Politique

Où va vivre le pasteur NTOUMI ?

Où VA VIVRE LE PASTEUR N’TOUMI?

Par  Murielle Ossié

Après le premier travail de la commission mixte sur l’accord de paix

Où va vivre le pasteur NTOUMI ?

La question a été posée au cours d’une conférence de presse animée par Jean Gustave Tondo membre de la délégation envoyée par le Pasteur N’toumi auprès du gouvernement pour les négociations après la signature de l’accord de cessez-le-feu et la cessation des hostilités le 23 décembre 2017 à Kinkala.
Après donc la signature de cet accord et le premier travail avec les représentants du gouvernement, la délégation du Pasteur N’toumi est allée rendre compte au Pasteur. Car cet accord avait des non-dits liés entre autres à la paix dans le Pool et à la vie du révérend Pasteur N’toumi à qui les signataires ont accordé les droits de liberté et de s’émouvoir.

Jean Gustave Tondo répondant à la question de savoir « où ira vivre le Pasteur N’toumi? » avait indiqué que « le pasteur N’toumi est connu. Il a une résidence à Mayama et une autre à Soumouna qui n’existent plus malheureusement. Quand le comité ad’hoc prendra le temps de le raccompagner chez lui, débroussailler chez lui, faire en sorte que chez lui soit vivable, il rentrera chez lui sans problème. Il est prévu que le Révérend Pasteur N’toumi va sortir de sa cachette pour aller vivre dans le lieu de son choix. Nous savons qu’il a une résidence à Mayama et Soumouna. Je pense qu’il choisira Mayama. »
En effet, au regard d’intenses bombardements subis par ces villages, il y a lieu de dire que tout a été détruit ou presque et qu’il faille remettre la main à la poche pour les rendre une fois de plus vivables.
A Soumouna, par exemple, les bâtiments en planches qui faisaient la fierté de la concession avaient volé en éclat. Celui en matériaux durables qui servait de lieu d’accueil des hôtes avait été bombardé, les tôles soufflées par l’onde de choc. Quelques tôles rouillées par le feu des bombardements sont utilisées par les militaires pour la construction des cabanes de camouflage et pour s’abriter contre les intempéries.
A Soumouna, l’onde de choc des bombardements a tout détruit. Même une partie du mur de la concession a été cassée. Ce village est un lieu abandonné par les populations à cause de la furie des hommes en arme. N’y vivent que les militaires. Les herbes ont envahi les parcelles, les maisons ressemblent à celles laissées par les aïeux. La plupart des habitations ne portent plus de bâtons de portes ou de fenêtres. Toutes les maisons sont soit ouvertes, cassées ou incendiées. Même l’école est fermée depuis la fuite des populations. Il n’y a pas d’animaux domestiques ni oiseaux de la basse-cour.
Le village Soumouna est devenu un poste de contrôle de carte d’identité aux usagers de cette route reliant Brazzaville à Kinkala par les militaires qui y ont érigés une barrière. Toute personne ne possédant pas de carte d’identité est passible d’une somme allant de 500 à 1000 FCFA à l’aller comme au retour.

Quant aux commerçants transporteurs, ils sont soumis de débourser 1000 à 2000 FCA voire plus à chaque passage à Soumouna. Les militaires y ont élu domicile.
« La guerre du Pool est une affaire juteuse » avait dit l’honorable Matsima. Cette opinion tombe à pic puisque l’ordre donné par le Chef d’Etat-major de lever les barrières militaires sur les axes conduisant dans le Pool est toujours lettre morte. « Les militaires disséminés dans le Pool se la coule douce » a dit un enseignant travaillant à Kinkala qui a requis l’anonymat. Ce qui veut dire que le village Soumouna est invivable.
Quant à Mayama, tous les efforts du Pasteur N’toumi ont été réduits à zéro. Son village dénommé « Miénanzambi » qui signifie «la volonté de Dieu» et les infrastructures construites pour les populations n’existent plus que de nom. Tous les bâtiments construits par le Pasteur N’toumi ont été détruits : le bâtiment qui abritait l’école MIENANZAMBI a été démoli par les bombardements. Les morceaux de tôles rouillées, éparpillées par terre présentent l’image d’un bâtiment abandonné suite à l’abolition de la peine de mort, la salle des conférences, le pont, le bâtiment de la garde de N’toumi, la galerie, le petit marché moderne, le bureau du directeur de l’école, la salle de réfectoire des élèves et celle des jeux… tout est démoli.
La concession qui abritait le lieu d’habitation du Pasteur N’toumi est envahie par les herbes et les arbustes annihilant tous les efforts abattus pour la construction avec opiniâtreté d’une petite cité moderne . Les biens matériels qui faisaient la beauté de cette cité n’existent plus que dans la cervelle de celui qui les avait achetés et de ceux qui les avaient vus installer. Tout est porté disparu.
Les objets calcinés par le feu des bombardements se comptent du bout des doigts ; la Prado du « commissaire » Gozardio, le bus des enseignants, le container frigorifique, la maison de la famille N’toumi, la salle des conférences, tout est transformé en squelettes.
Toutes les chaises modernes, la sonorisation, les tables-bancs des élèves, les lits de la famille, la lingerie et autres biens précieux comme les véhicules sont porté-disparus.
Le village Mienanzambi à Mayama ressemble au village Gbadolité du feu Maréchal Mobutu ; une cité pillée, abandonnée et envahie par les herbes. Comme soumouna, son village Miénanzambi à Mayama est également invivable.

Murielle Ossié

source : La griffeinfos Journal

 

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