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Congo-Brazzaville : La mort de PAKO plane sur la conférence de haut niveau sur le financement des Économies africaines

Congo-Brazzaville : La mort de PAKO plane sur la conférence de haut niveau sur le financement des Économies africaines

Merci à OFK et N.T  qui ont largement contribué à cet article

Par      Jean-Claude BERI

Jean-Claude BERI

Bien qu’il ne faille pas en faire un réel problème, il sied quand même de faire remarquer, comme dans beaucoup de couple uni par intérêt, que les rapports entre MACRON et SASSOU ne sont pas au beau fixe. Plusieurs signaux interpellent les observateurs de la vie politique.

Depuis la fin de l’élection du 21 mars 2021, entachée d’irrégularités qui viennent d’exploser à la figure des mercenaires politiques du PCT qui ont crié trop vite au coup parfait.

Les conclusions de l’autopsie et de toxicologie qui ont révélées le décès le 21 mars et non le 22 mars 2021 posent un réel problème de légitimité de ce pouvoir qui a organisé précipitamment l’évacuation de Guy Brice Parfait KOLELAS vers la France. Ce, espérant sur le soutien en France des amis Francs-maçons, de la France-Afrique et les officines de soutien à SASSOU, pour étouffer l’affaire. Le tout, finir le sale boulot en relayant une information, semble-t-il erronée sur le décès de Guy Brice Parfait KOLELAS sur le sol français.

Aujourd’hui la patate est tellement chaude. Même les gosiers des Securitate français habitués aux coups tordus en Afrique, ont du mal à passer. La majorité des ambassades occidentales ironisent dans les couloirs sur la position ambigüe de la France qui fait de l’autopsie de Guy Brice Parfait KOLELAS une affaire d’Etat. Les projecteurs sont braqués sur L’Elysée. L’opération n’est réussie qu’à moitié. Selon l’Élysée qui l’a fait savoir à qui de droit en ne le félicitant pas de sa honteuse victoire dont ils savent être entachée de la mort de KOLELAS. L’Élysée se rebiffe. Elle prend ses distances.

Mais en coulisses LE DRAIN et sa bande s’activent pour faire accepter la thèse du décès par la COVID 19. Cela ne semble nullement porter ses fruits puisqu’une contre-autopsie est programmée et les résultats seront connu d’ici la fin du mois. Tout le monde attend ces résultats avec grand intérêt. De même, tout le monde se demande si la France va-t-elle entériner sa politique de mercenariat en Afrique qui consiste à soutenir non pas des gouvernements démocratiques mais plutôt totalitaires ?

Sur ce, la réponse est incertaine. Le clan des soutiens de SASSOU, conduit par Le DRIAN et Cie, ne laissera jamais la vérité éclater. Ça serait comme un acte d’auto-suicide, il est évident que dès le début ils savaient ce qui se passerait, et ils ont accepté d’accueillir le corps sans vie de PAKO sur le sol français. Et depuis, ils font tout pour que les résultats de l’autopsie ne soient pas rendus public.  C’est bien bizarre.

La thèse du Covid qu’avance le clan Sassou est intenable sachant qu’on ne pratique pas d’autopsie sur un mort de Covid. La France ne peut pas se positionner sur la thèse du Covid en entrant en contradiction avec ses propres principes : Elle ne pratique pas d’autopsie sur un mort de covid, et un mort de covid est vite enterré pour éviter la propagation de cette maladie si contagieuse. Le résultat de la première autopsie ne mentionne pas le covid mais parle d’un problème cardiorespiratoire comme pour dire qu’ils n’ont pas épousé la thèse de Sassou, ce qui leurs aurait coûté cher devant la justice. En résumé, le clan Sassou a visiblement menti, et la France, bien que gênée, étouffe la vérité en proposant une autre thèse peu convaincante. Indirectement, la version française, bien que moins véridique, contredit totalement la thèse du clan Sassou qui manifestement ment. Et qui ment, veut cacher une vérité.

Voyez-vous, nous sommes devant un complot multiforme où SASSOU joue certes, le bras armé, l’exécutant, mais il a été encouragé par la France. Cependant, le vrai problème réside dans la capacité des Congolais à se mobiliser pour rechercher la vérité et la défendre. Un ami qui a préfère  garder l’anonymat m’a dit ce qui suit :

 « Sassou ne peut pas se permettre de tuer s’il n’a pas la bénédiction de ceux qui l’ont placé là. Personnellement, j’ai toujours soupçonné que la France ne veut plus d’un président du Sud et précisément originaire du Pool avec tout ce qu’elle a vécu sous Youlou, Massamba et Lissouba où le dernier est allé jusqu’à vouloir négocier sur le pétrole mettant à mal les intérêts français. Comme le nordiste est dans une peur de ne pas gagner une élection libre et transparente si ce n’est de s’imposer par les armes, la France utilise cela pour les maintenir au pouvoir pour mieux profiter du pétrole et d’autres ressources. Ce n’est pas vraisemblablement aujourd’hui que nous aurons la possibilité de revenir aux affaires. La France est notre premier ennemi suivi des idiots qu’elle manipule au pays. Est-ce que la France a voulu la mort de Parfait ? Est-ce que Sassou a tué sans l’aval de la France ? Est-ce que la France voyait en Parfait une menace s’il prenait le pouvoir ? That’s the question. » dixit N.T

Malgré cette opération d’élimination sommaire du leader du peuple congolais, et Selon toujours de l’avis des observateurs avertis, c’est la France qui encourage la mauvaise gouvernance au Congo-Brazzaville. Pendant que l’institution financière mondiale exige du Congo le respect de la bonne gestion et la rigueur financière en appliquant les mesures édictées par l’accord FMI-CONGO du 11 juillet 2019 à Washington assorti d’un prêt d’environ 250 milliards de francs CFA à décaisser sur trois ans et le respect strict des 48 mesures à appliquer, la France lui accorde les prêts. Cela n’a pas été suivi d’effet et c’est tout bonnement que le FMI a rejeté la nouvelle demande du Congo. Comme par hasard, c’est la France qui vole aux secours d’un pouvoir prédateur animé d’une voracité financière maladive en lui octroyant un prêt : « Le gouvernement français et la Société Générale viennent de conclure un accord en vue d’accorder des prêts jusqu’à 2 millions d’euros (plus de 1,3 milliard de francs CFA) aux petites et moyennes entreprises. De l’oxygène pour ces sociétés qui traversent des moments difficiles. Ces prêts intègrent la garantie Choose Africa Résilience. », RFI

(https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-économie/20210502-congo-b-accord-d-un-prêt-de-2-millions-d-euros-de-la-france-pour-soutenir-les-pme-en-difficulté)

Au moment où SASSOU consulte pour former son nouveau gouvernement, la mort de PAKO est encore présent dans les têtes de nombreux congolais. Tout va en s’effritant. De la vie morose sans saveur, à la revendication sociale qui plane dans tous les secteurs de la vie active congolaise ; il y a l’élève qui grogne sur l’abandon de l’état sur la prise en charge des transports scolaires, en plus de la vie difficile et chère, du citoyen lambda qui se fait arnaquer par des médecins véreux en passant par la grève annoncée des agents du CHU. Le Congo est un volcan en ébullition . Tu as tué PAKO, mais tu n’as pas tué le mouvement de révolte qui couve en silence. Le message de PAKO fait encore plus d’adeptes que de son vivant. Que ceux qui continuent à comploter pour humilier le corps de PAKO retiennent qu’ils ne seront pas à l’abri de la révolte populaire. Si en tuant PAKO, SASSOU pensait remettre sur orbite son fiston de pilleur en utilisant des hommes et femmes sans foi ni loi pour des postes éphémères dans un gouvernement de figurants où les décisions sont prises ailleurs que dans les ministères quelconques, il se trompe. Le pion SASSOU n’est plus la carte qui gagne, non seulement ses coups tordus en Centrafrique, au Gabon et en RDC ne le place plus en haut d’estime de ses pairs africains qui n’attendent plus que l’occasion pour lui faire payer sa traitrise. L’Élysée prend du recul et annule la participation du nouveau président dictateur congolais pour le sommet sur les économies africaines prévu le 18/05/2021 à Paris.

( A suivre)…

Jean-Claude BERI

 

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