DIASPORA, Economie, Politique, Société, Tribune libre

L’HEURE DU CHOIX POUR LES CONGOLAIS EN 2021

L’HEURE DU CHOIX POUR LES CONGOLAIS EN 2021

Par   VERLIN RICHARD

 

Verlin Richard

Ceci est une rubrique en trois épisodes, et qui expose des FAITS marquants des trois projets de société du Président de la République du Congo afin que chaque congolais dans sa conscience puisse juger si des « ACTES » relatifs à ces « FAITS » permettent de considérer le Président sortant comme étant le « meilleur » candidat pour l’élection présidentielle de Mars 2021.

EPISODE 1 : NOUVELLE ESPERANCE (2002 – 2009)

Dans cette épisode, il va s’agir de répondre à deux questions : « le Président sortant » est-il vraiment le meilleur candidat pour instaurer l’Etat de droit au Congo ? « le Président sortant » est-il vraiment le meilleur candidat pour diversifier l’économie ?

En effet, le projet « Nouvelle Espérance » entre 2002 et 2009, entendait instaurer la paix, la sécurité et la stabilité du pays en reconstruisant les bases d’un Etat souverain respectable et respecté. La Nouvelle Espérance promettait donc un Etat de droit, une économie diversifiée et une société congolaise paisible dans une cohésion retrouvée.

DE L’ETAT DE DROIT

Dans une démocratie, les opinions sont légitimes, chaque congolais a la légitimité de ces opinions, mais les faits observés ne peuvent souffrir du déni de réalité car ce sont les faits qui confortent le jugement des actes posés par des responsables politiques. Dix huit ans après la Nouvelle Espérance, les faits montrent que l’Etat de droit au Congo souffre de deux déficits majeurs : un déficit de mise en œuvre des lois votées au parlement, et un déficit de transparence.

Le déficit de mise en œuvre constitue l’un des obstacles majeurs de la bonne gouvernance. Dans un discours prononcé le 3 décembre 2017, le Président « sortant » évoquait d’ailleurs, ce déficit sans détour, en soulignant l’importance de « l’application stricte de la loi », qui est « la pierre angulaire de la gouvernance ». Peut-on affirmer en ce début 2021 que la loi est strictement appliquée au Congo ? Le déficit de transparence est « patent » malgré le code de transparence, adopté en 2017. Ce déficit de transparence s’observe, par exemple, dans l’absence de publication des statistiques et des données économiques de base, et quand celles-ci sont publiées, elles sont insuffisantes. Les sites Web des ministères quand ils existent, manquent de contenu essentiel. Au regard de ces deux déficits, tous les congolais s’accorderont pour dire que l’Etat de droit au Congo « est à construire ». Or, l’instauration d’un Etat de droit dépend avant tout d’une volonté politique incarnée par celui ou celle d’entre les congolais qui assume la haute fonction, celle du Président de la République. Il revient donc au peuple congolais de se poser en toute conscience, cette question : « le Président sortant » est-il vraiment le meilleur candidat pour instaurer l’Etat de droit au Congo ?

DE LA DIVERSIFICATION DE L’ECONOMIE

Sans Etat de droit, il est impossible de diversifier l’économie à travers la promotion du secteur privé. En effet, les insuffisances au niveau de l’Etat de droit au Congo constituent un « frein « à la promotion du secteur privé et entrainent des vulnérabilités dans tous les secteurs de l’économie. L’économie est d’abord une affaire de « confiance ». Les chefs d’entreprises ont besoin de travailler dans un environnement où la justice est une force pour traiter des problèmes pouvant surgir dans une relation contractuelle, dans la gestion des entreprises, et notamment, dans l’exécution des créances et le recouvrement des dettes. Dans un Etat de droit, un Gouvernement ne prendrait pas le risque d’accumuler les arriérés de paiements sur les dettes commerciales (dette envers les entreprises) et sur les dettes sociales (envers les retraités, boursiers…). Dans les classements du Doing Business, le Congo est d’ailleurs mal classé en ce qui concerne l’application des dispositions contractuelles. Au Congo, le temps et le coût nécessaire pour régler un litige commercial, et la qualité des procédures judiciaires constituent un « frein » à la diversification de l’économie, et ne favorisent pas la confiance entre les acteurs économiques congolais et le système judiciaire. Or cette confiance est nécessaire pour diversifier l’économie.

Outre les faiblesses de l’Etat de droit, s’ajoute le climat des affaires au Congo caractérisé par une très grande asymétrie de l’information. L’accès aux informations au Congo est très restreint, ce qui ne permet pas aux futurs porteurs de projets de réaliser des études de marché fiables dans le cadre d’élaboration d’un business plan. En effet, les sources et les données publiques sont généralement lacunaires. Il demeure donc sur la diversification de l’économie congolaise d’immenses défis à relever sur l’amélioration de la qualité de la réglementation, l’élimination des barrières administratives et de réduction des coûts en matière de création d’entreprises, et la fiscalité (impôts et cotisations sociales). Dans la loi de finances 2021, le parlement autorise le Gouvernement de taxer les salariés et les entreprises, notamment pour financer la caisse d’assurance maladie universelle. Tout salarié congolais devrait cotiser à hauteur de 2,27% de son salaire, et tout employeur à hauteur de 4,55% de sa masse salariale. Cette mesure est une augmentation des prélèvements obligatoires, et n’encourage pas à la création des emplois dans une période où le Congo a vraiment besoin de revoir ses politiques budgétaires et donc la gestion des finances publiques. Il revient là aussi aux congolais de se poser en toute conscience, cette question : « le Président sortant » est-il vraiment le meilleur candidat pour diversifier l’économie ?

@ 05/01/2021 Par Verlin Richard

Laisser un commentaire