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Congo-Brazzaville : Le quotidien pénible des Congolais.

Congo-Brazzaville : Le quotidien pénible des Congolais.

Par   Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

S’il existe un enfer sur cette terre, c’est bien au Congo-Brazzaville.   

Le Congo-Brazzaville va mal, il faut le dire et le clamer haut et fort car la situation devient intolérable. Ne pas le dénoncer c’est être complice de la dégradation de notre pays.

Dans sa correspondance du 15 avril 2021 adressée à monsieur Sassou Nguesso, dont une copie destinée à monsieur Aivo Andrianarivelo Administrateur du FMI pour la République du Congo, le FMI (Fonds monétaire international) n’a pas donné suite à la demande d’aide financière d’urgence formulée en mars 2020 par l’État Congolais, ainsi qu’aux entretiens récents sur la première revue de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC). « Les services du FMI n’ont malheureusement pas été en mesure de recommander l’approbation d’une assistance financière, ni d’un financement d’urgence, ni de l’achèvement de la première revue de l’accord au titre de la FEC (qui aurait pu prévoir une augmentation de l’accès aux ressources pour circonstances exceptionnelles) avant son expiration, car la dette du Congo reste insoutenable. »

C’est un NON catégorique qu’a opposé le FMI sur la situation congolaise, car la république du Congo-Brazzaville n’a respecté aucun de ses engagements concernant l’application des 48 mesures préconisées par ce dernier.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, comment à nouveau prêter de l’argent à un pouvoir clanique qui a fait main basse sur 28 milliards de dollars (Fonds des générations futures) alors que la dette du Congo-Brazzaville (secteur public et privé) est aux alentours de 14 à 15 milliards de dollars.

Pour la cérémonie d’investiture du 16 Avril 2021 et dans pareilles circonstances, il eut été nécessaire et responsable de faire une cérémonie minimaliste de l’intronisation de l’Empereur, au lieu d’inviter une vingtaine de Chef d’États et un Ministre français de second rang. Nous avons assisté à la folie des grandeurs avec au bas mot 700 invités pour un événement qui n’aura aucune portée historique. Ce cluster, foyer de contamination de la Covid-19, sans aucun respect des mesures de distanciations sociales a été constaté aussi bien au Palais du Parlement qu’à la soirée festive. Cette dernière organisée sous les chapiteaux loués au gouvernement congolais pour 1 milliard de francs CFA par l’une des filles du dictateur, épouse de monsieur Hugues Ngouélondélé, Ministre des Sports et de l’Éducation physique et Monsieur le gendre. C’est la grande famille des prédateurs des richesses du peuple congolais. La décence aurait voulu qu’en cette période de récession économique due à la Covid-19, que la famille impériale du Congo-Brazzaville et ses courtisans cessent de festoyer avec l’argent public comme à leur habitude.

À contrario, le peuple Congolais jadis debout et fier est devenu un peuple mendiant car ni les salaires, ni les pensions, ni les bourses ne sont régulièrement payés. Il erre çà et là abandonné à son triste sort. Aujourd’hui faire ne fusse qu’un repas par jour devient une équation difficile à résoudre. En revanche, la fête des mille et une nuits va quant à elle continuer pendant les 5 années à venir dans la bourgade d’Oyo loin du regard des Congolais. Ils ont gagné à la loterie : la Présidence de la république du Congo-Brazzaville.

Ce monsieur qui se veut être « le Président de toutes Congolaises et de tous les Congolais » est un Prestidigitateur qui sort de sa léthargie car il vient enfin de comprendre après 37 années cumulées au pouvoir qu’un Président est au service de tout le peuple et non seulement des membres de sa tribu, de sa région et de son département. Le nouveau Sassou Nguesso qui est arrivé, un loup dans la peau d’un agneau, reste un invétéré prédateur.

Monsieur Sassou Nguesso aime la fidélité de ses sbires, ainsi pour son prochain gouvernement ne soyons pas surpris de voir reconduits à quelques exceptions les mêmes Ministres.

Nous pourrons dire rien de nouveau sous le soleil brûlant du Congo-Brazzaville. C’est pourquoi pour ce énième mandat, osons avec fermeté dire NON à cette culture du changement dans la continuité où il est difficile de bâtir une culture de la vérité et de la justice tant les antivaleurs sont devenues la norme ; La culture de l’excellence dans le travail n’existe plus tant la médiocrité est retrouvée à toutes les strates de la société. Le constat est amer, le pays va mal. Il faudrait plus d’une page pour énumérer tout ce que nous savons et dénonçons unanimement ; Le manque d’eau, d’électricité, le chômage de masse des jeunes et de la faillite de certaines entreprises. Cela ne nous étonne pas car le Congo-Brazzaville reste un pays sous-développé nonobstant des centaines milliards engagées dans des projets bidons. Le compte n’y est pas pour le peuple congolais. Chaque jour qui passe, le pays sombre. Il est donc important que les forces vives de la nation prennent enfin conscience de l’urgence qui prévaut dans notre Pays, afin de ne pas le voir chavirer davantage.

« Les promesses n’engagent que ceux qui y croient », raison pour laquelle nous ne sommes pas dupes du discours mielleux de monsieur Sassou Nguesso. Nous tenons à dire que nous nous battrons avec détermination pour rappeler à monsieur Sassou-Nguesso ses engagements pris dans son allocution lors de son investiture pour ce nouveau mandat qui ne laissera aucun Congolais au bord de la route. Il sera donc difficile pour les cinq prochaines années de « poursuivre la marche » sur des sentiers tortueux (dettes abyssales), qui engagent le pays et de facto le peuple Congolais dont les peines du quotidien ne sont plus à prouver et tout cela sous le regard malicieux et le silence complice de ceux-là même qui sont censés le représenter et contrôler le gouvernement. Aux catalogues des mauvaises nouvelles, il faut rajouter la malgouvernance, la gabegie, la corruption, l’impunité, le tribalisme, la dépravation des mœurs, le non-respect des droits de l’Homme, etc. Qu’attendre de plus pour les cinq ans à venir de ces députés et sénateurs qui sont pour la plupart nommés ?

Quant à l’opposition congolaise, elle est toujours aussi transparente. À la vraie opposition s’il en existe encore une dans ce pays, nous espérons qu’elle ait tiré les leçons du quinquennat passé et pris conscience des signaux forts que la dernière élection présidentielle nous a envoyé suite à l’événement tragique qui a endeuillé le scrutin du 21 Mars 2021. Nous attendions des partis politiques de l’opposition un véritable rassemblement, afin de défendre notre cause commune d’un Congo-Brazzaville libre, démocratique, et cela dans l’intérêt de la nation et du peuple Congolais face aux prédateurs de tous bords. Il faut enfin enterrer cette guerre d’ego et de leadership qui immanquablement nous dessert. L’union fait la force.

De plus, prenons garde car nous ne sommes pas à l’abri de ce qui se passe chez nos voisins, notamment la monarchie héréditaire. La situation géopolitique de la sous-région devrait nous interpeller. Le destin de l‘Afrique se jouant dans des officines hors de nos contrées doit faire naître en nous un élan patriotique.

Au Congo-Brazzaville, il y a des cadres bien formés et intègres. N’étant malheureusement pas de l’écurie présidentielle, ils ne peuvent prétendre à des hauts postes dans les administrations dans lesquelles ils sont compétents. La seule voie qu’ils ont à leur corps défendant c’est d’intégrer les loges maçonniques en particulier la Grande Loge du Congo (GLC) dont le Très Respectable Grand Maître est monsieur Sassou Nguesso. C’est ainsi qu’ils deviennent des Frères. La GLC traite mal d’autres Frères maçons en les emprisonnant, ce qui est contraire à l’éthique maçonnique.

Certains congolais ont perdu leur dignité. L’instinct de survie fait qu’ils sont prêts à tout pour subvenir aux besoins de leur famille. La seule logique qui prévaut au Congo-Brazzaville c’est : « Vous êtes avec nous ou Vous êtes contre nous. » Ces rites maçonniques qui ne font pas partie de notre culture Bantou empoisonnent l’existence de nombreux congolais mis au placard pour non appartenance à une loge comme à l’époque du monopartisme avec le PCT (Parti congolais du travail). Ces coteries sont mises en place pour mieux contrôler les individus. Nous ne savons pas ce qui se passe à l’intérieur de ces loges au Congo-Brazzaville, mais cela ne doit pas être reluisant vu l’état de délabrement de notre pays.

Nous concédons à chaque Congolaise ou Congolais la liberté de religion, la liberté de culte. Mais faire de la Franc-maçonnerie un instrument d’ascenseur social est inadmissible dans une république qui garantit la liberté de confession. Le Congo-Brazzaville a besoin de tous ses enfants pour son développement indépendamment de leur croyance.

À l’indépendance, nos Pères fondateurs ont confié le sort du Congo-Brazzaville à la Sainte Vierge Marie ; Loin de nous de faire du prosélytisme. Mais maintenant notre pays est confié aux éléphants figurant sur nos armoiries. Ces éléphants qui cassent tout dans la maison de porcelaine qui est le Congo-Brazzaville.

C’est  Václav Havel, Ancien Président de la République fédérale tchèque et slovaque, qui disait : « Il ne suffit pas de penser, il faut agir. Il ne suffit pas de regarder l’escalier, il faut en monter les marches. »

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

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