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Congo-Brazzaville : l’opposition peaufine sa révolution des « traîtres ».

Congo-Brazzaville : l’opposition peaufine sa révolution des « traîtres ».

Par  Jean-Claude BERI

Avant de combattre la posture des TSATY MABIALA,  KOLELAS et autres,  soyons logiques avec nous même d’abord. Lorsque en janvier 2019 j’écrivais dans un article intitulé »  Congo-Brazzaville : « Plaidoirie pour un candidat unique de l’opposition »  ‘http://www.dac-presse.com/congo-brazzaville-plaidoirie-candidat-unique-de-lopposition-2021/, cela a permit de mettre en   lumière des contradictions flagrantes au sein de la diaspora Congo-Brazzaville. La démocratie que nous défendons n’est pas la désignation par cooptation des potes à la magistrature suprême. Au nom d’une certaine paix et d’une trêve sur les tensions qui ont lourdement endeuillé ce pays, on a bradé la démocratie. Que ceux qui s’accommodent à ces tours de passe-passe de politique congolaise sachent qu’ils font le lit des nouveaux dictateurs. De même, je trouve incompréhensible que les personnes qui ont soutenu mordicus JEAN-MARIE MICHEL MOKOKO et OKOMBI SALISSA se félicitent  de cette situation.

Est-il possible d’imaginer un seul instant qu’on peut faire chuter tout un système comme un château de cartes sur l’Etat moribond qu’il serve, sans emporter avec lui ses complices, ses penseurs, ses corrompus et ses courtisans qui n’ont ménagé aucun effort pour maintenir le statut quo ?

C’est un très mauvais exemple pour la démocratie congolaise. C’est une grande hypocrisie, une véritable régression démocratique. Vouloir se rapprocher du pouvoir, et souhaiter le décrocher à tout prix, oblige-t-il à trahir ? C’est la question que je me pose. Lorsqu’on découvre avec stupéfaction que certains barons du MOKOKOISTE complote contre MOKOKO et aggravent sa disgrâce. C’est abominable !! Sans sourciller les uns après les autres se livrent  dans une conquête du pouvoir tout en continuant à prétendre défendre MOKOKO , Quelle hypocrisie !!

Très souvent les mêmes s’attribuent des postures bizarres du genre : Le traître en politique, c’est celui qui considère, à un moment donné, que la trahison est en face, et qu’elle justifie la sienne. La trahison, qui consiste la plupart du temps en une prise de distance, est aussi un accélérateur de carrière et une manière de renouveler le débat en proposant aux électeurs de l’ancien meneur une autre voie. La trahison ne se fait pas de façon sournoise, mais peut consister en une rupture brutale en assumant des positions tranchées.   Certains s’estimant que leurs idées sont plus aptes à répondre aux angoisses du pays, enfoncent leur maître et annoncent gaillardement leur propre candidature à la magistrature suprême en 2021. Ou est le sérieux ??? Moi j’y vois personnellement une trahison d’une sorte de contrat moral entre les ces hommes. Je peux peut-être me tromper  mais les faits actuels justifient ma pensée. C’est l’un des aspects les plus dramatiques de la trahison engendre la pratique de la politique au Congo., parce qu’il y a d’abord une trahison morale, et puis là-dessus vient se greffer une trahison politique. Marien NGOUABI, Pascal LISSOUBA ces derniers ont été tristement  abandonnés et trahis par les les siens.

Cette période d’élection future à la présidentielle de 2021 multiplie les figures de traîtrise. Étrange milieu que celui de la politique congolaise, où l’on trahit d’abord son maître à penser, son parti, ses électeurs et enfin  les principes démocratiques, sans oublier de se trahir soi-même et la parole donnée, et où chacun désigne l’autre comme un félon avant de cheminer à ses côtés main dans la main comme si rien ne s’était passé. Le traître congolais est un miroir déformant. MBERI,  est traître, pourtant on s’accommode à son dialogue des dupes, TSATY MABIALA qualifié de Juda, pourtant on siège dans son opposition de façade. Pendant longtemps notre frère KOUNKOU Dominique a lancé des slaves incendiaires  contre le pouvoir de Brazzaville, pourtant on s‘apprête   à l’accompagner dans une élection ou le pouvoir gère tout du début à la fin. On a l’impression que chaque congolais pointe ses traîtres, souvent en période de crise. C’est une figure qui a toujours existé et qui est constamment remodelée selon le degré de la compromission avant chaque élection.

Ce petit tour d’horizon m’amène à dire ceci concernant les futurs candidats. Nous sommes à l’orée de 2021 et nous continuons à traîner des problématiques de 2015 et 2016. Alors que nous devrions s’acheminer vers un consensus sur l’objectif unique le départ de SASSOU. Il est évident que cela semble très mal parti. Mais là où le bats blesse, c’est de voir les mêmes continuer d’accoucher les mêmes inepties qu’en 2016. Faut-il être magicien pour comprendre que nous ne gagnerons jamais cette bataille, si chaque leader s’entête à se présenter et la diaspora à vouloir proposer son propre candidat ? Surtout à savonner las actions des uns et des autres ….

Comment serait-il possible de nier aujourd’hui que les souffrances des Congolais ne pourront être apaisées que par l’effondrement d’un système politique qui les accablent par la mise en place d’un système qui les protégeront ?  Y a-t-il une opposition qui lutte effacement pour sortir le pays de l’engrenage suicidaire actuel ? Ce sont là des interrogations auxquelles une seule réponse nous semble appropriée. LE RASSEMBLEMENT.Or à chaque fois qu’on évoque le mot rassemblement , la traîtrise passe a la vitesse supérieure. Que voulons-nous réellement ?    ……

On ne guérira le Congo que par la démocratie chevillée au corps par une constance infaillible. La lutte politique, ce n’est pas une loterie. Si on en reste à faire à chaque fois des transhumances pour des raisons égoïstes, en ignorant la vie des Congolais, il n’y a plus de démocratie. Quand allez-vous comprendre que vous ne serez pas tous PRÉSIDENT ?  Il ne faut pas un seul instant oublier que Sassou et son clan ont juré de se débarrasser de tous ceux qui se mettrons au travers de leurs chemins. Ils ont pour ambition de perdurer au pouvoir en semant la désolation et la perversion au Congo.

Suis-je le seul à m’en offusquer ? Suis-je le seul à m’en indigner ? Il y a, dans cette opposition, toute confondue, des gens qui disposent des laisser passer confidentiel –bien pratique pour critiquer le pouvoir et bénéficier d’une certaine crédibilité  du peuple –  en pataugeant entre le deux eaux. Mais qui, sans honte ni vergogne, brandissent à la moindre occasion l’étendard de la honte , celui d’une entité évanescente hébergée sur un autre serveur, si l’on ose dire. Pire: ils s’attaquent à la moindre occasion à leur maître , leur peuple meurtri, par tous les moyens, y compris par  la violence pour servir leur vrai Maître.

Encore s’il ne s’agissait que de réclamer pacifiquement l’autonomie, comme ce  ressortissant du pool qui rêve d’une paix durable dans sa région ou une ressortissante de la Likouala qui grignotant son poisson fumé tranquillement sur le pas de sa porte aimerait être débarrassée des questions de politiques politiciennes . On pourrait s’en accommoder. Le citoyen candidat serait mieux écouté parce que le peuple serait plus proche de lui, la démocratie serait mieux adaptée aux conditions concrètes de chaque région, la démocratie locale en serait renforcée. Force est de constater. Qu’il s’agirait plutôt  de têtes brûlées qui créent des troubles, qui rameutent des étrangers mercenaires qui entraînent les populations désorientées au maniement d’armes chez les voisins pour semer la mort.

Notre opposition semble créer un comportement orienté vers un paradigme de traîtrise. Dès que celui-ci est assez important il assèche significativement la pensée libératrice et  sa vraie nature apparaît , remontant ainsi à la surface d’une certaine manière, les éléments les plus idéologiquement « toxiques » qui confectionnent l’imposture, la délation, le parjure, la désertion, le mensonge, l’infidélité, la corruption …. De plus,  on observe,  actuellement un évident effet pervers : la dévalorisation des anciens partenaires qui se trouvent fortement suspectés de déficit d’idées et de pénurie grouillant de personnels faillibles . Certains s’en inquiètent, non sans raison.  A la limite,  on entrevoit même  une forme de raillerie à l’égard des hommes qui ont tout sacrifié pour un idéal commun. Pauvre Congo !!

Pendant que la Mali peaufine sa révolution, le Congo-Brazzaville collectionne les traîtres. Une révolution des traîtres construite sur les décombres de celle de 2016, malheureusement corrompue et qui s’auto-trahisse naviguant de dérives dangereuses en ascensions impopulaires qui vont  certainement finir par une disgrâce grâce à la discipline et la fermeté du peuple congolais qui sait reconnaître ses vrais combattant de la liberté et de la démocratie. L’histoire nous le dira ….

Jean-Claude BERI

 

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