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Congo Brazzaville, Terre des Légendes. A jamais immortels, Les Bantou de la Capitale.

Congo Brazzaville, Terre des Légendes. A jamais immortels, Les Bantou de la Capitale.

 

Par    OUABARI MARIOTTI

OUABARI MARIOTTI

Depuis le retour tant souhaité et son élévation à la tête de l’orchestre Bantou de la Capitale, le talentueux artiste musicien Moutouari Kosmos est sur tous les fronts aux fins de redorer l’image de l’orchestre et préserver la magie artistique de ce patrimoine national que sont les Bantou.

Le tableau, ci-dessous, est une représentation des Bantou de la Capitale, en répétition, au domicile du Colonel à la retraite Ongotto, à l’OCH Moungali 3 Brazzaville.
Ami des Bantou, j’assiste à la répétition. Aux côtés des musiciens de l’orchestre, leur Chef de groupe, Moutouari Kosmos, préoccupé à imprimer sa marque aux productions de la formation.
Également présents à ce moment d’apprentissage artistique, le Porte Parole des Bantou, le Journaliste Médard Milandou et le Colonel Ongotto, propriétaire des lieux et l’un des dirigeants de l’orchestre.
Difficile tâche qu’est la répétition où s’active, en priorité, de par ses fonctions, Moutouari Kosmos. Il doit veiller sur l’interprétation juste de l’œuvre musicale. Faire de l’ensemble des musiciens une machine instrumentale qui exige de ses membres de l’attention, la discipline et de la concentration.
Une opération qui demande, par ailleurs, un travail collectif effectué par des musiciens qui n’ont en commun que le partage des mêmes horaires de répétition, d’un même espace exigu de production et des mêmes contraintes d’une courte pause pour une légère collation.
Les répétitions s’étalant de 11 à 17 heures, en semaine, du mardi au vendredi.
A l’avantage de Moutouari Kosmos, c’est un homme à forte personnalité. Charismatique. Bon organisateur pour amener, avec lui, un orchestre qui vient de loin, au passé traversé par des points d’ombre.
Avec son style propre, Moutouari Kosmos, d’esprit ouvert, a une écoute facile. Son tempérament non irascible détermine le caractère de l’interprétation que l’orchestre voudrait ressortir.
La considération, le respect et l’admiration que les musiciens des Bantou de la Capitale ont pour Moutouari Kosmos font de lui une personnalité musicale, ces temps ci, incontournable, pour la survie des Bantou, en arrêt depuis que les Congolais cohabitent avec les risques sanitaires dues au Covid 19.
Au stade où en sont les Bantou de la Capitale, leur avenir n’est pas tout à fait reluisant, même s’il devrait être salué la prise en main de l’orchestre par un comité dont Mr Maurice Nguesso en assure la présidence.
Il devrait être affecté aux Bantou de la Capitale, pour leur répétition, une concession publique bâtie. Plutôt que de les confiner dans une devanture étriquée de maison d’habitation, pour cette opération bruyante et encombrante, en raison du lot d’instruments qu’elle comporte.
Au Ministère de la Culture de s’approprier les valeurs du patrimoine national que constituent les Bantou de la Capitale. Capitaliser, dans l’intérêt du pays et pour la sécurisation des musiciens et leurs familles, le sens que symbolisent les Bantou pour la nation, depuis leur création, aux heures d’avant l’indépendance du pays.
Avec l’extinction progressive de l’ère des bars dancing, formule qui permet aux formations musicales d’engranger des fonds par la gestion de ces espaces de danse aux billets d’entrée, les ressources des musiciens s’amenuisent. Il ne reste de leurs recettes que l’édition des chansons par des supports numériques, avec ce qu’ils comportent de marché précaire, pour des formations sans aura internationale.
Reste, comme moyens de survie, pour les Bantou de la Capitale, les voyages culturels et les productions à l’extérieur ainsi que les invitations par les organismes privés, moyennant contrat.
Encore faudrait il que des occasions rentables s’y présentent.
Heureusement qu’ils sont une Légende, les Bantou de la Capitale. Ils résistent aux épreuves. Comme les ont affronté les générations des musiciens disparues de la lignée des Jean Serge Essous, Nino Malapet, Nganga Edo, Saturnin Pandi, Pamelo Munka, Nkouka Célestin, Lambert Kabako, Taloulou Alphonse, Gilbert Abangui et autres qui nous ont quittés.
A jamais, immortels,
Les Bantou de la Capitale .
Brazzaville 15.09. 2021
Ouabari Mariotti

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