DIASPORA, Economie

Vote du titre 1 du budget de l’état – portant loi de finances pour l’année 2019.

Verlin Richard BEKA BEKA

Par Verlin Richard BEKA BEKA (La ballade des idées)

Les membres de l’Assemblée internationale de la Ballade des idées sont appelés à voter ce titre 1 du budget de l’Etat de la Loi de finances 2019 qui sera promulguée par Madame la Vice-Présidente de la République de l’Esprit.

Chers éminents membres de la BDI, ces dernières années et aujourd’hui encore, la lenteur de la réduction du déficit public place notre République dans une situation défavorable par rapport à ses partenaires.

C’est donc avec audace de l’imagination que j’ai l’honneur, chers éminents membres de la BDI, de vous soumettre ce titre 1 consacré au Budget de notre Etat, de ces Ressources et de ces charges de trésorerie.

Et, naturellement, je sollicite votre vote.

Titre 1 :  DU BUDGET DE L’ETAT

Article premier : le Budget de l’Etat exercice 2019 est arrêté en Ressources à la somme de mille neuf cent quatre-vingt-sept milliards cent cinquante millions de francs CFA (1 987 150 000 000 FCFA).

Il est arrêté en Charges à la somme de neuf cent soixante-deux milliards et neuf cent soixante et un millions de FCFA (962 961 000 000 FCFA)

Article deuxième : l’excédent budgétaire d’un montant de mille vingt-quatre milliards cent quatre-vingt-neuf millions de FCA (1 024 189 000 000 FCFA) constitue les Ressources de trésorerie destinées à financer les charges de trésorerie.

Ce budget général est élaboré à l’équilibre évitant ainsi notre République à recourir à l’endettement extérieur pour financer sa trésorerie.

Ce budget n’a donc pas à supporter un Gap de financement qui conduirait notre Etat à rechercher des financements extérieurs au risque d’aggraver notre dette publique et de nous voir imposer des réformes d’ajustement structurel qui mettraient à mal notre relance économique.

Nous n’aurions pas rendu service aux générations futures et aux générations actuelles si nous étions amenés à voter un budget prévoyant des recettes à hauteur de 2 067 300 000 000 FCFA contre 1 602 619 295 029 FCFA (en 2018) soit + 29 % d’augmentation en 2019, lesquelles recettes basées sur un prix de pétrole qui s’est mis à jouer au « yoyo » et en maintenant un niveau de dépenses publiques aussi élevé à hauteur de 1 468 752 000 000 FCFA.

Eminents membres de la Ballade des Idées, ces deux articles du titre 1 consacré à notre budget, ont été pensés suivant une méthode de programmation et de pilotage de nos finances publiques afin d’éviter le renouvellement des errements du passé.

Il s’agit pour nous de redresser à court et moyen terme, la trajectoire de nos finances publiques en maîtrisant notre dépense publique et en rendant efficiente la collecte de nos recettes budgétaires.

L’effort à accomplir sera d’autant plus exigeant que plusieurs facteurs découlant de décisions passées accroîtront la dépense publique en 2019 : l’augmentation de la charge de la dette, la progression continue de la masse salariale publique, des dépenses de défense, des dépenses de retraite et de l’investissement local.

Des mesures fortes de redressement sont donc à mettre en œuvre rapidement et, pour assurer une maîtrise durable des dépenses publiques, nous devons impérativement avoir une maîtrise renforcée des dépenses de l’ensemble des administrations publiques pour ramener les finances publiques sur une trajectoire soutenable sans augmenter les prélèvements obligatoires.

Le niveau des dépenses publiques retenu dans ce budget est le fruit d’un réexamen des missions des administrations publiques et d’une analyse de l’efficience des politiques publiques.

En effet, de nombreux leviers susceptibles d’améliorer l’efficience des dépenses publiques existent, Et pour arriver à réduire notre dépense publique nous avons opté de mieux contrôler les dépenses sur la masse salariale de la fonction publique, sur la réduction des ministères, la suppression du sénat et autres organismes publics budgétivores sans résultat) tout en mutualisant et en rationalisant des politiques d’achats avec un meilleur ciblage des dépenses fiscales et des dépenses d’investissement.

La réduction des dépenses publiques doit aussi nous permettre de recenser les marges d’efficience que recèlent certaines grandes politiques publiques (éducation et enseignement supérieur, sécurité intérieure, santé, retraites, emploi, formation professionnelle).

Chers membres de la Ballade des idées, il est nécessaire de renforcer la cohérence et la portée des textes de Loi de finances. De même, notre cadre d’exécution budgétaire doit être renforcé par des normes et des outils budgétaires permettant de fixer pour chaque exercice budgétaire un objectif pluriannuel en FCFA de dépenses des administrations publiques, établi en cohérence avec une cible de baisse du poids de la dépense publique dans le PIB.

L’enjeu est crucial pour la continuité de notre République s’agissant de la gestion de nos finances publiques et, en votant cette partie du budget, vous permettez en même temps de créer des conditions favorables à des concertations approfondies avec l’ensemble des administrations publiques.  C’est dans ce cadre d’ailleurs, que je vous propose de créer en 2019, la conférence des finances publiques.

Des changements importants s’imposent donc aujourd’hui dans la conduite des finances publiques.

À court terme, des mesures de redressement immédiates sont nécessaires pour présenter un budget sincère pour 2019 basé sur des prévisions réalisables.

Au-delà, une action résolue sur la dépense doit être engagée pour restaurer la soutenabilité de notre Dette Publique en remédiant aux inefficiences du passé qui affectent nos politiques publiques.

Chers membres de la BDI, ce n’est pas une révolution mais simplement une évolution rendue inéluctable au regard de l’absences de résultats qui paupérisent davantage notre population et qui enrichissent tous ceux qui se sont octroyés une sorte des droits innés en toute impunité.

Une telle évolution suppose la réunion de trois conditions : un effort de pédagogie collective sur la dépense publique, des textes financiers sincères, une implication et une responsabilisation de tous les acteurs mais surtout la primauté de la loi et donc l’affirmation quotidienne de l’Etat de Droit.

Il s’agit pour nous, de faire naitre des citoyens républicains fiers de leurs appartenances ethniques, régionales mais tous égaux et unis au nom des valeurs de la République de l’Esprit. Tel est notre défi civilisationnel.

Chers membres de la BDI, pour transformer l’action publique de notre République de l’Esprit il nous faut réunir ces trois conditions :

  • Un soutien politique fort
  • Une responsabilisation de tous les acteurs
  • Une transparence sur les objectifs fixés.

Ce soutien politique doit s’accompagner d’une confiance donnée aux porteurs de projets : ministères, collectivités territoriales, organismes d’Etat, entreprises du portefeuille public. Chacun doit pouvoir disposer de sa feuille de route.

Chers membres de la BDI, notre processus de transformation de l’action publique doit être encadré et encouragé par des dispositifs permanents de suivi et de contrôle, reposant sur des équipes spécialisées.

Des points d’avancement réguliers doivent être organisés, accompagnés de la mise en place d’indicateurs de suivi homogènes.

Dans notre République de l’Esprit, le facteur humain sera mis au cœur de la gestion de nos ressources humaines en tant que facteur déterminant de la conduite du changement.

Cette gestion des ressources humaines doit nous conduire à engager une réflexion sur les outils permettant d’inciter à une plus grande mobilité fonctionnelle et géographique des agents de la fonction publique.

Enfin, une politique de communication et de transparence à l’égard du public, mais aussi des agents publics pour accompagner le processus de réforme que nous devons engager.

S’agissant des ressources humaines de la fonction publique, les mesures concerneront l’ensemble des administrations publiques afin d’assurer un meilleur contrôle de la masse salariale qui passe par une transparence des rémunérations, par une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), par le respect du temps effectif de travail. C’est donc un levier d’efficacité afin de moderniser notre fonction publique pour renforcer l’efficience des dépenses publiques. C’est dans ce cadre que pourront être intensifiés l’effort de réduction des ministères, l’externalisation des actes administratifs aux organismes agrées, et la rationalisation des achats des biens et services afin de maitriser les dépenses de transfert du budget général de l’Etat. Pour y arriver, je vous propose de créer un service des achats de l’État chargé de conduire cette politique de rationalisation des achats.

S’agissant de nos dépenses d’investissement, nous devons mieux cibler nos dépenses d’investissement. Nous introduirons la notion d’évaluation à chaque dépense d’investissement afin de mieux fonder nos choix d’investissements.

Chers membres de la BDI, C’est cela l’esprit de l’audace de l’imagination à laquelle, je vous invite à voter ce budget 2019.

Tout programme ambitieux de redressement des finances publiques doit fixer des objectifs quantitatifs tant en matière d’équilibre structurel que de réduction des dépenses publiques ou de montants d’économies à réaliser.

Par Verlin Richard BEKA BEKA

 

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