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La stratégie suicidaire d’une diaspora en manque d’unité

La stratégie suicidaire d’une diaspora en manque d’unité

Par :    Jean-Claude BERI

 

« La démocratie a pour but de permettre aux citoyens de contrôler le pouvoir d’État. On ne peut pas s’en servir pour justifier l’exploitation des politiquement faibles par les politiquement forts, qu’ils soient la majorité ou une minorité bien placée. »Alexis de Tocqueville  De la démocratie en Amérique(1835)

On m’a fait marquer  par un observateur étranger qui connait bien le Congo les contradictions qui font que notre combat tourne en rond. Ce n’est pas l’engagement du peuple qui fait défaut mais plutôt le carriériste de certains acteurs qui prétendent œuvrer pour libérer le Congo du joug dictatorial. Mais lorsqu’on y regarde de plus près ce ne sont   que des stratégies de positionnement   et  de valorisation d’une démarche qu’on l’on estime  plus efficiente que celles des  d’autres. Les vieux  conflits de personnes et non idéologiques refont surface  pour plomber toute démarche qui n’acquière pas l’adhésion d’une certaine diaspora parisienne qui s’est autoproclamée détentrice de la solution miracle.

Lorsqu’en 1998 nous combattons la dictature farouche qui sévit encore  à Brazzaville,  beaucoup de ceux qui nous ont rejoint étaient de l’autre côté. Ils proclamaient haut et fort qu’ils avaient raison de soutenir l’homme fort de MPILA. Nous étions catalogués comme étant  des pestiférés, des bannis de la république. Je prends à témoin les ministres OUABARI, KOUKEBENE, MBAYA, OMBAKA,   le défunt MOUNGOUNGA  et certaines individualités lyonnaises le vieux KIBABI et beaucoup d’autres dont  je préfère taire les noms.…

A cette époque un seul mot d’ordre était en vogue, LE DEPART DE SASSOU SANS CONDITION.   Les réunions et les manifestations étaient unitaires  et non sectaires ou de positionnements.  Cela s’est vu en 1998, lorsque que nous organisions la première marche de la résistance Lyon –Grenoble, elle s’est faite avec le concours de toutes les sensibilités politiques et sans distinction. Ceux qui y étaient doivent se reconnaitre. La question est d’où est venue cette course aux positionnements et à l’exclusion des uns par les autres ?

L’UPADS, parti au pouvoir évincé par un sanglant coup d’Etat se devait de montrer plus de combativité et de rigueur dans le combat. Au contraire, il s’est englué  dans une querelle d’accaparement de la tête du parti  au lieu de mettre en place des stratégies de combat.

Dès lors la porte était ouverte pour des intrus qui ont dynamité le socle unitaire de l’UPADS et par ricochet la tête du front. En acceptant en son sein des transfuges du genre Ange Edouard PONGUI, l’UPADS semait là les germes de sa propre division. Je vous passe les détails, mais ce qui devait arriver arriva.

 Ses vieux caciques de la politique congolaise ont cru bon  de nous pondre un directoire de 25 vices- présidents qui s’avéra être un vrai panier à crabe à la congolaise. Les intrigues et les peaux de bananes volèrent   de partout pour nous pondre de nouveau un Congrès. Celui-ci plaça à sa tête le traitre TSATY MABIALA ( dont certains de ces vices présidents soutiennent en catimini la démarche honteuse de TSATY MABIALA) . Seulement savez-vous qui finança ce congrès ? Qui tira les ficelles depuis Paris pour faire élire TSATY MABIALA ?  Ce sont les mêmes aujourd’hui  qui se pavanent de réunion en réunion pour se donner bonne conscience.   Hier,  ils étaient contre MOKOKO, OKOMBI dont ils fustigeaient de tous les maux, aujourd’hui ils sont prêts à servir de paillasson pour proclamer haut et fort que ces hommes ont changé  et mériteraient notre pardon.

Dans ce contexte,  quel est ce pardon qu’on peut facilement accorder à MOKOKO et OKOMBI qui ne serait pas accordé à BOUKADIA  et KOLELAS (fils) ? Ceux qui se sont érigés en Dieu pour accorder le pardon et envoyer les autres aux purgatoires sont–ils des saints ? Comment peut-on accepter une logique si discriminatoire envers les uns et  favorables pour les autres dans une situation ou ils ont tous été du côté de celui que nous combattons depuis 20 ans bientôt ?

MOKOKO à bien aidé Sassou dans sa course à la crédibilisation de son pouvoir malsain. OKOMBI a bien été l’un des guerriers de sassou, BOUKADIA  a bien été un farouche partisan d’une politique sécessionniste absurde et beaucoup ont condamné.  Seulement tous ont reconnu s’être trompés de chemin.  Leur mea culpa n’est peut-être pas identique seulement leur démarche porte aujourd’hui la saveur d’un mea culpa qu’on le veuille ou non. Pourquoi continuer à fustiger BOUKADIA et KOLELAS  et à encenser MOKOKO et OKOMBI ?

 Drôle de situations,  car ce n’est pas seulement BOUKADIA et KOLELAS qui sont visés, ces distributeurs de bons prix ne veulent entendre ni de Mathias DZON, MOUKOUEKE et autres  qui pour eux sont des traites incurables. Drôle de logique ?

Lorsque le Président DZON propose un dialogue national cela hérissent les cheveux des donneurs de leçons à paris. Ils prétendent que c’est leur plan pour maintenir SASSOU au pouvoir.  La visite de Clément MIERASSA a été entachée d’une sale rumeur de corruption liée au financement de ses soins par le pouvoir. MOUDILOU est vilipendé tous les jours  pour avoir exposé la vidéo montrant MOKOKO dans un pseudo préparatif d’un coup d’état. Pourtant lorsque la juge FINELLE le dit et en précisant bien que l’affaire de la vidéo était réglée en « famille » depuis 2009,  cela n’émeut personne. Portant c’est la même version.

 Lorsque BOUKADIA soutient l’idée d’une conférence internationale, les cris d’oiseaux de mauvais augures  se lèvent,  attention  c’est un piège il a été « nguirisé par sassou »

 Mais eux qui vivent à Paris depuis des années, puisqu’ils proclament tous de n’avoir aucune casserole derrière, comment tiennent-ils ? Avec quelles ressources vivent-ils ? A force de ne voir la paille que  dans l’œil du voisin on oublie très vite que son propre œil est obstrué. Nous ne sommes pas tous purs surtout tout ce qui ont été déjà au pouvoir.

Finalement je donne entièrement raison au Vieux MBIKI de NANITELAMIO qui soutient que la diaspora ne combat pas Sassou mais prépare leur entrée dans un gouvernement d’union nationale pour assouvir leurs ambitions égoïstes.

Malheureusement, bon nombres de jeunes se laissent avoir par les calculs politiciens de ses vieux renards de la politique qui rechignent de prendre leur retraite. On ne se rend même plus compte que nous avons une équipe qui ne joue pas ensemble. Les attaquants veulent marquer chacun de son côté, les défenseurs défendre sans coordination et vous voulez que seul le gardien (le peuple) arrête les buts ou encaisse les coups?

La notion du rassemblement  de tous et pour tous doit être l’élément essentiel pour toute stratégie gagnante. Sassou a été tué Marien Ngouabi ,  fait disparaître le corps de Massamba Débat…. si on continue à tergiverser  dans ces conneries nous perdrions demain MOKOKO et OKOMBI et sassou sera toujours là ou au pire sa progéniture prendra le relais.

Le débat actuel tourne trop sur ceux qui pensent que la politique au Congo est une affaire de vocation vouée aux intérêts personnels. Elle est devenue un véritable vivier de carrières. Tous pourris, tous incompétents, pourtant elle ne cesse d’attirer  de personnes sur le marché de l’emploi avec des CV différents, des entretiens d’embauche différents, pour le même objectif : une part de pouvoir. Les seules qualités requises pour cette jeunesse déboussolées  sont celles de la capacité à s’exprimer et à convaincre, de savoir vendre une image, de s’en tenir aux consignes langagières et aux formules ethnique en veillant à ne pas faire de l’ombre aux ténors, de se rendre indispensable, incontournable à la cause pour gravir les échelons, et de savoir négocier sa place. Mais plus jamais pour servir le peuple en toute humilité et modestie .

Les Congolais en a marrent de tous ces stratagèmes et ne veulent plus  subir le pouvoir de l’État et veulent astreindre  la propension à la boulimie politique de certains, hormis celle d’atteindre le sommet en passant par les prochaines élections et de faire les cent pas dans la rue pour convaincre les populations.

MOKOKO n’est pas encore le président des congolais, Arrêtons ce cinéma mensonger. Il  le sera peut-être demain après une élection validée par le peuple souverain. Surtout pas par un conglomérat de décideurs parisiens. Cette attitude est contre productive. La démocratie que nous souhaitions  n’est plus qu’une notion dénaturée qui consiste à donner  un chèque en blanc pour les carriéristes de tous bords  et qui prive les citoyens de toute défense face aux dérives insidieuses du pouvoir.

Je plaide pour un rassemblement de tous les congolais sans exclusion. Pour cela la diaspora doit porter l’espoir d’un pays qui est le nôtre c’est-à-dire  le Congo,  humaniste, créatif,  respectable des uns et des autres  et rassembleur du Nord au sud. Encore faut-il qu’elle accepte d’être la plus éminente des défenseurs de l’unité nationale et ne se prenne pas elle-même pour l’unité d’un clan  à défendre.

Sans vouloir offenser qui que ce soit, allons vraiment à l’essentiel.  Tout congolais aura sa place et surtout sa chance dans un Congo rassemblé.

Vive le Congo Uni

Jean-Claude BERI

 

 

Un commentaire

  1. Discours d’un rassembleur. Well done my countryman. Je crois que c’est de cette manière qu’il faut penser. Certains veulent bien voir Sassou partir mais à condition qu’il y ait, à la place, un homme de leur coin. Toutes les propositions faites par les autres sont mauvaises, seules les leurs qui sont avérées justes et ne peuvent ou qui comptent. Quelle est cette manière de voir les choses! Un jour, nous arriverons au point de déshabiller saint Pierre pour habiller Paul, je veux dire vouloir, à l’unissons, le départ de Sassou pour donner place à la pire dictature qui pourra, je ne le souhaite pas, nous faire regretter ce moment-ci.
    Une fois de plus, bravo Mr Jean-Claude Beri pour cet article qui a donné la réponse à tous les problèmes qui minent notre beau pays qui aspire au changement.
    Merci beaucoup et que Dieu vous garde.

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