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« Deux mesures pour diversifier l’économie congolaise »

Illustration toile de l’artiste Peintre Odei Green Nyamekye « Ballade des Idées »

« Deux mesures pour diversifier l’économie congolaise »

Par   Verlin Richard

 

Verlin Richard

L’attention portée sur la diversification économique devrait passer du discours aux actes. Le Congo à certains égards, dispose aujourd’hui, du point de vue de l’exigence, du cadre du climat des affaires, des outils permettant de promouvoir le secteur privé. Comment l’Etat congolais devrait il diversifier son économie ? Cette question soulève la problématique du soutien de l’Etat dans la promotion du secteur privé, et renvoie à s’interroger sur le climat des affaires, et sur le soutien financier de l’Etat.

Sur le climat des affaires, si l’on considère que le cadre du climat des affaires existe, et qu’il doit être amélioré puis renforcé, afin que celui-ci favorise l’intégration des activités informelles vers le secteur formel. Il reste alors le soutien financier que l’Etat devrait apporter pour booster le secteur privé. Mais, la situation financière du Congo, en cette année 2021 est très difficile, et elle le sera encore davantage avec le refus du FMI qui maintient la suspension de la facilité élargie de crédit (FEC), et refuse d’accorder une aide d’urgence au Congo.

Devant cette nouvelle donne, l’Etat devrait trouver d’autres sources de financements internes pour soutenir la promotion du secteur privé, et donc la diversification de l’économie. Le Congo pourrait tirer profit en cette année 2021, de la reprise économique mondiale. Le FMI vient de rehausser ses estimations : les États-Unis devraient connaître une hausse de leur PIB de 6,4 % en 2021, soit la plus importante depuis une quarantaine d’années.

De leur côté, la Chine pourrait atteindre, toujours selon le FMI, 8,4 %, et l’Inde 12,5 % (chiffre à pondérer selon les conséquences de la pandémie Covid-19). Cette reprise économique mondiale tire donc les prix des matières premières à la hausse (cuivre, aluminium), et le pétrole.

S’agissant du pétrole, l’OPEP a décidé le 21 avril 2021 d’ouvrir les robinets à partir de mai. La production mondiale du pétrole pourrait passer de 92,3 millions de barils (prévision janvier 2021) à 99,7 millions de barils à la fin de l’année. Et, Goldman Sachs prévoit d’ailleurs un baril à 80 dollars, contre une soixantaine aujourd’hui. Si cette hypothèse se confirme, alors, cela offrirait à l’Etat congolais des recettes budgétaires inattendues.

Mais, cette tendance à la hausse du prix de pétrole ne serait que de court terme. En effet, à plus long terme, toutefois, l’horizon du pétrole est un peu sombre. Et, cela à cause des accords de Paris, signés en 2015. Ces accords vont conduire les pays à réduire leur consommation d’énergie fossile pour atteindre la neutralité carbone. Le pétrole, évidemment, en pâtira.

Pour bien saisir la problématique de l’apport de l’Etat congolais pour soutenir les entreprises existantes ou en création, il serait utile de considérer, au cas où l’hypothèse des recettes pétrolières « inattendues » se réalise, que L’Etat oriente ces recettes pétrolières supplémentaires aux financements de la diversification de l’économie.

Nous présentons ici, deux mesures à adopter pour soutenir cette diversification de l’économie :

1- Renforcer la structure de l’endettement des entreprises congolaises : Il s’agit ici de renforcer les fonds propres. Tous les Congolais s’accordent à dire que l’accès au crédit bancaire est difficile au Congo. Or, la meilleure façon pour un emprunteur de faire accepter un crédit “difficile” est d’accompagner sa demande d’un projet d’augmentation des fonds propres.

2- Adopter une politique consistant à sauvegarder la LIQUIDITÉ, et à soutenir la SOLVABILITÉ des « entreprises viables », c’est-à-dire celles jugées capables de survivre à terme sans le soutien des finances publiques.

L’adjectif  » viable » est pris ici à dessein, car l’Etat congolais ne devrait pas secourir les entreprises dites « zombies », dont la rentabilité est compromise sur le long terme et où la survie ne dépend que de la mansuétude des soutiens publics.

Ces deux actions permettraient de placer les banques au cœur du financement des entreprises au Congo, de favoriser l’inclusion financière et conforter l’intermédiation bancaire.

Verlin Richard

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