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Congo-Brazzavillle :   Le « super ministre des Finances » ou le ministre des finances,  qui gère le trésor public ?

Congo-Brazzavillle :   Le « super ministre des Finances » ou le ministre des finances,  qui gère le trésor public ?

 

Par Jean Claude BERI

Jean-Claude BERI

Au lendemain de la proclamation de ce gouvernement nous avions tiré la sonnette pour dire que celui-ci n’apportera pas ni la rupture, ni le changement escompté. Ce n’était qu’un tour de passe comme aime bien se moquer des Congolais, Denis SASSOU NGUESSO. Tant que le Clan continuera à gérer en coulisses les affaires de l’Etat, aucune institution n’aura les mains libres pour mouvoir sa politique de redressement du pays. Lorsqu’un ministre essaie de faire évoluer une institution, ici le cas du Trésor public, les « vrais gestionnaires sortent de l’ombre » et imposent la continuité du système défaillant.  Albert NGONDO a-t-il raison d’exiger  le maintien de l’encaissement par le trésor de toutes les recettes publiques au détriment des guichets uniques valorisés par le ministre des Finances.

Sans être expert en économie financière et recette, il me semble que toutes les recettes et encaissement publique de l’état doivent converger vers le trésor public. Les guichets uniques ne sont pas des comptes bancaires. Toutes les recettes de l’État doivent passer dans le compte unique du trésor (CUT) logé à la BEAC. Il a donc raison d’exiger cela.

Pour beaucoup d’entre nous, le Trésor Public s’occupe du recouvrement d’une partie de nos impôts. Les autres activités de cet organisme sont souvent méconnues, voire inconnues et souvent confondues… Il s’agit des recettes perçues au profit :

  • De l’Etat, à savoir les recettes fiscales, non-fiscales et les amendes
  • Des collectivités locales, à savoir les recettes fiscales et non-fiscales diverses

Mais là où le bât blesse, c’est que Albert NGONDO est à la tête de cette institution depuis trop longtemps et ses comptables et subordonnés (receveurs, percepteurs, directeurs départementaux du Trésor, régisseurs…) sont tous à la solde de ce dernier. Ils lui obéissent au doigt et à l’œil. Tous les recouvrements que font ces agents subissent un traitement parallèle dans une opacité qui inquiètent nombre de ministre des Finances qui se sont succéder à la tête du ministère.

C’est un problème que tant de ministres de finances se sont heurtés à l’influence du « super ministre des finances Albert NGONDO » . Faut dire que l’homme n’agit pas seul, il a le soutien de toutes les fortes têtes du clan à commencer par le premier fouteur de merde SASSOU NGUESSO.

Cette divergence de vue commence à pénaliser les contribuables dans leur quotidien. Car pour imposer sa loi Albert NGONDO à exiger de ses agents de ne plus délivrer des quittances ou déclarations de recettes, tant que le versement des fonds publics ne se feront pas dans les comptes du Trésor public. Conséquence, les patentes 2021 ne plus délivrées aux contribuables. Difficile pour eux d’effectuer des opérations d’importation ou de demande de Visa pour se rendre à l’étranger par exemple pour les commerçants. Un premier ministre qui mange dans la même casserole que les fossoyeurs de la république et qui joue à l’autruche pour ensuite se remettre à l’appréciation de son maitre SASSOU NGUESSO ne sert à rien

Dans ce contexte comment peut-on parler de la restauration de l’autorité ni encore de l’efficacité des ministres en charge de reformer le fonctionnement des institutions défaillantes ? On est bien là en plein dans la continuité de la bouillabaisse clanique

On nous a ressassé tout le bon discours sur le développement autocentré et auto-dynamique, sur l’économie inclusive, de lutte contre les antivaleurs, de villages agricoles, de la restauration de l’Etat etc ,  tout cela, pour nous ramener à l’hégémonie d’Albert NGONDO au trésor public.

Le Premier ministre le sait pertinemment qu’il se trouve à un poste incommode  entre ce qu’il annonce au peuple  et ce qu’on lui exige en coulisse par les vrais détenteurs du pouvoir. Il est payé pour supporter les regards malveillants braqués sur lui désormais. Même ceux qui ont volé dans les gouvernements précédents vont être ses contempteurs moralistes, ses plus féroces pourfendeurs sur le terrain de la restauration de l’autorité de l’État.

Tant que perdureront la gabegie, la corruption, l’impunité, le culte de la paresse et de l’inefficacité rien de positif ne sortira de ce gouvernement qui en réalité travaille pour autre chose que pour le développement du Congo.

 

Jean Claude BERI

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