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Le bal de la bêtise.

Le bal de la bêtise.

Par  GRACIAS DUNN

Pour comprendre ce bal, il faut revenir un petit peu dans une philosophie du chef : sauvons-nous, nous-mêmes ! Cette pensée pourtant noble, qui invite aux efforts collectifs pour trouver des solutions, peut de façon quelque peu détournée commander à se sauver soi-même. Alors cela donnerait : sauve-toi, toi-même.

Si dans certains cercles philosophiques, il est appris à l’homme de conquérir sa liberté individuelle pour la mettre au service du collectif. Il ne faut pas s’étonner que ce principe soit dans la vie pratique détournée pour qu’il aboutisse à ceci : conquérir sa liberté individuelle en utilisant le collectif.

Dans cette approche les choses sont simples. Il faut être du moins à l’initiative sinon être l’élément visible de l’initiative. Ensuite, il faut se fondre dans une foule creuse, riche d’obscurantisme et aux revendications primaires. Enfin, il faut exciter leurs passions les plus basses et avoir un discours minimaliste.

Dans cette mécanique, l’initiateur se doit également d’être acteur ; alors, il faut danser et crier. Pour l’acteur qui danse, l’exigence est simple, qu’il soit doué, c’est-à-dire d’avoir soit un coup de reins magique et sophistiqué, soit un coup d’épaules agréable et, pour le crieur, il doit crier fort et très fort.

Dans le cas du premier, il faut que le coup de reins ou le coup d’épaules, remonte aux yeux de ceux qui décident. S’il plait. Alors tout est possible. On devient soit ministre, soit député, etc., et pour le crieur, c’est pareil, les cris doivent parvenir quelque part pour que vienne la récompense.

Et dans ce spectacle nauséabond, le Congo des compétences meurt, le Congo lui-même agonise, l’horizon des jeunes s’assombrit, les vieux meurent de douleurs morales dans un pays qui n’offre plus que bêtise et comédie.

Après la guerre, il fallait récompenser les guerriers ; aujourd’hui le curseur est placé sur un semblant de renouvellement qui suppose la jeunesse ; alors on pistonne celle qui danse et qui crie. Danser et crier, voilà deux voies du salut au Congo, alors danser et crier chers ami(e)s !

Lyon, 20/01/21

GRACIAS DUNN

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