DROIT, Editorial, Politique, Société

Le vote de la dernière chance d’un peuple déchiré

Le vote de la dernière chance d’un peuple déchiré

Par

Jean-Claude BERI

Jean-Claude BERI

Dans 21 jours, le peuple du Congo-Brazzaville serait appelé à voter pour élire un nouveau président de la république. Ce qui devrait être un devoir de citoyen libre dans un pays libre et apaisé s’apparente aujourd’hui a un un acte de trahison. Les grandes nations de cette planète se sont construites sur cette notion du libre choix. Que le peuple décide en son âme et conscience la voie de la liberté ou celle de la déshumanisation. Un citoyen congolais a-t-il d’autres moyens démocratiques de s’exprimer que par le vote dûment considéré. L’on ne peut extraire aujourd’hui cette notion pour imposer une autre simplement parce que les dés seraient bipés d’avance. Il faut donner un sens au vote en l’encourageant et surtout en tenant compte de sa fiabilité tout le long de son processus. Ce choix, c’est l’expression qui émane de fort intérieur de chaque individu, l’expression d’un peuple libre en découle.

Appeler à écarteler le peuple dans son choix ce n’est pas un bon moyen pour l’aider à se décider à faire le bon choix. C’est prendre ce peuple pour un troupeau de mouton manipulable. Notre peuple est assez adulte et capable de faire des choix extraordinairement édifiant et révolutionnaire. Est-ce que quelques personnes réunis dans un coin de table peuvent décider du choix collectif de tout un peuple ? Avons-nous le pouvoir de dicter à tout un peuple une ligne a suivre ?

Ce n’est pas ce même peuple qui souffre, ce même peuple qu’on déshumanise, ce même peuple qu’on considère comme des machines téléguidées… ? N’est-il pas plus opportun de lui laisser le choix de sa destinée c’est-à-dire de voter ou pas ? Ne sommes nous pas en porte a faux avec nous même en imposant le boycott au peuple ?

Toute cette pluie d’expression politiquement correct  sortie des cerveaux de milieux intellectuels congolais de paris étaient bien silencieuse durant cinq ans ou ce peuple attendait un soutien aussi « sincère » qui soit. Le peuple congolais n’est plus un enfant à qui on tient le bras pour traverser l’avenue. Nous devrions plutôt faire appel à leur conscience et leur volonté d’en découdre avec la dictature.

Le peuple ignore-t-il qu’Il y règne une odeur de tricherie dans cette élection ou la transparence de bout en bout est inexistant? A commencer par le vote encadré à la nord-coréenne des militaires dont l’issu de celui-ci ne fait aucun doute, du fichier électoral jamais retouché sinon retoqué pour mettre plus en valeurs des entités tronquées, des moyens de campagne hautement inégalitaire ou disproportionné. Tout est fait pour de l’égalité des chances soit du coté du candidat vomi du PCT. Et ceux jusqu’à l’ultime choix des représentants de l’organisation de ces élections, du suivi et encore moins des recours , tout est fait pour cadenassés le scrutin pour que la clé ne tourne que dans un sens imposé.

Ce n’est pas en fuyant la forêt parce qu’un tigre féroce terrorise les populations qu’on gagne la véritable paix. Les grands peuples ne se démarquent pas par la peur, ni par la fuite en avant. Encourageons notre peuple à faire le bon choix celui de la raison de faire de ce vote un moment du plus grand rejet de la politique déshumanisante que le Congo n’est jamais connu. Ceci en le lui disant en face que nous ne voulons plus de cette oligarchie des prédateurs économiques, de cette oligarchie des assassins, de cette oligarchie des arrestations arbitraires cette oligarchie qui accouchent de chômeurs.

Lorsque tout ceci sera tenté, le peuple se soulèvera pour revendiquer son droit bafoué durant plus de 36 ans . Or avant rien ne garantit que ce pouvoir aux abois n’usera pas de sa force militaire pour assassiner même ceux qui n’iront pas voter.  Nous sommes devant un dilemme qui nécessite une plus grande lucidité. Nous avons une chance de faire tomber cette dictature en allant voter massivement pour le candidat de l’opposition.

Nous savons tous ce qu’adviendra après le vote mais nous aurions marqué notre unité et notre solidarité à ce peuple. Expliquez moi dans un village au fin fond de OUESSO ou tous les apparatchiks du pouvoir observent les populations qu’elles aillent pas  voter , c’est les exposer à une mort certaine. Car ce jour là,  tout le monde sera surveiller comme une pièce de monnaie d’or,  surtout dans les villages ou repose toute la tricherie du vol électoral. Les villageois manifestent précisément une grande inquiétude face à cette situation.

 Ceci étant, la situation du Congo ne peut être totalement penser à 6000 miles km, on ne peut que suggérer des pistes à emprunter pour accompagner ce peuple à trouver lui sa propre solution et sa stratégie de combat.

Alors ce n’est pas le moment de diviser le peuple avec une littérature de haine et d’égoïsme. De toutes les vidéos et audios circulant sur la toile on y perçoit en filigrane les mécontentements des Anti-DZON et Anti-KOLELAS. Toute cette agitation sonne faux car leur sincérité est animée par des pulsions malsaines.

Faire miroiter, comme ils savent le faire, une révolution qui partirait d’Israël en passant par Paris pour libérer MOKOKO et insuffler la révolution générale du fleuve Congo,  c’est de la comédie.  La vraie révolution viendra du peuple lui-même avec les acteurs qui sur le terrain combat réellement cette dictature avec les moyens qui sont les leurs. La réalité c’est celle-là,  peuple congolais.

La division est si ancrée dans notre paysage politique qu’on se retrouve avec des alliés en temps de partage de profit et pratiquer la politique de chacun pour soi en temps de vrai combat politique. On ne veut pas s’associer pour lutter ensemble  parce qu’on veut soi-même être le chef , alors tout est bon pour salir, dénigrer l’essentiel est de décourager le peuple.

Les congolais préféreraient largement des révolutions par les urnes, à travers des élections libres et équitables. Mais si cette option ne leur est pas offerte, ils finiront par se débarrasser de leurs peurs et tiendront tête à leurs dictateurs.  C’est ce que nous appelons une prise de conscience collective.

A tous ceux qui vont à cette élection pour faire l’illustration d’une quelconque manipulation sachez que vous serez rattrapés par le peuple.

Jean-Claude BERI

 

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