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CONGO-BRAZZAVILLE : Le plus dur commence pour M. Sassou Dénis.

CONGO-BRAZZAVILLE : Le plus dur commence pour M. Sassou Dénis.

Par  :  Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

Journaliste, Fortuné Dombe Mbemba ?

Après la mascarade électorale qui l’a hissé au sommet de l’Etat, Sassou Nguesso croyait gagner la guerre. Grosse erreur ! Les problèmes économiques, sociaux, politiques et de positionnement rongent le pays.

Aussitôt terminé sa prestation de serment prévue pour le 16 avril 2021, M. Sassou doit faire face aux négociations avec les institutions financières et divers partenaires internationaux pour sortir le Congo du coma. Plus d’une personne pense que pour atteindre les résultats escomptés, il faut renouveler la caste dirigeante constituée pour la plus part des vautours et des hommes sans foi, ni loi et cœur. Equation délicate pour M. Sassou qui a signé des pactes avec des clans et des individualités. Le premier test passe par la nomination d’un Premier ministre parmi les douze propositions qui se trouvent sur sa table : Emile Ouosso, Anatole Collinet Makosso, Antoine Nicéphore Fila de Saint-Eudes, Claude Alphonse N’silou, Yves Castanou, Pierre Mabiala, Thierry Moungalla, etc.

L’histoire va-t-elle se répéter ? Tenez, en février 2007, le club de Dakar impose Emile Ouosso à Sassou. Coincé, Sassou Nguesso réaménage tout un gouvernement pour faire entrer cet unique personnage au gouvernement du faux Premier ministre Isidore Mvouba, le 3 mars 2007. En dehors de ses fonctions de ministre des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, Ouosso est chargé de missions occultes, officieuses et spéciales de Sassou Nguesso auprès des chefs d’Etats et des gouvernements. Natif du Niari-Lékoumou, il bénéficie du soutien de Jean-Dominique Okemba. Très certainement aussi à cause de ses positions dans la loge maçonnique du Congo.

Anatole Collinet Makosso, ancien directeur de cabinet de madame Sassou et conseiller technique de M. Sassou pendant 12 ans, entre au gouvernement en 2011 en qualité de ministre de la jeunesse. Homme à tout faire de madame et des missions juridiques officieuses du couple présidentiel, de leurs enfants et de l’Etat. Il est chargé des missions de paix et spéciales de M. Sassou. Ce dernier a abandonné le ministère pendant un mois pour les montages de Sassou

Antoine Nicéphore Fylla de Saint-Eudes, Congolo-zairois – même s’il se passe pour un natif de Mbandza-Ndounga parfois de Boko – ce pseudo opposant, pistonné au gouvernement par André Obami Itou et Ngouelondélé en 2016 après avoir tenté d’agiter les Zaïrois de Poto-Poto mais ne fait pas l’unanimité.

Claude Alphonse N’silou, ministre depuis 2002. Selon certaines indiscrétions, il clamerait être l’unique personne capable de « maitriser » les Kongo du Pool et de Brazzaville alors qu’il n’est que l’ombre de lui-même avec un parti d’un seul député. Il n’a pas pu construire ni dispensaire, ni école, ni unité de production dans le Pool. Pas de charisme ni d’altruisme auprès des siens. N’silou, Fylla et cohorte qui veulent s’effrayer le chemin sur le dos du mort Parfait Kolelas ont peu de chance d’être promu au poste de la Primature même si on dissertait sur la théorie des troubles dans le Pool. Il sied de dire haut et fort que les troubles sont l’œuvre des manipulations des politiciens et de M. Sassou. En sus, Isidore Mvouba, natif du Pool étant président de l’Assemblée nationale, la géopolitique oblige d’envoyer la Primature ailleurs.

Dieudonné Bantsimba, 100% Mbochi, mais qui porte un nom Kongo-Lari de l’ami de son père est pourri comme son mentor. Maire de Brazzaville et demi-frère du général Jean Richard Mondjo, il est soutenu par Jean Jacques Bouya depuis des lustres.

Pierre Mabiala et Moungalla Lezin, sont soutenu par des rejetons de Sassou. Respectivement ressortissants du Niari pour le premier et de la Lékoumou et du Pool pour le second, ils pouvaient succéder à Clément Mouamba si le principe de la géopolitique était respecté. Mais, Sassou et son monde regardent ses deux mousquetaires d’un nerf insuffisant. Non seulement, ils trainent de casseroles mais à Oyo ils sont qualifiés des traites, différents de Clément Mouamba plus maniables dans les magouilles depuis des années avec Sassou (c.f Affaire commisimpex). Bien que politiques jouant le jeu du régime pour assoir le pouvoir à tout prix, leur fougue et brutalité langagière dénote de manque de maturité, qui les rendraient inaptes à conduire une équipe gouvernementale dont les enjeux sont multiples.

Yves Castanou, technocrate, bien qu’il maitrise les sociétés sécrètes, les grandes religions et autres et lave le cerveau des dizaines de milliers de Congolais, mais les accrochages que cette tête brulée a eus çà et là le place en mauvaise posture.

La formation du nouveau gouvernement fera des aigris parmi les personnes qui ont soutenu la tricherie de Sassou. Oui, tricherie qui reste encore un boulet. L’affaire Parfait Kolelas reste pendante. Mathias Dzon Oniangué, deux candidats malheureux à la dernière présidentielle et Jean Jacques Serge Yhombi, colistier de Kolelas Parfait malheureux à la dernière présidentielle, et autres, attendent leur arrestation à l’image de Mokoko et Okombi Salissa qui ne reconnaissent pas son pouvoir. On le sait qu’au Congo de Sassou Nguesso, ne pas reconnaitre sa victoire ou le tenir tête conduit à une arrestation arbitraire. Enfin, la précarité, le chômage, le tribalisme, la corruption et l’impunité qui minent le pays sont entre autres les maux auxquels doit faire face Sassou Nguesso qui n’a pas encore été félicité par plusieurs chefs d’Etat.

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

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