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Un peuple abandonné par une opposition qui se saborde

Un peuple abandonné par une opposition qui se saborde

 

« Je me refuse de toutes mes forces de participer au   » sabordage  » de  l’opposition et à cautionner la gouvernance exécrable du PCT-Gouvernement »  JCB

REPOSE EN PAIX PAKO 

Par   Jean Claude BERI

 

Jean-Claude BERI

Quatorze jours après le vote inédit à l’Assemblée nationale pour la révision de l’article 157 de la constitution, la population congolaise reste foncièrement divisée. Partagée entre la satisfaction des uns (pro PCT) et de la dévastation psychologique des autres (opposition). Pourtant, rien de nouveau dans la stratégie du PCT, cernée par beaucoup d’entre nous qui observons ces manœuvres de sabordage de la politique congolaise menée par cette bande de destructeurs d’idées nouvelles.

Cette stratégie constitue une agression délibérée du PCT visant à faire échouer toute amélioration de la situation politique vers plus de démocratie. Cette nouvelle situation confirme le processus de passage en force consistant à imposer une ligne politique unique autoritaire et décidée par le PCT. Il est évident que les radicaux du PCT et leurs commanditaires certains membres claniques du pouvoir qui veulent saborder la démarche d’assouplissement ou tout arrangement pacifique qui pourrait s’amorcer avec l’opposition s’en réjouissent. A qui la faute ? Faut-il blâmer le PCT de tout mettre en œuvre pour conserver le pouvoir même par les méthodes les plus répréhensibles du monde ?

La réponse à cette situation incongrue est d’autant plus honteuse que difficile à cerner . Ce n’est pas de l’amateurisme, c’est un symptôme d’impuissance. Ils changent régulièrement de posture, car ils n’ont pas de colonne vertébrale. L’opposition au pouvoir fonde son action plus sur du marketing politique mercantile qu’a une efficacité technocratique supposée remplacer les convictions et les stratégies.

On les voit presque tous se mouvoir vers les législatives de 2022. C’est une colonie de soldats qui déferle actuellement  vers MBOULOU pour négocier un poste par ici, un quitus de représentativité ou une promesse de nomination par là. Chose étonnante,  on aurait  vu également dernièrement quelques membres du YUKI aller solliciter des billets d’avion pour venir assister à l’enterrement du leader décédé le 21 Mars 2021 Guy Brice Parfait KOLELAS. Quelle honte!!!

Pour certains, c’est une situation normale que de s’humilier autant devant ceux qui vous tuent, vous malmènent, vous torturent, vous volent et enfin privent vos enfant d’un autre avenir que la misère ambiance quotidienne. On oublie vite qui a assassiné KOLELAS, le temps de toucher un petit per diem pour un court déplacement à Paris pour réaliser quelques emplettes illusoires. KOLELAS SERAIT-IL MORT POUR RIEN ? La lettre du bureau politique du YUKI, serait-t-elle la preuve d’un veau d’échec ou de soumission ?

Certes, je peux comprendre les difficultés que rencontrent les militants YUKI sur le terrain, mais écrire une telle lettre cautionnant , du bout des lèvres,  le flou qui entoure « l’assassinat » du Leader KOLELAS par une simple phrase est étonnante, je cite: 

« Par ailleurs le Bureau politique s’indigne qu’il ait été mentionné sur le support d’annonce de cette inhumation, la date de décès du 22 mars 2021 au Bourget en France, en, lieu et place de celle 21 Mars 2021, comme le révèlent les résultats de l’autopsie. » Aucune condamnation…. allez comprendre.

Cela vaut aussi pour le reste de l’opposition qui détourne la tête à l’approche des élections législatives. Les officines des partis de l’opposition actionnent les machines pour s’étaler par terre afin que le PCT leur marche dessus,  en guise d’accord signé sur un paillasson rempli de billet de Fr CFA et des accords de compromission tactile.

On a l’a vu à l’Assemblée nationale lors du dernier vote, qui s’est détournée complétement de la vie politique. Bien sûr, les « bons apôtres députés » vont plaider aussitôt, du bout des lèvres, en faveur des droits inaliénables des parlementaires à l’indépendance et de la sincérité si estimable de leurs désaccords de fond. La réalité est qu’ils ont été « tous corrompus » sous les couleurs du PCT,  qui a fini par imposer le choix de la médiocrité, dans le sillage d’un Président dont chacun connaissait bien le penchant dangereux de sa politique, malgré l’exaltation lyrique de  certains députés.

L’opposition ne découvre pas aujourd’hui cette pente dangereuse du PCT sous la houlette d’un chef de clan sanguinaire. Quant aux très hétéroclites « frondeurs » de la diaspora, déçus, frustrés, aigris ou anxieux, nous savons fort bien qu’en critiquant sans cesse le gouvernement  nous ne le feront pas changer d’orientation mais nous continuons alimenter ses chances de faire encore du Congo une monarchie. Ailleurs, le peuple se soulève en union avec le reste du monde partageant l’idéal d’un sursaut national.

Le PCT-gouvernement tient aujourd’hui un langage de « non-sens » qu’aucun État souverain ne saurait tolérer, l’opposition lui oppose une réponse tiède à travers des discours, mais très peu efficaces. Le PCT et le gouvernement  concède aux entreprises ( parfois aux particuliers )  et aux filières privilégiées des financements à taux subventionnés, des tarifs d’importation différenciés, des exemptions fiscales. Ces avantages sont évidemment distribués en prenant en compte le poids politique et économique des demandeurs et bénéficiaires surtout pour acheter leur silence.

Nos enfants continueront à être broyés à coups de marteaux et les résidences des opposants saccagés, les leaders assassinats,  le peuple continuera à élire des députés qui toucheront 4, 5 millions de FCFA de salaire mensuel, auquel il faut y adjoindre les frais de session parlementaire (1, 2 million de FCFA ) et 5 millions de FCFA pour une descente parlementaire. Sans compter les primes exceptionnelles pour les votes exceptionnels. Tout ceci a des fins égoïstes 

Le PCT et SASSOU n’ont pas d’idéologie, pas de boussole, pas de valeurs. Regardez les questions militaires… Pendant que  l’ensemble des forces républicaine réclament une exigence républicaine militaire,  eux privilégient l’exigence ethnique  ,  et ceci tout en sachant que cela  entrainerait  une augmentation sur le  budget de l’armée  à plus 2 % du produit intérieur brut. Est ce que c’est opportun ?   Tout cela se fait sous l’apparence d’un consensualisme technocratique. Le débat d’idées a disparu. Le roi sassou dicte en maitre ses intentions 

Comme la politique est devenue la colonne vertébrale de la société congolaise en décadence  « On comprend donc pourquoi certains députés congolais de Brazzaville s’engagent dans de grands travaux d’investissement (de charme ?) qui reviennent, en principe, à l’Etat, en construisant des écoles, des ponts, des dispensaires… On comprend aussi pourquoi d’autres députés remuent ciel et terre pour être nantis d’un titre foncier à l’hémicycle, lorsqu’ils ne se montrent pas désobligeants à l’égard du gouvernement qu’ils sont censés sanctionner à la moindre incartade. Il y en a qui font toute une législature sans lever le doigt pour poser une seule question. » Alphonse Ndongo, journaliste économique et financier

« Je me refuse de toutes mes forces de participer  au  » sabordage  » de  l’opposition et à cautionner la gouvernance exécrable du PCT-Gouvernement » JCB

En guise de conclusion je pense, en effet, que les buts de notre opposition sont à notre portée pour peu que nous sachions construire un instrument politique assez puissant pour réunir une majorité et pour gouverner ensemble plusieurs années de suite. Cela exige un esprit d’équipe, une unité de vue, une discipline, qu’une simple manifestation de bonne intention. Sûrement pas dans la prostitution politique permanente. La réalité de janvier  2022 est que l’opposition congolaise est nettement inexistence  dans le pays, que les combattants pour la liberté du peuple sont isolés  et que l’opposition politique exhibe sa décomposition,  une opposition vaincue  qui se saborde.

 

Jean Claude BERI

 

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