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COUPS D’ÉTAT EN AFRIQUE : QUEL REGARD, QUELLES LEÇONS ?

COUPS D’ÉTAT EN AFRIQUE : QUEL REGARD, QUELLES LEÇONS ?

OLEG FABRICE KIESSILA (OFK)

 

A la lumière de l’actualité du Mali qui alimente plus d’une conversation à travers la planète, il se dégage clairement que le monde noir a encore du chemin à parcourir dans les travées de la stabilisation de ses États pour le seul bonheur des peuples.

Comment applaudir un coup d’Etat lorsqu’on est amoureux de la démocratie ? Je suis d’une aversion sans faille quant à la pratique de coups d’Etat ou que ce soit, de quelque forme que ce soit. Je m’insurge contre les coups d’Etat. Je les condamne. Je crois que ce n’est jamais le meilleur moyen d’opérer une rupture en faveur d’un changement positif. A ce stade, il faut dire qu’il existe plusieurs formes de coups d’Etats. Les réformes anticonstitutionnelles permettant à certains présidents de briguer un énième mandat anticonstitutionnel, les troisièmes mandats de certains présidents, la manipulation des résultats d’élections présidentiels…. C’est plutôt la preuve d’un état de fait de barbarie, et d’un état d’inachevé d’un processus, d’une société primitive dépourvue de toute capacité de se surpasser. Au vu de la réalité, il me semble opportun de dire que l’Afrique n’a pas réussie sa mue en dehors de quelques d’exception. En toute certitude, depuis la fin du système colonial ou colonialiste dans les années 60 dans le monde de l’Afrique francophone jusqu’à nos jours, il est triste de constater qu’aucun pays n’a pas réussi à opérer sa mue. C’est irréfutable.

En tout état de cause, le départ des colons, au lieu de booster les africains dans la philosophie fixée par les affres subis par les peuples ayant endurés tant de mépris et de souffrances pendant la longue période d’occupation avec des conséquences désastreuses, au contraire, les nouveaux dirigeants ont vite déchanté. Au quart de tour, ils vite oublié l’essentiel des combats de libération, des luttes contre l’oppression, des sacrifices de nos aïeux, pour de passer de l’autre côté sombre de du tableau. Ils n’ont rien fait pour se hisser au niveau des espérances des peuples. Le champ laissé libre par l’impérialiste combattu, a suscité, malheureusement entre les peuples des convoitises. Ces convoitises ont fait naître à la surface, des querelles intestines. La motivation principale est la lutte acharnée du pouvoir au profit non pas de l’Etat, mais plutôt de l’ethnie. C’est le départ de la théorisation du tribalisme dans la plupart des de ces pays à peine libérés du joug de la colonisation.

Très vite ces querelles partisanes constitueront dès lors des foyers de tension qui participent depuis soixante années la cause principale de l’instabilité et de la casse sociale dans ces pays. La volonté de contrôler le pouvoir au détriment de l’intérêt général, au profit du clan, de la tribu ou de la région, dans une sorte de superposition du pouvoir et de l’ethnie, entraine véritablement l’émergence des groupuscules d’influence qui travaillent à matraquer toute éveille de conscience. Cette situation renforce l’idée des divisions qui enfonce les peuples dans l’incapacité dans la certitude que rien ne peut se faire en Afrique. C’est ce à quoi nous assistons depuis toujours : une forme de fatalisme inconscient dans l’âme de l’Afrique empêche toute volonté de puissance. Il faut entendre dire les peuples : l’Afrique est maudite par ci, l’Afrique ne va pas changer par là. Tout semble foutu. Chaque personne qui arrive au pouvoir ne fait rien pour servir son pays même lorsqu’il proclame profondément l’aimer et vouloir se mettre au service du pays. On a l’impression que ces présidents une fois au pouvoir, sont broyés par la frénésie du pouvoir qu’ils ne pensent qu’à une chose : comment le conserver. Cet état d’esprit donne raison aux peuples de ne pas croire à leurs dirigeants et de privilégier le chaos afin de tenter de remettre l’ordre. C’est ce qui se passe au Mali actuellement. C’est ce qui pourrait se passer en Côte-D’Ivoire, en Guinée Conakry ou encore au Congo Brazzaville où les présidents ont tout fait, au mépris de leurs institutions, et de l’ordre constitutionnel, de briguer un troisième mandat en chamboulant les constitutions. Ce qui est une réalité régressive.

Malgré la volonté d’aller vers une gouvernance basée sur le respect des principes de démocratie, l’Afrique patauge. L’Afrique n’avance pas. Elle stagne. Elle recule. Elle s’enfonce. La démocratie n’est plus que jamais un leurre, une utopie. Dans ces Démocraties, il n’y a rien de démocratique. Les présidents prétendument démocrates, soucieux de l’avenir des pays, des peuples, font tout le contraire lorsqu’ils sont investis des pleins pouvoirs. Ils se maintiennent au pouvoir au mépris des peuples. Ils changent les constitutions pour leur permettre de se maintenir au pouvoir. Ils traficotent les élections pour se détourner de la volonté des peuples selon les règles et les principes de la démocratie. Ils font croire à la communauté internationale qu’ils ont raison, les seuls capables à gérer les compatriotes qui n’hésitent pas à présenter comme dès incapables voire des barbares. Ils trouvent toutes les raisons du monde pour demeurer au pouvoir. Ils abreuvés certains esprits concentriques que la démocratie n’est pas universelle. Que la démocratie s’adapte aux cultures. D’où, ils parlent de « démocratie Africaine ». La preuve, le président congolais, Dénis Sassou Nguesso, lorsqu’il était à l’opposition parlait de défendre la démocratie par tous les moyens. Mais depuis a conquis le pouvoir, tout à changer. On ne sait pas si le Congo doit être cité comme un pays à démocratie tant il est vrai que ce qui se fait est au contraire justement au fonctionnement de la démocratie.

Aujourd’hui, au Mali malheureusement c’est la tristesse.

A notre époque, on ne devrait plus assister à ces scènes d’une époque lointaine. Le peuple n’a pas été écouté et lorsque les institutions ne sont pas fortes, nous ne pouvons pas éviter l’hécatombe. Le coup d’Etat est là.

La communauté internationale est à géométrie variable. Elle ne défend jamais les vraies causes. Elle agit en fonction de ses intérêts. D’un coup elle soutient les putschistes contre les institutions légales, le cas du Congo Brazzaville en 1997, de la Côte -D’Ivoire du président GBAGBO, en Syrie… D’un autre coup, elle soutient la légalité, c’est le cas du Mali. Il va donc de soi que la communauté internationale revoit sa politique. Elle devrait avant tout se pencher sur les besoins des peuples car la légalité est faite par le peuple et non contre le peuple. N’est-ce pas que la démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple ? C’est lui qui a le dernier mot, et c’est à lui qu’on devrait se tourner a chaque fois la problématique est posée. Car les institutions en Afrique ne sont faites que pour la volonté du Principe capricieux qui manipule tout. Et lorsqu’il y a une révolte soutenue par le peuple, à chaque fois nous devons aller dans cette direction car le peuple, pris au piège par un système dit démocratique ne peut plus imposer sa volonté, il ne lui reste plus qu’un seul moyen pour rétablir son autorité : c’est le chaos, la révolte, le soulèvement populaire. Renverser ces régimes rigides contre le peuple est le seul moyen de se séparer des démocraties sous emprises de la dictature.

On ne peut pas reprocher à un peuple de se battre pour son autonomie. La CEDEAO, L’UA, L’ONU, l’UE, et consorts devraient revoir leurs positions.

   OLEG FABRICE KIESSILA (OFK)

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