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Congo-Brazzaville : les Mbochis d’OYO, une mafia au service d’un pouvoir meurtrier.

Congo-Brazzaville : les Mbochis d’OYO, une mafia au service d’un pouvoir meurtrier.

 

Par :   Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI, communicant, activiste et libre penseur Lyon

Au Congo-Brazzaville, le crime organisé a des racines anciennes. Ses origines font encore l’objet de discussions parmi les historiens qui tentent de le cerner pendant la mise en place de l’Obumirti. Plus tard le clan s’est structuré et donné naissance à une des mafias les plus redoutables  que le Congo  n’est jamais connu : les Mbochis d’OYO.

Cette bande composée en majorité de drogués et autres repris de justice trouve leur salut dans la basse besogne de tuer, assassiner, violer et terroriser les populations. Partisans du moindre effort. Criminels, mendiants, prostituées, mais aussi personnes exerçant des métiers décrétés impurs par la société congolaise, comme corocoro (bourreaux, croque-morts…) Ils vivaient en marge de la société dont beaucoup ne sont même pas originaires du Congo-Brazzaville.

Les premières bandes du clan des barbares d’oyo vivaient de colportage et de la revente des biens mal acquis de la guerre civile. Ces derniers organisaient des parties de ventes aux enchères des voitures ou de locations clandestines installés dans des auberges ou des demeures des anciens dignitaires. Une affaire lucrative dans un pays où les valeurs n’ont plus de sens. Ils opéraient par petits groupes, chacun sévissant sur un territoire délimité et possédant sa propre milice. Les grandes artères du pays étaient leur terrain de chasse privilégié surtout les quartiers sud du Congo qui ont été minutieusement pillés

A l’origine, les clans des barbares sont donc des perdants, mais qui revendiquent cette condition comme un défi, une victoire sur le peuple. Leurs talents de tricheurs, voleurs et assassins furent néanmoins mis à profit lorsque le cercle restreint du pouvoir décida, au milieu des années 2000, de se redonner une image propre en   finançant des grands travaux, offrant des salaires élevés aux ouvriers non qualifiés dépourvus de la moindre compétence

Cette situation incongrue devint presque légale  vers 2001, lorsque les autorités, désireuses de conserver coute que coute le pouvoir  accordèrent aux plus puissants des chefs de clans  le droit à l’impunité et au pillage démesurés.  Avec mission de faire régner l’ordre du clan MBOCHIS, ces derniers reçurent, en prime, une dignité presque égale à celle des vrais résistants congolais ( Matsoua , tchipa vita,  opango,  youlou et autres…)  . Un tel adoubement accéléra le « MBEBA » d’aujourd’hui. Pourquoi étudier, pourquoi faire l’effort de se former, nous avons les armes et nous avons le droit de tuer qui on veut ?

L’ouverture du pays permit aussi à la pègre sassouiste de diversifier ses sources de revenus. Elle accapara par exemple le florissant business du pétrole, qui ne passe, depuis son retour sanglant au pouvoir,  que dans les mains des initiés proches du cercle familial restreint.

De nombreux « Mitoudia » montèrent aussi des entreprises  servant de couvertures à leurs trafics mafieuses  en pleine croissance. Willy ETOKA, Lucien EBATA, Denis NGOKANA pour ne citer que ceux-là Corrompant policiers et officiels, ils se mirent à rayonner dans tous les milieux sociaux. Et à sévir en politique qu’ils finirent par noyer dans  la bêtise la plus immonde qui soit.

Paradoxalement, alors même que la bande des barbares augmentait leurs profits, l’ouverture du pays nourrissait l’hostilité des MBOCHIS. Un grand nombre de chefs MBOCHIS se désengage donc avec les forces émergentes du jusqu’au boutisme de la bêtise des NGUESSO. Ils ne leur restent plus que la force militaire pour imposer la loi. D’ailleurs c’est tout ce qu’ils savent faire de mieux depuis 40 ans : Intimider, emprisonner, terroriser, tuer, et séquestrer pour asservir le peuple.

On le sait que la clan d’OYO rêve la restauration du pouvoir féodale, l’avènement d’un pouvoir autoritaire, la militarisation du pays et son expansion dans tout le reste du pays se fait à coup de baïonnette. Le clan recrute tous azimuts : ex-mercenaires en rupture de ban, agitateurs professionnels… et de nombreux voyous, utilisant leurs talents respectifs pour mener des campagnes de terreur visant ceux qui ne partagent pas leurs idées mais aussi les politiciens véreux.

Seulement depuis 2020 la vingtaine de clans qui se partage le pouvoir serait sur le déclin. Même si leur fortune « noire» reste importante ( estimée à plus 10 milliards d’euros,  au début des années 2000 disséminée dans le paradis fiscaux ) ils ont perdu tout pouvoir politique.  Leur politique aujourd’hui c’est tuer pour exister.

Nombreux de nos compatriotes sont tombés allons-nous en sacrifier d’autres pour la gloire des pilleurs voleurs et assassins ? Que cela interpelle ceux qui continuent d’adouber ce pouvoir.

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Ceci n’est qu’un aperçu de la longue liste de massacres, et situations policières excessives contraignant certaines personnes à s’exiler, causées par le régime incontestablement meurtrier animé par le gang des barbares de Mpila dont le chef incontesté Denis SASSOU NGUESSO dicte la loi. Cette liste est non exhaustive

Commandant Marien NGOUABI,

Thaddée KOURISSA,

Capitaine Luc KIMBOUALA NKAYA,

Sergent ELOUO,

Sous-lieutenant MBORO,

Sergent OUANDO,

  • Président MASSAMBA DEBAT,
  • Cardinal Emile BIAYENDA,
  • Victor DOTE et KANDZA (Assassinés en 1977 à Brazzaville)
  • MIZELE, SISSOULOU et 7 de ses compagnons (Fusillés en 1978 à Brazzaville)
  • Capitaine Barthelemy KIKADIDI (Fusillés à Brazzaville en 1978)
  • Capitaine David MAFOUTA (Assassiné en 1980 à Brazzaville)
  • Commandant Antoine MABOUAKI (Assassiné en 1981 à Owando)
  • Capitaine « Marie-Marie » AKWALA (Assassiné en 1983)
  • Capitaine Pierre ANGA (Assassiné en 1988 au Gabon)
  • Lieutenant Ernest BOUKAKA « Maitre Charlie » (parodie d’accident, mort en 1990 à Brazzaville)
  • Colonel-ministre, Xavier KATALI,
  • Colonel Victor TSIKA-KABALA (Assassiné en 1990 à Pointe Noire)
  • Professeur Grégoire MAVOUNIA (Assassiné le 21 février 1991 lors de l’ouverture de la Conférence Nationale à Brazzaville)
  • Marien NGOUABI Junior (Assassiné en 1991 à Brazzaville dans une boite nuit)
  • Roger MASSEMA (Président de la commission assassinat à la Conférence Nationale empoisonné, mort en 1992 à Paris en France)
  • Antoine NGAYOT,
  • Commandant MOUANDA (Assassinés en 1993 à Brazzaville)
  • Colonel Frederick NKOUNKOU (Assassiné en 1998 à Brazzaville)
  • Sergent TOUNGA et 352 compagnons (Fusillés en 1999 à Brazzaville)
  • Général Blaise ADOUA mort le 13 avril 2013
  • Général Emmanuel AVOUKOU empoisonné le 13 janvier 2013
  • Le général de division Yves Motando est décédé ce jour 11 janvier 2011 à l’« hôpital central des armées Pierre Mobengo » de Brazzaville des suites d’un arrêt cardiaque. Diagnostic jugé douteux par ses proches
  • Général Casimir Bouissa Matoko
  • Le général de brigade, Gilbert Bokemba, Chef d’état-major de l’armée de terre des Forces armées congolaises (FAC), décédé le jeudi 29 juillet à l’hôpital central des armées Pierre-Mobengo des suites d’une courte maladie (c’est la formule consacrée pour dire mort suspecte)
  • Le Colonel Marcel TSOUROU assassiné dans la nuit du 16 au 17 février 2017
  • Augustin KALLA KALLA, Brillant intellectuel et journaliste engagé pour la liberté, fauché le  5 Mai 2019, nous sommes là-présent pour témoigner ta grandeur et la dignité.

Le génocide du Pool  Phase 1, 1997-1998

Génocide du Pool Phase 2  4 avril 2016 – Déc. 2017

Les « Disparus du Beach »     Mai 1999

Explosions du 4 mars 2012 à Brazzaville

Massacres de CHACONA    juillet 2018

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Mort en exil

  • L’ancien ministre congolais de l’Intérieur Alexis Gabou
  • Premier avocat congolais, inscrit dans un Barreau français, où il exerce jusqu’en 1966, Maître Aloise Moudileno Massengo deviendra, par la suite, avocat près la Cour d’Appel de Brazzaville, avant d’être nommé, sous le Président Marien Ngouabi, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice du Congo en 1968
  • Nguila Moungounga Nkombo, ancien ministre des Finances sous Pascal Lissouba (1992-1997
  • L’ancien président congolais Pascal Lissouba est mort lundi 24 août à Perpignan, en France, à l’âge de 88 ans
  • Mort le 30 mars en France de l’ancien président congolais M. Yhombi Opango
  • Lambert Ngalibali, ancien Maire de Brazzaville et ancien ministre des Travaux Publics du Président congolais, Pascal Lissouba, nous a quittés, dans les premières heures de la matinée, du 25 juillet 2020, dans un hôpital de la région parisienne.
  • Guy Brice Parfait KOLELAS, le principal adversaire du président Denis Sassou Nguesso est mort juste après la présidentielle durant son évacuation sanitaire
  • L’ancien ministre congolais de l’Intérieur sous le régime du Professeur Pascal Lissouba (1992-1997), Philippe Bikinkita est mort dans la nuit de vendredi à samedi 21 août en Angleterre

Jean-Claude BERI

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