Tribune libre

Tribune libre DE PATRICK ERIC MAMPOUYA

INTERVIEW DE PATRICK ERIC MAMPOUYA

 DAC e-NEWS :  Voilà deux semaines que vous avez foulé le sol français, bon séjour chez vous !

PEM : Merci beaucoup

DAC e-NEWS : Les lecteurs aimeraient avoir vos impressions sur la situation socio-politique récente du Congo.

PEM : Le monde entier est au courant de ce qui se passe au Congo-Brazzaville, je ne voudrais donc pas en rajouter une couche sur une situation désespérée qui est en train de devenir chaotique. Notre pays va très mal et le pire est encore devant nous si un changement radical n’intervient pas d’ici-là. Le Congo-Brazzaville a d’ores et déjà perdu sa souveraineté puisque l’adoption de son budget 2018 sera soumise pour approbation non-pas aux députés mais à une organisation internationale qui est le FMI.

DAC e-NEWS : Comment allez-vous ?

PEM : Je vais aussi bien qu’on peut l’être sauf que j’avais un besoin urgent de me reciviliser après quatre années d’immersion totale à Brazzaville. J’avais besoin aussi de faire un bilan complet de santé avec des bons spécialistes parce que dans notre pays beaucoup de personnes vivent avec des maladies qu’ils ne connaissent pas eux-mêmes. Rappelez-vous que par manque de prévention ou de soins appropriés, l’espérance de vie au Congo-Brazzaville ne dépasse pas les 60 ans selon l’OMS et la Banque mondiale ; il est donc bien commode dans notre pays de chercher des sorciers pour chaque pathologie.

DAC e-NEWS: Comment avez-vous vécu les derniers mois dans cette fournaise politique au Congo-Brazzaville ? Avez-vous été inquiété comme l’ont été beaucoup de Congolais ?

PEM : Deux questions en une. Vivre à Brazzaville est une véritable prouesse surtout quand on ne connaît pas les codes comme moi, je m’explique. Vous le savez comme moi, quand on vit en France ou dans un pays Européen on est totalement autonome pour ses besoins fondamentaux et pour tout le reste. Et quand bien même vous ne pouvez pas vous acquitter de vos factures, l’État à travers les services sociaux ou les banques vous y aident.
Au Congo-Brazzaville, ce sont les amis ou la famille qui remplacent les services sociaux, ainsi, pour les enterrements ou les maladies les gens font recours aux cotisations dans les familles et aux amis pour gérer le quotidien. Les salaires au Congo-Brazzaville sont tellement minables que l’immense majorité des travailleurs n’ont pas les moyens d’épargner, conséquences, quand il arrive quelque chose d’imprévus comme une maladie dans les familles, c’est la panique et la débrouille, il n’y a pas d’État ou de services sociaux pour vous aider, donc j’ai dû déployer des méthodes ingénieuses pour vivre sans être à la remorque ni de la famille et encore moins des amis.

Sur le plan politique c’est tout une histoire, il faut être sur le qui-vive quotidiennement. Vous avez utilisé le mot fournaise et vous avez raison. Tous les matins dès qu’on met le pied hors de chez soi, on se demande ce qui va arriver et si on va rentrer chez soi le soir sans problème. C’est tellement stressant que sans le savoir ma tension artérielle a augmenté. J’ai été emprisonné deux fois, une première fois à la DGST, une seconde fois au commissariat central, tous mes documents d’identité, de voyage et mes appareils ont été confisqués par les Forces de sécurité à cause de nombreuses arrestations pendant les réunions ou les manifestations auxquelles je participais. Vivre à Brazzaville ces derniers mois a été très éprouvant pour moi surtout après le vol de l’élection présidentielle, à un moment j’avais la phobie des réunions et des manifestations à cause des nombreuses arrestations dans la ville et des amis qui partaient en exil, j’allais à nos réunions avec la peur au ventre, notez que quand on a été à la DGST au moins une fois, vous n’avez pas envie d’y retourner. Le clou pour moi avait été lors de l’arrestation et des tortures qu’on avait fait subir à Augustin Kalla-kalla, là, j’avais réalisé le niveau de barbarie que pouvait atteindre le régime qui gère notre pays. Je peux vous confier que aujourd’hui encore j’ai des flash-back du corps de Augustin Kalla-kalla à mes moments perdus. Je n’avais jamais imaginé qu’on puisse se comporter comme tel sur le corps d’un être vivant, sauf dans les films.

DAC e-NEWS:  Selon les dires d’une certaine presse, il serait difficile voire impossible pour des citoyens s’exprimant contre la politique gouvernementale de sortir librement du pays à moins d’en obtenir leur quitus, est-ce votre cas ?

PEM : Je ne peux pas parler au nom d’une certaine presse néanmoins je peux vous parler de ce que j’ai vécu. J’ai pu sortir du pays librement et je pense qu’il en est de même pour tous les autres citoyens sauf pour au moins deux leaders de l’opposition. J’ai moi-même écrit des articles et lancé des alertes pour nos deux leaders qui sont régulièrement embastillés dans leurs domiciles. Madame Claudine Munari et Monsieur Charles Zacharie Bowao qui sont les leaders de la fédération de l’opposition congolaise jouissent d’un régime spécial pour les autorités du pays.
Rien, aucun document officiel ne leur notifie quoi que ce soit, mais dans les faits, le régime qui ne veut pas les emprisonner, ne veut pas non plus les laisser sortir du pays et même dans la ville de Brazzaville.
Régulièrement sans qu’on sache pourquoi, leurs domiciles sont complètement cernés par des hommes armés lourdement avec des engins de guerre, avec pour mission de ne laisser aucune personne entrer ou sortir de leurs domiciles. C’est très éprouvant, personnellement je pense que c’est une manière de casser leurs capacités de résistance pour les fragiliser. La même méthode avait été utilisée avant le référendum illégal pour affaiblir la capacité de résistance d’André Okombi Salissa et de Guy Brice Parfait Kolelas deux leaders de l’opposition qui ne voulaient pas qu’on change la constitution de 2002 ; cette fois-là, l’embastillement avait duré plusieurs jours.
Donc je peux raisonnablement dire que pour le pouvoir de Brazzaville, empêcher certaines personnes de se mouvoir est une méthode de gouverner le pays alors que toutes les constitutions du pays et même la déclaration des droits de l’homme ratifiée par le pays, prohibent ces méthodes. Madame Claudine Munari et Monsieur Charles Zacharie Bowao sont en permanence sous surveillance policières, leurs faits et gestes sont scrutés quotidiennement.

DAC e-NEWS : Il semblerait que vous êtes libre de tout mouvement parce que vous avez des accointances avec le général NDENGUET. Que répondez-vous à cela ?

PEM : Avoir des accointances avec le général Ndenguet et se retrouver régulièrement en prison à Brazzaville ? C’est une question polémique que je balaie d’un revers de main. Je demande à tous ceux qui pensent que j’ai des accointances avec le général Ndenguet de venir vivre ma vie à Brazzaville. Cette question est d’une telle bassesse qu’elle ne mérite même pas que je m’y attarde ou alors j’aimerais qu’on me définisse ce que veut dire avoir des accointances.

DAC e-NEWS:  Pourquoi cette propension à suspecter tout acteur opposant politique de l’intérieur sortant du Congo qu’il soit systématiquement vu comme un traitre ?

PEM : Cette propension à suspecter tous les acteurs de l’opposition a des fondements historiques qui sont logiques. C’est un fait qu’il y a plusieurs acteurs de l’opposition qui dans un passé lointain et même récent ont tourné leurs vestes, certains ont même trahi leur camp, on les connaît et il y a les preuves de leurs traitrises.
Conséquence, au Congo-Brazzaville comme à l’extérieur du pays, certains se mettent à extrapoler sur tout le monde. Il faut que les Congolais dépassent la culture du soupçon pour adopter la culture de la preuve. Ce n’est pas parece qu’un partenaire vous aurait trompé qu’il faut soupçonner tous les autres partenaires de vouloir vous tromper. La culture de la preuve, nous la vivons régulièrement en Europe avec les autopsies quand bien même on sait par quoi une victime a été agressée. J’en appelle à un changement de logiciel mental pour tous mes compatriotes. Le soupçon n’est pas une preuve.

DAC e-NEWS :  Quel est votre regard face à la crise multidimensionnelle que traverse le Congo-Brazzaville? Nous sommes passés d’une crise politique à une crise économique abyssale ?

PEM : Je ne suis pas d’accord avec vous, la crise économique est antérieure à la crise politique aigue que notre pays connaît. En 2009 déjà, l’opposition congolaise demandait les états généraux de la nation pour essayer de juguler les investissements hasardeux comme les municipalisations accélérées qui ont accéléré la désespérance actuelle de l’économie congolaise.
A l’époque déjà, les forces vives de la nation demandaient de revoir la gouvernance électorale. Toujours blindé dans son arrogance et dans son autosuffisance, Mr Sassou Nguesso qui est en charge de notre pays faisait le sourd. Aujourd’hui le pays est rattrapé par les insuffisances de sa politique du mépris. La mauvaise gouvernance électorale a engendré la crise politique larvée qui s’est transformée en crise politique aigue après le hold up électoral, les investissements hasardeux et la mauvaise gouvernance économique ont donné la crise économique et financière que les Congolais vivent durement aujourd’hui sans savoir s’ils vont vivre mieux à moyen terme.
Notre pays est comme on dit, au pied du mur. Ou bien on change de gouvernance c’est-à-dire changé toute la gouvernance mauvaise que Monsieur Sassou Nguesso a construite méticuleusement pendant son long règne ou alors le pays s’effondre et est mis sous tutelle de la communauté internationale.
Les mauvais diagnostics conduisent toujours aux mauvais traitements, les discutions qui se poursuivent actuellement avec le FMI montrent bien que là encore la lecture économique et financière que font les autorités de notre pays n’est pas la même que celle des fonctionnaires du FMI. La baisse du prix du baril de pétrole n’est qu’un bouc émissaire, ce n’est pas la baisse du prix du baril de pétrole qui a causé la fallite de Écair, ce n’est pas non-plus la baisse du prix du baril de pétrole qui a occasioné la fermeture du CHU mais la mauvaise gestion selon Madame Ambiero.
D’ailleurs je pose la question autrement, les congolais vivaient-ils mieux quand le prix du baril de pétrole était aux sommets ? Je viens de vous démontrer en deux phrase que la crise économique et financière ne sont pas dû à la baisse du prix du baril de pétrole mais bien à la mauvaise gouvernance. Ces arguments-là, le pouvoir ne veut pas les entendre même quand ils sont tenues par les fonctionnaire du FMI.
En fait pendant longtemps on a mis la poussière sous le lit pour ne pas voir que la maison était sale, et maintenant que la poussière déborde, on montre du doigt la maison qui serait trop petite, c’est à mourir de rire.

DAC e-NEWS : Pensez-vous que l’opposition intérieure apporte une réponse adéquate face à l’ampleur de la crise ?

PEM : L’opposition intérieure se bat avec les moyens dont elle dispose, n’oubliez pas que c’est le tyran qui détermine les moyens de lutte contre lui et non pas le contraire. Actuellement il y a le FMI qui se bat pour notre pays. Nous devons espérer que quand cette institution en aura fini avec notre pays, celui-ci sera au moins sur la voie de la bonne gouvernance et de la transparence.
Il n’y a aucun espace pour que l’opposition puisse se mouvoir afin de mener des actions démocratiques au Congo-Brazzaville.
Mais en même temps la cohérence et la fermeté de l’opposition qui se bat pour une alternance démocratique dans notre pays posent beaucoup de problèmes au pouvoir illégitime et illégal qui est emmurer dans ses certitudes. Le pays n’attire plus les investisseurs à cause de l’instabilité générer par la crise politique qui d’une certaine manière à accentuer la crise économique et financière.
Seul les mercenaires du business qui exigent une rentabilité à très court terme dans les minerais par exemple ou des entrepreneurs asiatiques qui exigent des garanties de l’État pour investir un seul sous peuvent encore oser s’aventurer dans un pays comme le Congo-Brazzaville.
Si actuellement notre pays est bloqué (crise politique, crise économique, crise financière, crise sociale) c’est aussi parce que l’opposition est ferme et cohérente, l’opposition est constante, nous n’avons rien changé à notre vision, à la lecture de la situation socio-politique de notre pays.
Je suis convaincu avec tous les membres de la fédération de l’opposition congolaise que la seule réponse face à l’ampleur de la crise multidimensionnelle que traverse notre pays est la cohérence et la fermeté sur les fondamentaux des droits de l’homme.

DAC e-NEWS : Vu de l’extérieur on a l’impression que La FOC (fédération de l’opposition congolaise) s’accommode bien de la politique gouvernementale. Quel est votre avis en tant que combattant de l’intérieur ?

PEM : Si la fédération de l’opposition congolaise s’accommodait de la politique gouvernementale, la plupart de ses membres seraient actuellement dans le gouvernement ou parmi les députés.
Non, c’est une mauvaise impression ou un mauvais procès. On ne s’accommode pas quand son pays est occupé, nous sommes en résistance contre ceux qui dirigent notre pays avec des armes pour terroriser les citoyens.
Environ 150 de nos compagnons sont en prison actuellement, si on emprisonne tous les opposants de la fédération de l’opposition congolaise il n’y aura plus aucun combattant à l’intérieur du pays, c’est pour cela que nous faisons attention, nous ne sommes pas des suicidaires, nous voulons libérer notre pays avec des moyens démocratiques.
Nous ne voulons pas utiliser les mêmes moyens que ceux que nous combattons. Comme dans toutes les luttes de libération, les choses prennent du temps, mais nous avons l’assurance et la certitude d’être du bon côté de l’histoire. Nous y arriverons.

DAC e-NEWS:  Que doit faire l’opposition intérieure pour lever tout soupçon face à ses actions menées sur le terrain ?

PEM : L’opposition doit continuer à se battre comme elle le fait ; ceux qui veulent discréditer cette opposition avec des soupçons trouveront toujours les moyens de le faire. Nous sommes sous le regard de la population, elle départagera le moment venu les uns et les autres. Donc pas d’inquiétude pour les honnêtes gens. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les leaders les plus téméraires ne peuvent rien faire sans l’appui de la population et notre population n’est pas prête aujourd’hui. Parlons franchement sans langue de bois. Lors de l’arrestation de Jean-Marie Michel Mokoko nous avions espéré que la population ferait barrage pour que notre leader ne soit pas incarcérer, nous avon fait beaucoup de bruit à Brazzaville pour que tout le monde soit au courant qu’on allait incarcérer notre leader. Résultat des courses, le peuple n’était pas au rendez-vous.
C’était aussi le cas lors de l’arrestation de André Okombi Sallissa et de Paulin Makaya.
Et c’est encore le cas aujourd’hui quand la Présidente de la fédération de l’opposition congolaise Madame Claudine Munari appelle tous les intellectuels et le peuple à prendre leurs responsabilités devant l’histoire.

DAC e-NEWS : Pensez-vous que la crise du POOL est bien gérée par la FOC (fédération de l’opposition congolaise) ?

PEM : La résolution de la crise dans le Pool est du domaine de l’exécutif qui a l’initiative ; pour sa part, la fédération de l’opposition congolaise a fait des propositions que le pouvoir ne veut pas prendre en compte. La fédération de l’opposition dit clairement que la crise dans le Pool est une crise politique et qu’il faut régler cette crise politiquement.
Chaque congolais est plus ou moins impacté par la crise du Pool, donc cette crise n’appartient pas exclusivement aux ressortissants du Pool, c’est un problème ou une crise nationale.
Je me souviens encore d’un journaliste qui pérorait sur la chaine de la télévision nationale que la crise du Pool n’avait rien à voir avec les élections législatives et avec la bonne marche du pays ; il rajoutait que les élections législatives pouvaient bien se tenir dans le reste du pays.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, mais on se rend bien compte aujourd’hui que les seules élections législatives n’ont pas régler les problèmes du pays qui ne peut pas se développer sans la résolution de cette crise. Tout le monde semble revenir à la raison en cherchant les voies et moyens pour sortir de cette crise, les bandits et les terroristes sont devenues des égarés, mais comme je l’ai dit plus haut, un mauvais diagnostic donne toujours un mauvais traitement.

DAC e-NEWS : Sur la place de Paris, la diaspora congolaise est divisée selon son soutien à un tel ou tel autre leader politique ou par un positionnement égoïste et non rassemblée autour d’un objectif commun. Bien qu’étant éloigné de la guéguerre de la diaspora, auriez-vous un conseil à leur formuler ?

PEM : Je me garderais bien de donner un conseil à qui que ce soit et surtout à la diaspora congolaise qui a en sein des personnes très brillantes mais, la question que vous me posez m’interpelle et je vous la repose en la reformulant.
Comment se fait-il que des personnalités aussi brillantes que celles qui composent la diaspora congolaise puissent passer leur temps à se neutraliser alors qu’elles ont le même objectif ?
A Brazzaville nous avons des pesanteurs et un adversaire dont l’intérêt est de nous divisés en utilisant les moyens de la corrption ou de la coercission, on peut donc comprendre que les opposants de l’intérieur soit éclatée.
Mais la diaspora congolaise de France est affranchie de toutes ces manipulations et des manœuvres de notre adversaire. Alors que se passe t-il ?

DAC e-NEWS : En France, le combat aujourd’hui se résume à fabriquer dans des officines multiples des gouvernements de sortie de crise ; les uns et les autres s’autoproclamant être détenteurs de la solution miracle. Vu de l’extérieur de la France, pensez-vous que cela soit crédible ?

PEM : J’aimerais dire à la diaspora de France que je n’ai pas vu à Brazzaville des signes de faiblesse du pouvoir. Bien sûr il y a la crise qui est de plus en plus terrible, cette crise multiforme n’est hélas pas la certitude que le pouvoir serait à portée de main.
Regardez au Zimbabwé ou il y a une grave crise depuis plus d’une décennie, le pouvoir tient toujours. Regardez au Burundi où il y a aussi une grave crise depuis bientôt trois ans, le pouvoir tient toujours. À Brazaville aussi le pouvoir peut tenir avec la crise. Ce n’est pas du pessimisme mais un simple constat que chacun peut faire, nous ne sommes ni moins biens ni meilleurs que les autres, tout dépend de notre capacité de travail, c’est ensemble que nous seront fort et tout le monde le sait. La crédibilité ne se décrète pas, elle se construit patiemment par des actes, une posture et des convictions bien affichées. Les miracles non plus n’existent plus, nous sommes en 2017, mais je m’arrête là sur les miracles parce que je ne veux pas froisser les croyances de mes compatriotes. Celui qui se bat peut gagner, celui qui ne se bat pas à déjà tout perdu, ce n’est pas de moi.

DAC e-NEWS : Comment sortir de la crise selon vous ?

PEM : Toutes les crises ont une fin. Toutes les crises finissent toujours autour d’une table. En Colombie, les FARC et le gouvernement colombien viennent encore de nous démontrer qu’après une cinquantaine d’années de crise violente, les solutions se négocient autour d’une table.
Les crises que traversent notre pays finiront tôt ou tard par trouver leur solution autour d’une table, le pouvoir actuel retarde la résolution de ces conflits quand bien même toutes les forces vives de la nation lui montre la solution, je ne doute pas que la raison finira par habiter tous les Congolais et même ceux qui ne veulent pas dialoguer autour d’une table.
A ceux qui sont contre un dialogue politique dans notre pays j’aimerais dire que nous savons pourquoi les dialogues au Congo-Brazzaville ne donnent pas de résultats, alors il faut changer tout simplement de méthodes.
Les dialogues ne fonctionnent pas dans notre pays parce qu’il y a toujours un partenaire qui veut tout contrôler, ce partenaire arrive toujours sur la table du dialogue avec son ordre du jour à discuter en première page et la conclusion à laquelle il voudrait aboutir à la dernière page.
Et quand bien même il arrive à faire signer toutes ses conclusions à l’ensemble des participants, il ne les applique pas. Ce partenaire discourtois c’est le PCT., c’est pour cela que la fédération de l’opposition congolaise demande un dialogue sous l’égide de la communauté internantionale pour donner une chance d’applicabilité aux conclusions.
J’ai déjà dit dans certains écrits que la paix sociale ou la paix politique sont des denrées fragiles. La paix est menacée dans tous les pays du monde, les grèves en France peuvent menacer la paix, la lutte pour les droits civiques aux USA peuvent menacer la paix, ce qui m’emmènent à dire que la paix est un contrat entre les différentes forces d’un pays ou d’une société, le non-respect de ce contrat entraine des dérèglements ou des crises.

DAC e-NEWS : Votre mot de la fin

PEM : Nous devons travailler de manière concertée entre l’opposition intérieur et la diaspora pour parvenir à l’alternance, pas seulement l’alternance pour changer un homme au pouvoir depuis plus de trois décennies, mais l’alternance pour changer un système politique qui n’est pas réformable.
Le népotisme ou la consanguinité qui gangrène le régime de Monsieur Sassou Nguesso le rend irréformable parce que les uns protègent les autres. Notre pays est dans l’impasse et je doute même que les propositions à venir du FMI puissent avoir une chance d’être appliquées.

Interview réalisé par DAC e-NEWS le 1 Novembre 2017

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