Economie, Politique

Un autre choix était possible

Verlin Richard BEKA BEKA

Par  Richard Verlin BEKA BEKA

 

 » Projet de décret portant approbation des statuts du Centre national d’informations économiques et de conseils en gestion au Congo Brazzaville ».

Ce projet de décret avait été adopté le 7 Août 2019 au conseil des ministres. En effet, la loi n°33-2018 du 5 octobre 2018 a créé un établissement public à caractère administratif dénommé :  » Centre national d’informations économiques et de conseils en gestion ». Ce centre a pour missions de centraliser les bilans des entreprises installées au Congo, d’assister les établissements publics, les entreprises publiques et d’économie mixte, ainsi que les collectivités locales, et ce, dans les domaines de la gestion et de l’organisation. Pourquoi un autre choix était possible ?

D’abord, si l’on retient juste une des missions de ce centre national qui est de centraliser les bilans des entreprises au Congo. En réalité, ce centre national est une sorte de centrale de bilans qui va donc collecter les données financières et fournir sous une forme élaborée, les informations comptables (bilans, compte de résultats, annexes) des entreprises. Se pose donc la question de savoir comment les entreprises installées au Congo vont-elles fournir les données financières à ce centre national ? Vont-elles le faire de façon volontaire ou par la loi?

Il existe déjà au Congo , une obligation légale au regard de l’acte Ohada de déposer les états financiers au greffe du tribunal de commerce. Cette disposition est elle respectée par toutes les entreprises installées au Congo ? Ensuite, la création de ce centre national est une nouvelle dépense au moment où le pays doit maîtriser ses dépenses publiques.

Et, cette dépense aurait pu être évitée pour deux raisons principales :

  • Son coût : créer un organisme public et donc des postes de fonctionnaires a un coût sur la dépense publique. Cela valait-il la peine de supporter des salaires à long terme des fonctionnaires sur un sujet qui présente d’autres solutions impactant moins la dépense publique ?
  • Faiblesse du secteur privé : ce centre national va avoir quelle couverture dans un pays où le secteur informel est trop important ? Et, où le secteur formel ne produit pas toujours des états financiers fiables ?

Ce centre national aura de grandes difficultés à collecter les informations financières. Or, c’est la production des états financiers par les entreprises qui justifient l’existence de ce Centre national d’informations économiques et de conseils en gestion.

Objectivement, un autre choix était possible. Et, il faudrait supprimer un jour ce centre national trop budgétivore qui ne garantit pas un taux de réponse satisfaisant car les variables indispensables en la production de l’information financière sont trop faibles.

Une simple base de données alimentée à partir des seules données de la liasse fiscale aurait suffi à centraliser les bilans des entreprises installées au Congo. Une telle base de données peut être élaborée et gérée par la BDEAC ce qui constituerait un fichier de référence nécessaire pour l’analyse financière des entreprises.

# Gestion & Organisation #

Richard Verlin BEKA BEKA

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