Editorial, Politique, Société, Tribune libre

A défaut d’unité, préparons-nous à des jours difficiles

A défaut d’unité, préparons-nous à des jours difficiles

Par

Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI

« Elle n’a pas toujours raison, certes, la foule, mais elle a cette supériorité écrasante sur tous les porteurs de torches qui prétendent la guider: la sincérité. »  Henry Bataille

Il serait dommageable de réduire le seul moteur politique de l’opposition à la polémique actuelle consistant à faire pression sur les candidats déclarés à l’élection présidentielle de mars 2021. Il ne serait donc pas envisageable que cette opposition puisse produire autre chose que des éclats de divisions ou les hommes censés éclairer la cité brillent par leurs égoïsmes démesurés. Les élections se succéderont et se rassembleront tant que le monstre d’Alima n’aura pas un adversaire de taille. 

Pourtant tout le monde se refusent de revivre le scénario de 2016, mais s’organisent comme des fourmis magnans à saper le moral de ceux qui ne pensent pas comme eux. D’après eux, ils ont raison car c’est la foule qui décide. Seulement la foule n’a pas toujours raison.

Devant l’absence d’unité les futurs candidats à l’élection congolaise du 21 mars 2021 suscitent des commentaires sur le populisme qui laissent rêveur par leur insuffisance comme par leur suffisance.

Pourtant, depuis très longtemps, le même disque est joué en boucle, sur les réseaux sociaux, sur les blogs des plus mégalos : la stratégie de la chaise vide est priorisée. On feint de ne pas voir le boulevard que laisserait cette stratégie  au dictateur en place qui n’attend que ça.

Selon la foule , il aurait fallu faire autrement (sans bien sûr ne jamais avancer la moindre proposition).
Pire, ils feignent de découvrir cette stratégie pour mieux la critiquer ou la revaloriser, pourtant dès le mois d’Avril 2016 les détails du plan machiavélique de Sassou (dont la volonté de progression) étaient connus de tous et n’était inconnu de personne. Parfois repris, sans cesse par certains des candidats souhaitant affronter SASSOU en solitaire. Faut boycotter les élections et appeler le peuple a la révolte à partir de 22 mars 2021. Sur quelle base allons-nous demander au peuple de se rebeller si nous nous nous organisons à laisser la chienlit s’installer. Arriveront-ils à mobiliser en a partir de 22 mars 2021, ce qu’ils n’ont pas pu faire durant 5 ans? La vérité est ailleurs A l’époque, évidemment, personne n’avait émis d’avis…

La palme de la démagogie revient à ceux qui dénoncent aujourd’hui un supposé fichier électoral biaisé alors même qu’ils le contestent depuis 2015 sans vouloir s’organiser pour y mettre fin. Ils font tous marche-arrière a la dernière minute pour des raisons d’alliances politiques absurdes. C’est de la lâcheté politique de s’avouer vaincu sans mêmes combattre. Ou plus clairement il n’a jamais été question pour eux d’affronter SASSOU . On défend la démocratie, quelle est cette démocratie qui vante l’abstention et prône la division ?

Sans aucune preuve , que des inepties sorties des officines du « TOUT SAUF LE POOL » on vilipende les candidats DZON et KOLELAS  avant même la fin du scrutin. Dites moi c’est quoi cette stratégie de l’opposition?

Le PCT appelle à la plus grande défiance pour satisfaire un électorat parsemé, totalement disparate et englué dans le spectre de la division et de la corruption. L’opposition devrait plutôt s’interroger sur les raisons de l’exaspération qu’elle a elle-même suscitée par son inorganisation et son incohérence.  Ou a-t-on vu les causes incriminées les conséquences ? Après avoir démontré leur incapacité à se rassembler depuis 2015, après avoir imposé le nombrilisme politique à tous sauf à quelques privilégiés, pour finalement pour de piètres résultats, les « oppositions » ont perdu leur crédibilité. En tout cas, tel est le message qui se dessine des électeurs de l’opposition pour le 21 mars 2021. L’union DZON-KOLELAS ayant échoué, l’opposition cultive là les germes de sa propre destruction. La solution , tout faire,  pour faire échouer celui d’être eux qui a le plus réussi a réorganiser son électorat et son parti.

Il est évidemment, hors de question de pardonner aux démagogues de tout poil qui jouent avec le feu pour se rendre intéressants. Ils ne s’adressent pas au peuple mais à la foule. Ajoutons que populisme clanique et populisme alimentaire ne se valent pas. Le premier promet la haine et le salut de son clan, le second c’est de fermer les yeux devant les prédateurs économiques tant qu’on est associé au partage du butin. Mais l’un et l’autre sont des maladies infantilisantes d’une opposition poussée à ses pires excès dégradants.

Que voit-on ? Partout une cassure qui ne fait que s’élargir : d’un côté, quelques quartiers où se rassemble une classe de prédateurs économico-politique qui vit en vase clos, qui s’érige tous les droits, et qui se dit œuvrer pour le peuple mais qui est pourtant fermée à son voisin immédiat ; de l’autre, les oubliés du système, en périphérie urbaine ou la jeunesse est paupérisée. La solution de l’opposition est double. La première c’est de participer à une élection en y allant divisée devant un adversaire qui ne lésine pas sur les méthodes les plus barbares qui soient pour imposer sa volonté. La seconde c’est de boycotter en privilégiant la politique de la chaise vide.

Dans les deux cas, on le sait l’échec est presque assuré. Seulement je préfère échouer en combattant que d’échouer en refusant de se battre. Les mêmes qui boycottent DZON et KOLELAS seront également les mêmes demain pour demander à DZON et KOLELAS de faire sortir   leurs électorats respectifs pour une opération d’obéissance civile unitaire, ou a une quelconque révolte salutaire.   Ridicule … On refuse d’aller aux élections, mais on se prépare pour les législatives, allez y comprendre…

Qui ignore que le PCT a complètement détruit l’économie congolaise. Il faut aujourd’hui au moins dix ans d’économies drastiques pour qu’un ménage congolais disposant d’un revenu moyen puisse s’offrir un lopin de terre dans une ville comme Brazzaville. Étrange paradoxe : cette escroquerie, faite à bas bruit, se pare d’un discours moralisateur sur une fausse modernité. Il y aurait ceux qui acceptent une politique de développement trompeuse et ceux qui luttent pour un progrès lent mais assuré. Dans ce contexte on peut toujours faire jouer les fanfares du « rassemblement ». Seulement ces  fanfares sonnent faux. Parce que à la base les sons sont discordants, on veut le départ de SASSOU, mais lorsqu’il s’agit de mener le combat de front pour l’arrêter il n’y a plus personne. Comment arreter SASSOU si vous refusiez de l’affronter ? A ce stade, on peut se demander si c’est SASSOU qu’il faut blâmer, ou ceux qui rendent possible son maintien.

Freud écrivait déjà, en 1927 : « Une civilisation qui laisse insatisfaits un si grand nombre de ses membres et les pousse à la rébellion n’a pas d’espoir de se maintenir durablement, et d’ailleurs ne le mérite pas. » Depuis, pourtant, la lutte contre le système SASSOU aurait pu s’apaiser. Eh bien non ! Les plus favorisés du système,  aidés par une opposition malléable l’ont rallumée. Ils ont déifié la corruption et sombré dans une pléonexie matérielle stupide. Ils ont, au nom d’une avidité et d’une prédation financière non contrôlée précarisé la grande majorité des citoyens et provoqué une dette d’une ampleur sans précédent.

Eh bien le bon peuple se venge. Il ne croit plus ce qu’on lui raconte et se tient prêt, comme autrefois, à vivre durement aujourd’hui pour mieux vivre demain.  Laissons le peuple décidé du sort qu’il réservera à cette élection de la dernière chance. Notre cible c’est Sassou et le PCT

Jean-Claude BERI

Laisser un commentaire