-t-il prétendre incarner l’alternance ?

De l’avis des observateurs, l’adoption d’un statut pour l’opposition en Afrique, l’affaiblit, crée en son sein des divisions et des frustrations. De façon générale, la reconnaissance d’un statut pour l’opposition est perçue plus comme un piège que comme une véritable avancée démocratique.

Vievient Romain MANANGOU 
Un parmi vous !

 

3 commentaires

  1. « Stephano Ngaboula  » DIT : Le Congo est avant tout dans une crise de civilisation. L’Etat est contrôlé par des personnes issues d’un environnement qui n’a jamais dépassé le stade de société tribale, avec comme principales valeurs les fétiches, le sacrifice humain, la ruse et la paresse.

    Ces mbochis ne font que reproduire leur culture d’origine au niveau de l’Etat, en se faisant accompagner par des collaborateurs venus de tout horizon du Congo, pour donner l’illusion d’unité nationale. Dans des moments de crise comme actuellement, cette solidarité ethnique a tendance à céder la place à un recentrage familial de la structure de gestion du pouvoir vouée à l’échec.
    SASSOU NGUESSO ET SES COMPLICES DU POOL : LES LARIS-KONGOS ONT-ILS UN PENCHANT INNÉ A LA TRAÎTRISE ? http://congo-objectif2050.over-blog.com/2018/01/sassou-nguesso-et-ses-complices-du-pool-les-laris-kongos-ont-ils-un-penchant-inne-a-la-traitrise.html

  2. Concentration all of your attention on refining that advertising and marketing technique, and when you obtain steady leads daily from your short article advertising … after that add another. Since these settings are usually password restricted, anyone would find a way to shield the kids from inappropriate aspects perhaps during the times when you are in a roundabout way managing these people. Apart from what is great about the campers, there are certain issues, which may be a bit problematic for the people happening their journey.If you hate joining front of the camera, Wholesale Jerseys, then don’t dive into video marketing unless you intend to do display chance tutorial video clips. In fact, you’ll see a lot of content created around your product or service. You know you don’t have time to exercise,Wholesale Jerseys Cheap, but put on your exercise clothes and shoes anyway to counteract your excuse. Healthcare astrology offers determine precision within analysis,Cheap Jerseys China, diagnosis as well as remedy.com. Make sure it is high in value and relevant to your particular audience. In addition, you should also choose wedding invitation envelopes in creative and unique design in order to complete the beauty of the invitation card. This is not really a ?disease? but is just named after the guy who discovered it. All these ingredients are blended in right combination to offer effective treatment for damaged penile tissue.//////////

  3. Au congo Bzv c’est juste fait pour isoler la region du Pool qui gene le pouvoir en place d’ apres leur strategie politique. npous devons le savoir que l’UPADS est un PCT bis. Le Niboland a servi de base pendant le monopartisme comme base dans la partie sud du Congo. Pendant le mono tous les premiers ministres etaient soit du Niboland, soit du Kouilou à l’exception de maitre MOUDILENO MASSENGO et donc on sait comment cela s’etait terminé avec le Pdt MARIEN NGOUABI. Puisque Moudileno ne voulait pas voir des depenses utiles à la tête de l’état. C’est ce qui fera son exil en France.L’homme du Pool gere rationnellement bien le bien public.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*