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21 mars 2021 et après …le Congo toujours à l’envers

21 mars 2021 et après …

SASSOU A MIS LE CONGO A L ‘ENVERS

 

Jean-Claude BERI

Jean-Claude BERI

Nous venons de vivre une élection difficile et virulente entre les attaques verbales promettant « la mort » de certains candidats et le verrouillage quasi martial des centres névralgiques du territoire. Comme qui dirait, bis repetita de 2016, les arrestations s’enchaînent, les intimidations et les bastonnades reprennent … Affrontement entre le peuple congolais, sorti pour réclamer le droit constitutionnel de vote et celui de prendre en main son propre destin et l’état-major militaro-ethnique qui veut régenter le présent et l’avenir des Congolais. Cette campagne électorale menée pendant presque trois semaines, a fait ressurgir la colère des gens, le sentiment d’abandon (…), la misère, et beaucoup d’injustice. Ce système est incapable de protéger le Congo qui fait face non seulement à la pandémie de Covid-19 avec plus 1500 morts,  à la crise économique engendrée par une gestion chaotique des richesses du pays, et à cette profonde vague de tribalisme social.

A BACONGO, (quartier MPISSA),  les images tristes de la veillée de Guy Brice Parfait KOLELAS, Président du désormais célèbre parti YUKI se conjuguent avec  colère contre l’état policier, dégénère parfois en agitations sporadiques tournent en boucle. Tout comme celles des militants qui veulent en découdre coûte que coûte avec ce régime atrocement inhumain. La présence des blindés et convois de militaires pro-gouvernemental défilant de façons récurrentes dans le quartier accentue les tensions et la colère.

 C’est donc un cocktail explosif dans un pays profondément divisé politiquement, où le mot vengeance est sur toutes les lèvres.

La situation sociale, économique et politique n’est fort reluisante, elle crée un très fort sentiment d’exaspération parmi la population. Les inégalités sociales, l’enrichissement d’une minorité tandis que la majorité est toujours plus exploitée (chômage, précarité, revenus en baisse, droits remis en cause, etc.), la casse des services publics, l’exploitation inconsidérée des ressources naturelles, l’inefficacité des réponses politiques dans le cadre institutionnel, l’aggravation d’un sentiment de vivre dans une prison à ciel ouvert nourrissent ce ras-le-bol.

Le passage en force du candidat du PCT constitue une nouvelle régression qui alimente les tensions et la répression policière exercée contre les habitants des quartiers populaires et les militants des candidats malheureux vivent avec la crainte des arrestations abusives. Surtout ceux du YUKI qui sont quasiment surveillés 24 h sur 24 comme des malfrats.

Tout ceci accroît un discrédit du « politique » accentué par les affaires qui touchent la sphère « politico-financière familiale ».

Dans ce contexte, loin de répondre à la situation, depuis la fin de la campagne électorale,  nous assistons à une multiplication des propos xénophobes et propositions de reculs sociaux qui traduisent clairement la situation du statut quo permanent maintenu par ce pouvoir stalinien.

Ce qui se profile est plus qu’inquiétant : promesses de répression policière, montée de l’ethnicisme, exacerbation de la haine de l’autre, société violente et ultra-sécuritaire, avec un gouvernement en perpétuel conflit avec le peuple.

Après la disparition plus que suspecte de Guy Brice Parfait KOLELAS, tous et toutes savent que les combats que nous menons ensemble et ceux qui peuvent s’ouvrir devant nous, après la fermeture de la parenthèse électorale seront cruciaux pour l’avenir du Congo.

Dans cette période, il est donc primordial de maintenir la flamme de l’unité et  de continuer à faire entendre la voix des ceux d’en bas. Nos revendications restent entières et nous refusons de nous taire pour y assister en spectateurs. C’est le sens de notre engagement après mars 2021 « nos droits contre leurs privilèges ». Nous devrons mettre en avant la volonté de construire une société plus juste, égalitaire, débarrassée des oppressions et des discriminations et respectueuse de toutes les entités que composent la nation congolaise. Ce cadre unitaire, et ouvert, est un outil pour agir dans la durée car lutter ensemble aujourd’hui c’est aussi nous renforcer pour les combats de demain ou l’assassinat de la démocratie et des institutions républicaines est programmé. Ce message mainte fois martelé ici et repris par Guy Brice Parfait KOLELAS devrait nous guider dans ce combat où on nous réserve rien de bon  .

Néanmoins, aujourd’hui comme hier nous maintenons et rappelons un positionnement de fond. Nous avons trop perdu des êtres chers, des combattants vaillants qu’il nous est interdit de nous tromper d’adversaire et nous laisser abuser. Dans notre objectif d’alternance apaisée, le PCT et son candidat hybride « mi-homme mi-diable » tient un discours « attrape-tout », surfant sur toutes les difficultés de la période reste notre seule cible . Il se présente comme le défenseur du « peuple » et des « laissés-pour-compte » de la crise, mais le projet politique qu’il incarne est avant tout celui d’une maison bâtie sur du sable mouvant qui ne remet en cause ni le favoritisme ambiant, ni le clientélisme, ni la course au profit, ni la concentration des richesses dans les mains d’une minorité bref, le règne de l’exclusivité ethnique comme mode de gouvernance.

Mais notre combat contre le PCT et son système prédateur ne s’est jamais limité à la période électorale, et nous avons plus à lutter contre la progression de ceux qui par leurs pratiques compromettantes font stagner la lutte. Ils se battent et entraînent des jeunes sincères avec eux avant de rejoindre l’ennemi d’hier. Cela décrédibilise toute action politique au sens large du terme.   Luttons pour l’égalité des droits et au côté du peuple dont le traitement social est indigne, contre l’injustice, pour la sécurité et le travail des jeunes, pour une amélioration concrète de nos droits et une meilleure répartition des richesses. C’est en menant cette lutte que nous pourrons  réellement contrer la montée du tribalisme et l’instrumentalisation de la misère sociale. C’est cela que nous devrions continuer à faire avant, pendant et après les élections. C’est cela que devrait faire, tous les candidats malheureux.

Les luttes doivent continuer et s’intensifier après cette année électorale en dépit des discours mensongers d’un candidat usé et déconnecté.

Des pressions et arrestations  intolérables et insupportables  contre des militants de la société civile comme c’est le cas avec les interpellations d’Alexandre IBACKA DZABANA,  du jeune Dongui Chryst Belvy, du journaliste R. MALONGA,  de Florian MIANGOUILA, de l’Abbé Joseph NDINGA… . Tout ceci n’est pas tolérable.  Le Congo qui avait été mis sur les rails du développement par l’effort des anciens présidents, aujourd’hui déraillé par le système sassou, ce dernier a fait perdre sa dignité à notre beau pays. Il est temps de se réveiller, se lever et dire NON, NON, NON ça suffit!

Debout peuple congolais…

 

Jean-Claude  BERI

 

 

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