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La guerre en Ukraine et les enjeux géostratégiques en Afrique et le Bassin du Congo.

TRIBUNE LIBRE : La guerre en Ukraine et les enjeux géostratégiques en Afrique et le Bassin du Congo.

Par Guy MAFIMBA MOTOKI

Guy MAFIMBA MOTOKI

Le président français Emmanuel Macron entame une visite officielle le 25 juillet au Cameroun dans le cadre d’une tournée africaine qui devrait l’emmener à Cotonou et Niamey. Pressenti dans l’agenda, Brazzaville aurait été zappé dans l’agenda du président français.Simple coïncidence ou cynique agenda diplomatique concocté entre Moscou et Brazzaville dans le but de parasité la visite Emmanuel Macron, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov sera l’hôte de monsieur Denis Sassou Nguesso à Oyo à la même date.

Pour mémoire, durant toute la période ayant consacrée la guerre froide Est / Ouest, le continent africain post-indépendance en général, l’Afrique francophone en particulier a été remodelé en fonction des modèles de gouvernance politique soviétique, donc autocratique d’un côté, les rares pays francophones tel le Sénégal ayant opté pour un pluralisme politique démocratique.

Le Congo-Brazzaville, jadis la République populaire du Congo s’étend positionné dans le bloc soviétique dès 1963. Denis Sassou Nguesso incarnant cette imposture communiste, en réalité, l’histoire tragique du Congo-Brazzaville nous enseigne présentement qu’il demeure le véritable  »valet local de l’impérialisme français ». La France ainsi que la multinationale Elf-Aquitaine ont été durant toute cette période d’imposture communiste le principal partenaire bilatéral du régime de Sassou Nguesso.

Big-bang géostratégique, l’Afrique théâtre d’un affrontement géostratégique

L’histoire nous enseigne que les crises internationales constituent des ruptures historiques, induisent et impactent des alliances et contre-alliances, des changements de paradigmes, le tout dans dans un conflit systémique avéré.

En 1990, les effets conjugués de la Perestroïka et la Glasnost ont précipité la chute du mûr de Berlin ainsi que les régimes autocratiques satellites du bloc soviétique dont le Congo-Brazzaville ; imposant par la même occasion un changement de paradigme par François Mitterrand à travers le discours de la Baule rédigé par Erik Orsenna le 20 juin 1990 dans le cadre de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France au quelle étaient invités 37 pays africains. En conséquence, la France s’est vu imposée la  »géopolitique des populations », notamment une jeunesse africaine dynamique et consciente dont les aspirations à la liberté, la démocratie et le bien être social étaient non négociable.

La guerre d’Ukraine, à savoir la  campagne militaire déclenchée le 24 février 2022 sur ordre du président russe Vladimir Poutine dans un monde d’interactions globalisées et instantanées, l’onde de choc de la guerre a rapidement gagné tous les continents dont l’Afrique. Ceci constitue une rupture historique majeure au cœur de l’Europe. Trois conséquences majeures susceptibles d’affecter le système relationnel et stratégique africain peuvent être retenues :

*** A la logique de la force qui a régné jusqu’en 1990, la communauté internationale à travers plusieurs instruments juridiques (traités, conventions etc..) à pu soumettre les rapports internationaux au règne du droit. Il sied de noté que depuis l’effondrement de l’URSS, le nombre de guerre a été revu drastiquement à la baisse. Ne disposant pas des mêmes leviers de puissance que les grandes puissances, les intérêts des pays africains se trouvaient naturellement mieux protégés dans le cadre d’un système basé sur le droit que dans un système fondé sur les rapports de force. Or, l’invasion de l’Ukraine par la Russie constitue un point de rupture dans le processus de légitimation de l’action extérieure violente des États par la référence au droit.

Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères russe

Denis Sassou Nguesso qui accueille Sergueï Lavrov le ministre des affaires étrangères saura inscrire au menu de leur échange ces risques de vision hégémonique légitimée par la Russie présentement ?

*** Les conséquences géo-économiques de l’invasion de l’Ukraine par la Russie se posent en terme de sécurité alimentaire. En effet, depuis le déclenchement de la guerre, les prix des céréales et des produits énergétiques ont connu une envolée spectaculaire dans les marchés africains. Une  »inflation importée » qui fragilise davantage des économies de rente déjà abîmées par les conséquences de la pandémie Covid. Aussi, les risques de soulèvements populaires, immigration clandestine et pauvreté exponentielle, bref d’instabilité politique s’accroissent.

Denis Sassou Nguesso saura poursuivre le plaidoyer de Macky Sall parti  »mendier » le secours de Moscou pour éviter la famine en Afrique ?

*** L’Afrique théâtre d’affrontement potentiel entre puissances dominantes. De la FrançAfrique à la ChinAfrique en passant par la RussiAfrique ; l’Afrique francophone, le Congo-Brazzaville pris en otage par des dirigeants dépourvus de vision géostratégique se présente comme une proie facile, instrument des alliances et contre alliances, scellées au gré des intérêts non des peuples, plutôt des autocrates et kleptocrates, nostalgiques des Parti-État soviétiques.

Est-ce Denis Sassiou Nguesso le  »valet local de l’impérialisme français »,  »l’imposteur communiste » ou  »le panafricaniste défroqué » qui sera en face du ministre russe Sergueï Lavrov ?

Le mirage RusiAfrique ou la posture émotionnelle noire !

La cartographie des votes de la résolution de l’ONU du 2 mars 2022 condamnant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, fait de l’Afrique le continent le plus fragmenté puisque 29 pays ont voté en faveur de la résolution, 16 se sont abstenus, 8 n’ont pas pris part au vote, l’Érythrée ayant voté contre la résolution. L’Afrique, le Bassin du Congo singulièrement, apparaît incapable de concevoir une politique extérieure commune. Nostalgique des grands hommes d’État tels Julius Kambarage Nyerere, Marien Ngouabi, Sekou Toure ou Gamal Abdel Nasser qui avaient une capacité de s’aligner ou pas en fonction des intérêts du continent, cette crise internationale majeure peut marquer un tournant en notre capacité de forger notre destin

A ce titre, la concomitance des visites d’Emmanuel Macron au Cameroun et celle de Serguei Lavrov au Congo-Brazzaville dans un contexte de conflit systémique à travers la guerre en Ukraine met à nu le stratagème des  »Démocratures » francophones qui consiste à recycler le modèle soviétique de gouvernance rejetée par les jeunesses africaines en 1990.

La RussiAfrique peut constituer l’axe du mal qui conforte les dynasties tyranniques au Congo-B, les dictatures en Afrique francophone sous prétexte de lutte contre l’ogre FrançAfrique.

En vérité, Denis Sassou Nguesso tente de faire mentir le proverbe laotien, « quand deux éléphants se battent, ce sont les fourmis qui meurent ». Celui-ci arrivé au pouvoir comme  »valet local » de l’impérialisme continue à surfer à travers des alliances et contre alliances géostratégiques afin de conforter sa tyrannie au Congo-B.

Denis Sassou Nguesso a conquis le pouvoir et revenu par les armes avec la complicité de la FrançAfrique (1977, 1997). Toujours dans ce registre, les leaders panafricanistes tels Thomas Sankara, Laurent Gbagbo ont été  »neutralisés » avec la bénédiction de Brazzaville. Sa duplicité lors de l’adoption de la résolution de l’ONU en Libye n’est plus à démontrer. Denis Sassou Nguesso s’autoproclame  »panafricaniste » tout en servant de base arrière politique dans la déstabilisation de ses voisins centrafricains, aujourd’hui RDC voir Angolais. Son protégé Alassane Ouattara est devenu le facteur de déstabilisation en Afrique de l’ouest francophone pour servir la FrançAfrique.

Le même Denis Sassou Nguesso s’empresse de venir mendier auprès de Paris et Emmanuel Macron afin de sauver un pays qu’il a méthodiquement ruiner. Le FMI est appelé à la rescousse, comme si les USA n’étaient pas l’actionnaire principal de cette institution financière internationale.

Une duplicité légendaire et récurrente qui doit interpeller les autorités françaises, le président Emmanuel Macron en particulier. Mieux vaut perdre un  »valet local » que de perdre à terme un partenaire géostratégique historique, la France pays de liberté et des droits de l’homme, valeurs et principes dont aspirent le peuple congolais notamment sa jeunesse.

Aux  »panafricanistes » et autres congolais qui font du président Vladimir Poutine le prétendu  »libérateur » de l’Afrique des tyrans oppresseurs de leurs peuples : convoquons l’histoire et interrogeons nous sur nos valeurs communes !

Guy MAFIMBA MOTOKI

Opposant politique au régime de Brazzaville

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