Editorial

Triste anniversaire, mon Congo, je t’aime toujours !

Par Jean-Claude BERI.

J’ai toujours su que je t’aimais, d’un amour profond, sincère, presque ridicule tant je peux paraître insignifiant en t’évoquant. Mais en entendant cette congolaise  chantée par le peuple congolais à travers le monde ou les milliers des congolais forcés en exil, j’ai compris que je brûlais d’amour pour toi, mon Congo !
J’aimerai tant te redonner ce que tu m’as tant donné, ma source de vie.

Tu m’évoques tant mon quartier natal au cœur de Bacongo (Brazzaville) où il faisait toujours beau et surtout que les gens ont l’impression de ne pas grandir tellement plongés dans une insouciance pavanant dans les rues défoncées entre les avenues MATSOUA et MBIEMO vêtues des tenues fleuries  communiant avec nos ancêtres.

Proclamation de la République – 28 nov. 1958 – 28 Nov. 2017. 59 ans après le Congo se cherche une République.

Mon Congo, tu es beau et resplendissant d’attention pour tes filles et fils que tu couves avec attention. Tu es ce courage qui manque tant à cette nouvelle génération qui se plie devant l’adversité et la violence abjecte.

Ce que nos arrières grands-parents ne nous ont pourtant pas légué comme enseignement.

Seulement mon Congo a du caractère et ne se laissera certainement pas travestir son histoire. Il réécrira en lettres dorées son histoire réelle pour contredire devant nos ancêtres les usurpateurs du moment.

Mon Congo de  Fulbert YOULOU et OPANGAULT, ce pays des humbles travailleurs, traversé par des âges de labeurs où l’on apprenait qu’il fallait gagner son pain à la sueur de son front.

Je suis fier d’être issu de cette lignée des peuples travailleurs de la terre de BOKO et MOUYONDZI.

Mon Congo, veillait sur ses enfants, son sens aiguisé de la solidarité avait banni les clivages, fait du respect des droits de chaque citoyen un premier devoir et surtout où fleurissaient les maisons de santé à chaque coin de quartier comme je m’en souviens du dispensaire BISSINTA à Bacongo.

J’estime que mon Congo avait tout donné à ses enfants : l’amour et la joie de vivre tel en témoigne cette richesse culturelle de Franklin BOUKAKA, SINZA KOTOKO, ZAO, SONY LABU TAN’SI, Trio CEPAKOS, SBB, Les Bantous de la Capitale et tant d’autres, j’en passe…

Cette richesse ineffaçable est écrite dans la mémoire collective de tous les citoyens de ce beau pays et se dresse devant chaque congolais de façon incommensurable pour dire qu’à chaque catastrophe générée par les usurpateurs qui nous dirigent ressuscitera une lumière qui s’éclaircira de nouveau sur la rive droite du majestueux fleuve Congo.

C’est dire, quelques soient les calamités que vous nous imposées, à savoir : Confiscation des libertés fondamentales, fermeture du CHU, du CNLS et de bon nombre d’entreprises publiques et privées, privation de salaires, bastonnade permanente, enfermement et risque d’une année blanche à l’Université Marien Ngouabi…

Mon Congo est et restera un «Bâ dia Tseké», un MULUM BA NIAMA car il est immortel et jamais ne sera vaincu. Il se relèvera toujours.

En ce jour de ton anniversaire, je voudrais te témoigner tout mon amour. Il arrive que je m’emporte parfois, je m’égare sans doute mais je m’insurge qu’on te salisse continuellement par des esprits malveillants et habités par les penchants criminels.

Mon Congo ne doit pas ressembler à ces territoires « sectorisés »  où règnent les trafics, la violence et le cannibalisme politique ».

Ces crasseux qui ont semé de grands dégâts en tirant dans le dos d’une foule, ont souillé ta splendeur.

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux », disait La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire.
Et l’ami de Montaigne a raison. Si nous devons nous mettre à genoux, cela sera uniquement pour le recueillement parce qu’il faut se lever, pour te relever, pour la mémoire de notre terre et de nos morts, pour l’honneur de nos ancêtres, nos grands présidents ; et tout simplement pour rassurer nos parents qui voient leurs enfants grandir dans un monde incertain, bancal, meurtrier, cannibalisé par le fétichisme.

Mon Congo n’est pas seulement un souvenir, mais aussi un avenir. Parce qu’il y’aura un après, car après les épées, les barricades, les fusils, la vie a toujours suivi son cours.

Mon Congo survivra aux hommes sans foi ni loi aux bouches dégoulinantes de sang comme tu as survécu naguère de la traîte négrière et de la colonisation.

Cher Congo  de mon enfance, tu es resté dans mon cœur, et tu y resteras. Car ce que ces crasseux ignorants, voleurs, pilleurs et destructeurs ne savent pas, c’est que l’amour d’une grande nation sera toujours plus forte que leurs tirs de mitraillette dans le dos.

Et ton avenir, mon Congo natal s’écrira sans ces piètres hommes et femmes politiques qui ont conduit le pays dans une déliquescence.

Certains Congolais semble découvrir comment ce système politique odieux qu’on nous a imposé par les armes est davantage organisé pour assurer l’opulence personnelle ces pilleurs de la république plutôt que le bien être des citoyens.

Devons-nous, une fois de plus s’attarder sur des querelles de clochers pour relever ce beau pays qu’est le Congo ?

Ceux des politiques usurpateurs qui nous dirigent actuellement ont tellement peur de leur ombre, et de l’image qu’ils se font des congolais qu’ils n’ont cessé de caresser dans le sens du poil pour espérer les maintenir dans l’obscurité en passant l’ardoise sur l’impunité et les biens mal acquis.

Ces politiques irresponsables d’un régime criminel et barbare qui jouissent du fait du prince, ont mis le pays dans une ornière et cherchent à gommer tous les risques, mais refusent les responsabilités que par ailleurs ils s’accaparent sans vergogne; il en résulte une anesthésie de la population que le système n’encourage même plus à entreprendre…

Ô pauvre Congo, pourquoi tant de cannibalisme politique de la part de ceux-là qui marchent les yeux fermés sur les repères et les valeurs de la république ?

Ô mon Congo, je sais que ton intelligence est aussi économique et stratégique et que tu sauras te relever ! Un jour, tu te remettras sur les rails en refusant l’oubli du mal et en rassemblant les filles et les fils de tout horizon de ce magnifique et beau pays.

Triste anniversaire.

Jean-Claude BERI

Un commentaire

  1. Au Congo-Brazzaville, que l’exclusion, le tribalisme et la dictature, érigés en un système de gouvernement ne nous emmènent jamais, et en aucun cas, à perdre ces nobles valeurs que nous avons héritées de nos ancêtres. N’oublions jamais que le peuple congolais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, a un destin commun et que nous apporterons un jour les preuves historiques et linguistiques de ce que tous les habitants de ce petit pays du monde sont ressortissants de mêmes ancêtres. Qu’au-delà, la race noire, ou simplement la race humaine (rouge, noire, jaune et blanche) a, lui aussi, un destin commun.
    Si, comme nous l’avons appris, les Initiés kongo désignaient également la planète terre par le nom « Kongo », ceci veut dire implicitement que la réunification du Royaume Kongo tant attendue, n’est rien moins que la réunification de tous les pays de la planète terre et de tous les peuples de cette petite partie de l’Univers dans un même système de gouvernement. Une planète terre fédérée. Quel idéal noble !
    Que le régionalisme et le tribalisme ne nous perdent pas le temps dans l’accomplissement de notre tâche qui consiste à remettre le Congo sur les rails. Merci Jean-Claude BERI de défendre désormais le Congo dans son ensemble.
    Très fraternellement !

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