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Tout porte à penser que MOKOKO serait mal barré.

Tout porte à penser que MOKOKO serait mal barré.

Par  Jean-Claude BERI

L’agitation politique qui a nourri le feuilleton politico-médiatique du début de l’été a trouvé une issue rocambolesque qui ne peut satisfaire que les humanistes. Condamné, par une justice amputée du droit, le général Jean Marie Michel MOKOKO est autorisé pour des raisons médicales, après deux d’emprisonnement à se rendre en TURQUIE pour y recevoir, nous dit-on des soins appropriés.  Humainement, cette action ne peut que réjouir l’ensemble de la communauté des justes.

L’expertise médicale, réalisée en début du mois de juillet, aurait conclu à une « dégradation manifeste de l’état général suite à une forme et sévère paludisme » A la mi- mois on apprenait par média interposé  » une nouvelle dégradation cardiaque », puis « une infection au COVID 19, démentie depuis« . Malgré la confidentialité stricte, qui entoure la situation du prisonnier MOKOKO, quelques bribes d’information ont pu être distillées ici et là. Toutes tendant à une concentration d’énergie pour éviter à MOKOKO toute sortie pour des soins à l’étranger. Qu’à cela tienne, les faits sont là, MOKOKO est maintenant hors de ce bourbier de pénitencier ou généralement on en ressort que les pieds devant.

Contraint le gouvernement congolais (ou précisément SASSOU NGUESSO) a cédé à ce principe immuable du droit au soins des prisonniers qui stipule « A l’exclusion de leur liberté d’aller et venir, les personnes détenues conservent leurs droits fondamentaux. Leur statut n’est pas un obstacle à l’accès aux soins, lequel doit être facilité dans les limites de la réglementation pénitentiaire »

Humainement cela reste une action positive pour MOKOKO qui doit maintenant se refaire et repenser son engagement pour demain.

Seulement cela démontre aussi que quelque part, si l’on considère les tractations familiales qui émaillent la toile avec leur fond d’imprécision et de commentaire plus farfelue les uns des autres que le combat politique est très loin des sphères de beaucoup de congolais qui se disent résistant ou opposant. On ne relève pas le côté machiavélique de cette libération sanitaire.

Tout porte à penser que MOKOKO serait mal barré

Sans vouloir polémiquer si encore moins jouer aux oiseaux de mauvais augures Les conditions qui entourent cette évacuation sont de nature à penser que MOKOKO serait soigné dans « un hôpital-prison ». Ou les visites des tierces sont interdites sauf celles mentionnées dans l’accord familial. Comme 2006 dans l’affaire de la vidéo, la famille a obtenu du tyran de MPILA, l’évacuation contre l’éloignement de la scène politique de MOKOKO et le silence total. Ce dernier ne doit accorder aucune intervention quelle qu’elle soit et ce dans n’importe quel média.

Le choix de la TURQUIE réconforte bien le Tyran de Brazzaville qui saurait compter sur le respect du droit des prisonniers ou malades des appliqué par les turcs. Faudrait déjà que les juristes congolais nous démontrent quelles lois ou articles qui ont motivés l’évacuation de MOKOKO sous statut de « prisonnier » vers un État avec lequel on n’est manifestement pas lié par aucune Convention de justice…a moins que cela soit inscrite dans la nouvelle constitution appliquée par les faucons d’OYO. Il n’y aurait pas là matière à réfléchir ??

Ne pas voir par cette évacuation la mise à mort politique de MOKOKO serait faire preuve d’une grande cécité politique. Cela a été bien penser par les officines qui ont œuvré pour cette idée. La France, les Etats-Unis et autres pays européens qui semblent-ils sont inondés  de partisans farouches à la cause congolaise (MOKOKO) se sont tous tus et laisser faire. Laissant ainsi faire la politique de l’exclusion et de l’éloignement forcé d’un citoyen congolais.

 De ce fait même en le déracinant de la famille qui a négocié son évacuation en guise de déportation dans un pays qui s’accorde des dérives liberticides pour la mutilation des opposants. Ne serait pas là le signe d’un assassinat programmé ?  L’histoire nous le dira.

On le sait MOKOKO n’aurait jamais quitté son pays de son propre chef, car nous savions aussi que sa liberté était grandement menacée là où il se trouvait, elle est d’autant plus en danger entre les mains d’un tyran de la trempe d’ERDOGAN. A moins  que SASSOU lui même s’est fait piégé ???

Quel serait le combat politique de MOKOKO demain ?

C’est la grande question que tout congolais devrait se poser. Commençons par se demander quel crédit accorder à tous ceux qui hier se proclamaient partisans de MOKOKO et se sont précipités à la présidentielle de 2021 ?   Aujourd’hui certains par effet rétropédalage songerait à re-dynamiser le combat. Quel combat politique de MOKOKO ???

Le seul vrai combat qui compte pour MOKOKO c’est de faire son bilan pour savoir où il va, ce qu’il va faire et surtout avec qui et si demain il décide de repartir quels seront ses moyens et préparera-t-il une organisation digne de ce nom ? Le patriotisme congolais ressemble à une femme prostituée qui se livre au plus ouvrant. On les voit déjà se targuer sur la place de Paris d’avoir agi pour l’évacuation de MOKOKO, des vrais girouettes politiques qui ne sont là que pour s’assouvir leurs appétits insatiables. MOKOKO reconnaîtra ses vrais amis et ses vrais alliés, si demain il pense repartir à la bataille.

Le combat de MOKOKO demain ne serait plus le même car on est plus le même lorsqu’on a été piqué par la trahison et le mensonge. La confiance au sein d’une relation quelle qu’elle soit repose sur un sentiment fort de sécurité, et qu’on peut se montrer vulnérable face à son partenaire. Quand ce sentiment est brisé, les deux parties doivent travailler ensemble pour le reconstruire. Que les pro MOKOKO aient le sourire modeste et humble certains d’entre vous ont terni l’aura rassembleur de MOKOKO.

Aux congolais, laissons à MOKOKO le choix de son destin, c’est un homme qui a souffert dans sa chair pour une cause commune. Construisons notre avenir sans la fonder sur des hommes. Les hommes passent, mais les combats demeureront avec ceux qui feront le choix de la réflexion sur les grands projets unificateurs. Surtout loin de cette agitation stérile. Le Congo reste sous une chape de plomb, un enfer sur terre,  la dictature reste bien en place et encore plus féroce. SAUVONS-NOUS, NOUS MÊME !!!

Jean-Claude BERI


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https://www.voaafrique.com/a/mokoko-quitte-brazzaville-pour-aller-se-soigner-en-turquie/5523702.html?fbclid=IwAR11afNkwdy_UVf_DpzOvxYIYOA8vsGf2s5QVlXDVFpCcsl7QW9UZzVaGTM

 

 

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