DIASPORA, Editorial, Politique, Société

Le Congo n’a pas besoin d’un premier ministre.

Le Congo n’a pas besoin d’un premier ministre.

Par   Jean-Claude BERI

Jean-Claude BERI

C’est dans toutes les langues et les discussions des Congolais qui ironisent sur la quête d’un sauveur de premier ministre d’un Congo verrouillé par la politique tribalo-Clanique que mène SASSOU depuis son retour sanglant animent les causeries . Ce n’est faute de personnalités compétentes capable de mener les réformes qui s’imposent, mais plutôt personne ne veut patauger dans cette marre de boue, de corruption et surtout dont le commanditaire de cette pagaille reste SASSOU lui-même.

Pas de « grand tournant » dans les politiques déjà usées.

Face à cette logique de « gouvernance sous les ordres d’un individu égocentrique  », la nomination d’un quelconque futur premier ministre ne favorisera pas  de prendre les décisions importantes pour le redressement de cette bâtisse qui s’affaisse dangereusement.

 D’abord, ces « promesses » de rigueur restent des vœux pieux  tant que le taureau n’est saisi par la tête. Il n’y a pas là « d’orgies réformateurs » comme certains commentateurs commencent à l’affirmer en pensant que le retour des anciens caciques du CMP changeront la donne. Sans eux la république est foutue disent-ils. Comme s’il y avait encore quelque chose à sauver dans cette politique de recyclage de déchets politiques.

Oui la république est foutue, lorsqu’un cadre responsable de la société d’électricité du Congo monnaye son incompétence par une danse endiablé devant son maitre suprême. Cela suffit pour être maintenu au poste de directeur. Là ou il faille faire de l’introspection sur soi et ses échecs, on nous impose du déjà vue.

Pour ceux qui se sont égarés dans les divisions internes puis ont rouvert les yeux sur ce qui se passe au Congo, la permanence des conflits internes de tous ordres apporte lassitude, fatigue intellectuelle et le sentiment que, dans la notion du Congo éternel, l’ingrédient principal se résume à une sorte de bellicisme autoritaire routinier et confortable.

Après avoir renoncé à la construction d’une nation apaisée, après avoir procédé à phagocyter les institutions de la république, après avoir détourné les sommes énormes du trésor public, après avoir séquestré l’armée, SASSOU se lance dans une énième opération de séduction morbide.

Sans trop vouloir verser dans un pessimiste excessif que « Depuis un peu plus de trente ans que le Congo est traîné dans une chute politico-économique vertigineuse. Cette descente dans l’abîme a pris des proportions très dangereuses ces quatre dernières années. Malgré les appels à la prudence et surtout à la bonne gouvernance lancée par la communauté internationale, le Congo par la voie de ses dirigeants autoproclamés ont choisi de faire la sourde d’oreille. » (1)

Maintenant que le ciel s’assombrit, la vraie nature de ce pouvoir est dévoilée. Le système Sassou commence à perdre de sa cohésion, il est traversé par des fissures dans tous les sens, puisque le baril ne veut pas remonter depuis le début de l’année, ça peut exploser à tout moment. Sassou se réfugie dans ce qu’il sait faire de mieux, le recyclage des vieux retraités politiciens membres de la même confrérie du mal, de l’insouciance et de la destruction du tissu social.

La république n’a pas besoin d’un nouveau premier ministre mais d’un nouveau président qui serait capable de fournir un travail titanesque pour sauver le navire. A commencer par le respect des 48 mesures du FMI afin de laver la honte qui plane sur les Congolais d’être traités comme des enfants bêtes régulièrement à la traine

Que le peuple se réveille de cette folie politicienne made in SASSOU qui vous endorme. Avec SASSOU il n’y aura jamais de gouvernement de guerre, de combat ou d’équipes de technocrates rigoureux ou de sauvetage. N’attendez rien de bon chez SASSOU.

Enfin, il faut rappeler que ce débat, si important soit-il, reste une manœuvre de diversion. Ces prétendues consultations ne sont guère en mesure de réellement donner une impulsion suffisante à la vie économique pour voir les perspectives d’inflation se redresser. Leur caractère de confrérie du mal, précisément, n’assure pas une philosophie de relance. SASSOU reste dans le statut quo permanent.

Jean-Claude BERI

Laisser un commentaire