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Le discours dystrophique de SASSOU  

Le discours dystrophique de SASSOU 

 Par

Jean-Claude BERI

 

Le 23 décembre dernier SASSOU NGUESSO a égrené son lot permanent de promesses intenables mais qui sont devenue récurrentes à chaque discours de fin d’année de ce président usé et complètement lessivé. Pourtant cela ne l’a dérangé aucunement de parsemer son discours de belles promesses.

Moi président en 2021, je promets de :

Recrutement dans la fonction publique

Assurance Maladie Universelle

Réalisation des infrastructures, sanitaires, routières et Universitaires…

Vaccination pour tous contre le COVID 19

Paix et sécurisation du pays

Relance de l’économie nationale……

Tout est permis quand il s’agit de promettre, on le voit à quelques mois des élections aux Congo-Brazzaville. La promesse est l’un des fondements du fonctionnement de la démocratie mensongère mis en place par SASSOU et son système de prédateur. Quand on parle de promesse électorale, quel lien fait-on entre le discours de SASSOU et les actes ? Est-ce que la parole est suivie de sa prolongation pratique, c’est-à-dire d’actes ?

S’adonner à un tel exercice se serait refaire le monde avec SASSOU qui a toujours promis depuis 40 ans. Selon J.L. Austin, « promettre est une forme de défi : il ne vous suffit pas d’avoir tout à fait l’intention, vous devez aussi entreprendre de montrer que vous êtes en mesure de promettre, c’est-à-dire que c’est en votre pouvoir ». Ainsi, il y a un engagement moral dans la promesse et donc une obligation. Or la responsabilité morale et politique a cessé d’habiter cet homme depuis fort longtemps. Un homme qui vit dans une bulle maquillée de perles et paillettes ou il ne fait jamais ni chaud ni froid, un homme qui est servi par des courtisans, des voleurs, des manipulateurs, des déformateurs de la vérité est loin d’aspirer à une quelconque volonté de changement et de progrès social. Il s’est accoutumé à lire la situation du Congo à travers le prisme de ces rejetons pilleurs, de ses conseillers prédateurs, de ses ministres affairistes et commerçants politiques, ses soldats qui terrorisent les paisibles populations pour un rien, bref tout est beau et que le pays baigne dans une grande sérénité nationale.

Alors que tout est faux et les promesses de SASSOU ont d’ores déjà   un gout d’engagement vers un énième déni de confiance qui s’inscrit dans un avenir sombre et difficile. Alors même que les transformations technologiques et les menaces écologiques chamboulent notre monde, la promesse de sassou devient l’acte inaugural d’un nouveau paradigme introduisant de la certitude dans l’incertitude, la vérité dans le mensonge.  Il est devenu de plus en plus difficile, voire impossible de créer ces gages de certitude quand ce que nous pensions être un progrès est en réalité  une menace.

Comment peut-on faire de telles promesses lorsqu’on est incapable de secourir près de 70 villages et au moins 46 000 personnes sont touchées par des inondations dans le nord du Congo-Brazzaville, dans la province du Likouala. Les 46 000 victimes de ces inondations tentaient de se relever de celles de l’an dernier qui ont touché officiellement plus de 130 000 personnes ( RFI)  « À ce jour, personne ne connaît le contenu d’une stratégie (gouvernementale) de gestion des catastrophes naturelles. Nous constatons qu’il n’y a aucune réponse idoine par rapport à l’enjeu qui est là. On essaie de tout justifier par le réchauffement climatique. Mais, gouverner c’est prévoir. La communication du gouvernement sur cette question est chaotique », a dénoncé M. Walembeaud.

« C’est en pirogue que de nombreux élèves sont partis de chez eux pour se rendre dans leurs écoles, afin de passer les compositions du premier trimestre. La situation est préoccupante selon Antoinette Dinga Dzondo, ministre en charge de l’action humanitaire.  « À la date d’hier (dimanche 27 décembre), nous étions déjà à 180 000 personnes affectées par les inondations. Nous avons déjà dépassé le seuil que nous avions atteint en 2019, quand nous parlions de 170 000 sinistrés », a-t-elle illustré (RFI)

Peut-on instaurer une assurance maladie universelle dans un pays ou sévit un désert infrastructurel  sanitaire ?

« Avancer vers la couverture sanitaire universelle suppose un renforcement des systèmes de santé dans tous les pays. Des structures solides de financement sont essentielles et nécessaires. Quand les gens doivent payer de leur poche la plus grande part des coûts des services de santé, les pauvres se retrouvent souvent dans l’incapacité d’obtenir les nombreux services dont ils ont besoin et même les riches peuvent être confrontés à des difficultés financières en cas de maladie grave ou de longue durée. » ( OMS) . Le « désert médical » congolais n’en finit pas de s’étendre. En 2019, près de 2,8 millions de Congolais vivraient dans des zones sous-dotées en médecins et infrastructures sanitaires. Les 12 hôpitaux promis par le gouvernement depuis 2000 restent introuvables mais l’on nous annonce la possibilité d’une Assurance Maladie Universelle. De qui se moque t-on?

« Le système de Santé du Congo-Brazzaville est plus qu’un « imparfait du présent », c’est une dystopie. (…) Et l’on s’étonne qu’au Congo, il y ait maintenant des patients qui souffrent des hépatites C, du HIV, sans que l’on sache comment ils ont attrapé ces pathologies. Il est impérieux d’éradiquer les métastases de la corruption, de la voracité et de l’amateurisme, qui gangrènent le système »   Thierry-Paul IFOUNDZA

Lorsque la paix et la sécurisation du pays prime avec l’intimidation de la population sous couvert du COVID 19, le viol constitutionnel avec la proposition de loi visant à faire voter les forces de l’ordre avant tous les autres citoyens, la corruption des leaders de l’opposition….

A SUIVRE dans notre prochain article le 30 décembre 2020.  « Le discours du futur vainqueur à l’élection de Mars 2021 « 

 

Jean-Claude BERI 

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