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Il faut faire aimer la République !  

Il faut faire aimer la République !

Par

Félicien Wilfried DIABELO KIVOUVOU,

Personnalité Politique – Président de la Conscience Libre –

 

« A l’intrépide qui s’éprend de magnificence,
Tel un géant révélé à l’œuvre de la providence,
Qu’il brille de volonté de vaincre en lui le vieil homme désaffecté,
Apprenez, pratiquez jusqu’à ce que vous deveniez la meilleure version de vous-même !
Gagner des Peuples à la raison, et capter  des Cœurs à la Patrie,         
Vous mériterez la noblesse du sacerdoce digne d’un serviteur dévoué.
Tout à l’honneur des femmes et des hommes Valeureux, qui se donnent
avec abnégation, dépensant leur vie sans compter, et fructifient l’indispensable sentiment de fierté nationale.
Tout à l’honneur des femmes et des hommes Valeureux, qui se donnent avec abnégation, dépensant leur vie sans compter, et fructifient l’indispensable sentiment de fierté nationale. »

 

Félicien Wilfried DIABELO KIVOUVOU,

La délinquance idéologique, parée de nouveaux habits de la pensée unique de retour, refait surface. Une meute en furie s’emploie, dans un déchainement hallucinant, à masquer d’un écran d’épaisse fumée chaque écrin de vérité qui se fait l’écho du triste destin des gens d’ici, appartenant à un pays voué aux gémonies, parce que très pauvre, très endetté, et sans réelle perspective.

Dans l’entre-soi des rouages d’appareils, où élus, commis et carriéristes du gotha, charriant des masses d’excités dans leur transhumance endiablée, les métastases de la misère d’une société étranglée de toute part, la vraie vie, celle de la multitude, s’effacent comme par enchantement, sous la férule du pilonnage médiatique subit et contraint.

Les esprits honnêtes doivent à la vérité de reconnaitre que le Congo en est encore à se défaire des désordres et des violences aux relents de séparatisme ethnique qui jalonnent son parcours depuis les soubresauts politiques des premières heures de l’indépendance jusqu’à la déflagration de la transition démocratique. Un épisode long de plus de deux décennies, sans doute le plus tragique de notre petite histoire d’Etat souverain. Le prix qu’il a fallu payer est lourd. Il est à la mesure des rancœurs que les principaux protagonistes n’ont eues ni le courage politique ni la grandeur d’esprit de solder, avant l’enlisement.

L’insécurité chronique dans le pays avec son point d’orgue, la destruction organique de la région du Pool ; le verrouillage des dispositifs électoraux aux fins de confiscation de l’alternance démocratique ; le malaise général nourri de suspicions complotistes et de méfiance communautaire, sont autant de conséquences dont les effets inhibiteurs démobilisent les forces vives dans les domaines sociaux, économiques, voire culturels,

Ainsi, les politiques publiques ou les tentatives de projection économique et sociale, d’aménagement de nos villes, de transformation de nos campagnes, se sont-elles révélées et restent des initiatives si non inadaptées, du moins inachevées.

Il est encore temps de regarder notre réalité en face, et de se rendre compte qu’elle est médiocre. A nous de la dépasser avec courage, et d’envisager un Nouveau Pacte qui nous correspond, qui ressemble à nos désirs de progrès. Ce sont des choix conscients, courageux, intelligents, réalistes, qui prennent racine dans les traits sociologiques de nos sociétés, dans ce qu’elles ont d’éléments de modernité, compatibles aux besoins et aux exigences de notre époque.

Il est bon de rappeler à celles et ceux qui jouent de la République comme on joue au billard, que le Congo n’est ni un don de la providence, ni une œuvre achevée. C’est un fait historique, un processus, une dialectique. Il procède de la Pensée, de la Volonté, du Pouvoir et de l’Action de l’Homme. Notre claire conscience de l’histoire et de la nécessité de forger sur un territoire, un peuple mû par l’ensemble des forces tangibles et immatérielles qui le constituent, nous détermine en conséquence.

Nous ne sommes encore qu’une somme d’individus, un enchevêtrement de grappes d’ethnies, pas une Nation de citoyens.

Le problème congolais, en plus d‘être institutionnel, dénote de l’ambiguïté qui met en exergue l’ambivalence culturelle et mentale des modèles de représentations qui déterminent les choix politiques.

Au Congo, être Républicain-Démocrate, de Gauche ou de Droite, Conservateur-Socialiste, Socio-Démocrate… est peut-être légitime, mais n’en demeure pas moins un vernis de pacotille, un luxe de fioritures. On laboure le champ des considérations politiques fondamentalement sur une ligne de division Nord et Sud.

Il y a lieu d’observer, sans esprit retord, que notre chère République est percluse de fractures. Elle souffre de multiples vulnérabilités, de contentieux non résolus, de non-dits.

Les lois, la contrainte institutionnelle, seules, n’y feront rien.

Encore, faudrait-il qu’émerge, une génération d’acteurs conquérants, mus par une volonté de vaincre les démons de la division et de l’exclusion, dotés d’une vision alternative des finalités du pouvoir. Ces gens-là existent dans la société. A eux de se révéler, le cœur à l’ouvrage. A la société de les élever dans la lumière de l’action à son service !

Aussi, devront-ils s’assurer de la castration à la racine, des comportements mystico fétichistes d’un autre âge, des avatars psycho culturels, survivances de certains archaïsmes d’anciennes sociétés traditionnelles inadaptés aux contraintes d’une république constitutionnelle.

La violence organique de l’action publique est symptomatique d’une culture totalitaire de la gestion du pouvoir d’Etat par les régimes successifs, sans exception aucune, que le pays a connu.

Avant qu’il ne soit trop tard, ne faudrait-il pas convoquer à la table du débat public, cette question presque taboue, et pourtant présente dans tous les esprits, celle de la coexistence Nord-Sud dans son acception politique. La République gagnerait à en percer l’abcès. Le sujet mérite un traitement à la mesure de la réalité qu’il recouvre, afin, dans le même temps, d’en extirper les fantasmes qui l’alimentent.

Autant de situations que d’incongruités qui nous empêchent de faire Nation.

Il y a des batailles à mener, collectivement, pour donner corps à des formes concrètes de la présence de l’Etat ou de la République dans le quotidien de la vie de chacun.

S’il y a un avenir pour un Congo uni, il le sera dans le cadre d’une République qui tient ses promesses… Notre avenir repose dans notre capacité à bâtir un Etat stratège, mieux organisé à Protéger, à Planifier et à Développer.

Inscrire au cœur du consensus national, la volonté politique d’un Patriotisme sans limite, pour aider la Nation à tirer le meilleur parti de ses ressources ; Déployer l’ensemble des moyens régaliens (défense, diplomatie, finances, recherche, éducation) afin d’assurer nos intérêts vitaux, face au péril que diverses menaces font courir au pays. C’est l’Etat stratège !

Faire émerger des décombres de la balkanisation identitaire une citoyenneté responsable et, permettre à chacun (e) de se sentir chez lui (elle) partout sur le sol national, rendre tous égaux devant la loi, constituer des forces de défense et de sureté dévouées et au service d’une vraie Nation de citoyens, réconciliés. C’est l’Etat protecteur !

Affecter l’ensemble des moyens mobilisables ou disponibles, avec une articulation intelligente des savoirs et des savoir-faire, adossée à un savant réglage institutionnel favorable à l’éclosion du génie collectif… à l’impulsion d’un mouvement d’ensemble, aux finalités nobles de progrès et d’émancipation.  C’est l’Etat qui développe !

Sauf à se résoudre de renverser la table de la République, il faut panser les plaies ouvertes de la société pour libérer les énergies. La macro économie assainie, les circuits économiques remis en ordre, devront engendrer des effets d’opportunités. La vie sociale s’en portera mieux. Le génie culturel d’un peuple aux talents multiples et notoires, qui en a tant donné à l’Afrique et au monde devrait retrouver ses lettres de noblesse, la fierté nationale et la dignité restaurées.

Il faut faire aimer la République !

La République sera aimée si seulement elle parvient à la fois, à faire œuvre de Justice à l’égard de tous ses enfants, et à démontrer qu’elle peut aider chacun à construire sa vie. Il s’agit de faire entrer la République dans le concret de nos vies. La République se doit d’être présente partout, et d’apporter les services publics essentiels là où ils sont attendus. Elle doit offrir les meilleures conditions d’exercice des Libertés, de promotion de l’égalité, de l’égalité des chances, et de garantir à toutes et à tous le droit légitime au bonheur.

Il faut faire aimer la République !

La République doit pouvoir permettre l’émancipation de la jeunesse et s’assurer de ne pas la traiter comme une statistique ou encore des consommables des stratégies de conquêtes politiques. Les jeunes veulent apprendre. Ils veulent faire, ils veulent l’excellence, ils veulent qu’on leur donne la possibilité de réussir.

Il faut faire aimer la République !

La République est une réussite quand elle porte l’ambition d’une société congolaise capable d’affronter les défis d’un monde toujours plus complexe, aux évolutions incertaines.

Partout où la République ne donne plus d’avenir, on peut comprendre que ses enfants ne l’aiment.

Les choix eronnés d’hier et d’aujourd’hui sont des fardeaux pour les générations futures. Le seul héritage qui vaille, pour elles, n’est ni dans la démesure narcissique et égoïste des dirigeants, ni dans la haine communautaire dangereusement entretenue, mais dans l’amour de la patrie.

Le Congo seul est la priorité.

A Brazzaville, le 18 mars 2021,

Félicien Wilfried DIABELO KIVOUVOU,

Personnalité Politique – Président de la Conscience Libre –

(Fé Wil Dia Kiv)

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