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Les manœuvres politiciennes autour du Manifeste de Brazzaville du 27 octobre 1940. 

Les manœuvres politiciennes autour du Manifeste de Brazzaville du 27 octobre 1940.

Par

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

« En résumé dans le Manifeste de Brazzaville, 27 octobre 1940, Le général de Gaulle lance à Brazzaville un manifeste annonçant la création d’un Conseil de Défense de l’Empire composé du général Catroux, de l’amiral Muselier, du général de Larminat, des gouverneurs Eboué et Sautot, du colonel Leclerc, du médecin-général Sicé, du professeur Cassin et du révérend père Thierry d’Argenlieu. La France traverse la plus terrible crise de son Histoire. Ses frontières, son Empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction. »

« De Gaulle, il est vrai, ne bénéficie au début d’août 1940 que de ralliements peu nombreux (7000 hommes environ) et d’aucune base territoriale. Tout va se jouer, à compter de cette période, avec la série de ralliements, mais également autour du jeu diplomatique entre la France de Vichy, l’Allemagne et l’Angleterre — jeu qu’il faut bien appeler équivoque, ambigu, de la part de la Grande-Bretagne. »

« Tout cela est capital pour saisir la portée de ce qu’on appelle le Manifeste de Brazzaville, qui fait partie d’un ensemble en réalité beaucoup plus complexe, et représente un tournant décisif dans l’histoire de la France Libre. C’est au fond, le passage de l’aventure personnelle au mouvement organisé, puis le passage du mouvement organisé à la préfiguration d’un gouvernement français. »

En ce qui nous concerne, l’Afrique équatoriale française (AEF) entre en guerre à l’instar des tirailleurs sénégalais qui serviront de chair à canon en allant renforcer l’armée française. L’ironie du sort c’est que cette France s’est servie de Brazzaville comme base arrière et de la capitale de la France libre.

L’anniversaire du Manifeste de Brazzaville du 27 octobre 1940 aurait dû être fêté par la France comme étant la reconnaissance et le sacrifice du peuple noir d’Afrique qui a contribué à sa libération. Cet anniversaire aurait dû être un moment de recueillement à l’égard de ces hommes morts au combat pour la France vis-à-vis de l’Afrique noire qui a participé à sa libération et dont elle méprise dorénavant ses descendants.

Ce tournant décisif dans l’histoire de la France libre ne concerne le Congo-Brazzaville qu’en tant que colonie et fournisseurs d’hommes de troupe morts pour la libération de cette dernière.

N’ayant pas compris l’importance de ce Manifeste du 27 octobre 1940, monsieur Sassou Nguesso et son gouvernement veulent en faire un moment de réjouissance. Tel est le drame du Congo-Brazzaville qui au lieu de se recueillir à la mémoire des soldats africains tombés au front, préfère s’adonner à un événement festif alors que les caisses de l’État sont vides. Cet anniversaire ne concerne actuellement aucun Congolais car il a servi exclusivement à mettre en selle le Général de Gaulle en quête de légitimité.

Nous assistons à un détournement de la vraie nature du Manifeste de Brazzaville du 27 octobre 1940 par un gouvernement en manque de légitimité. Cette manifestation n’est plus ni moins qu’un rassemblement des initiés qui tiendra loin des lumières les gueux congolais.

À la veille de la célébration du 80e anniversaire du Manifeste le 27 octobre 2020, les initiés se rencontreront pour donner aux yeux du monde l’apparence d’une république dans laquelle le pouvoir et l’opposition dialoguent pour le bien-être des populations. Pas de remous devant les Frères et les Sœurs invités car la fraternité est l’une de leur valeur. Il n’y a rien pour le peuple et tout est pour eux. Le plus fascinant c’est qu’en cas de grave crise, ils savent se retrouver dans des sociétés secrètes très loin du regard des peuples. Tout est prétexte pour sortir l’argent du trésor public alors que le pays va mal.

La sémantique du discours de l’opposition congolaise change. Du dialogue inclusif avec la libération des prisonniers politiques, nous passons maintenant à « la concertation politique. » Des vrais génies politiques pour enfumer le peuple congolais.

« La concertation est l’action pour plusieurs personnes de s’accorder en vue d’un projet commun. La concertation se distingue de la négociation en ce qu’elle n’aboutit pas nécessairement à une décision mais qu’elle vise à la préparer. » Les couteaux bien aiguisés sont de sortie. Rien que par cette définition de Wikipédia, nous voyons que le vrai projet de l’opposition congolaise responsable n’a rien en commun avec celui de monsieur Sassou Nguesso et compagnie qui consiste en une prédation des richesses en vue de les dilapider. La énième concertation politicienne à Madingou de novembre prochain n’est que l’illusion d’une démocratie confisquée avec une récompense pour les présents.

Les Congolais sont devenus un troupeau de moutons qui suivent un berger qui n’est autre que le loup en personne. Comme par hasard, c’est toujours à la veille de l’élection présidentielle que l’opposition congolaise est « tel cet âne qui a du mal à avancer sans motivation. Mais, si vous lui montrez une carotte, signe de récompense, ou si vous lui donnez un coup de bâton, dans les deux cas il avance. » Triste sort !

Dans l’opposition congolaise, certaines ou certains tentent de retrouver leur privilège perdu. Ils prennent le peuple pour des troubadours, des griots qui chantent leur louange pendant qu’ils sont à table en train de festoyer. Autant dire que nous le peuple congolais n’accepterons pas cette opposition minée par la faim et qui n’attend plus qu’à se remplir la panse.

Dans l’état actuel de déconfiture de la politique congolaise, il n’y a plus de différence entre l’opposition congolaise et le pouvoir, mais le menu à dévorer avec délectation reste le même, c’est à dire le peuple congolais. Ce même peuple qui continue à croire à des promesses non tenues ou qui est habité par un mysticisme politique pour mieux l’endormir.

Le dialogue c’est l’échange entre deux ou plusieurs personnes en vue de parler des choses qui dans notre contexte fâchent. Il est inadmissible qu’une seule famille s’accapare le pouvoir et le peuple qui s’en sort ramasse les miettes tandis que l’autre pleure de faim.

Il ne faut pas être un magicien pour comprendre les raisons du récent voyage de la diva congolaise en France. Longtemps privée de sortie elle s’envola comme par un coup de baguette magique pour la France. Ce voyage n’avait pour but que de préparer certains esprits faibles de la diaspora congolaise à cette mascarade de concertation. Certains avaient des agendas cachés. Ils se positionnent déjà pour l’élection présidentielle de 2021 en dégustant du Champagne quand d’autres de nos camarades croupissent dans les geôles insalubres du Congo-Brazzaville et que la majorité du peuple congolais vit avec moins de 2 dollars par jour sans eau potable ni électricité.

Ces opposants ayant déjà été aux affaires avec les mêmes qui sont au pouvoir actuellement, donnent lieu de se demander quel a été leur apport dans le quotidien des Congolais et qu’est-ce qu’ils feront de mieux une fois revenus au pouvoir ? Sortir avec des pagnes et une horde de femmes à sa suite ou en raphia pour arpenter les rues de Brazzaville n’est qu’une façon d’amuser la galerie. C’est de la politique spectacle.

Le Congo-Brazzaville est une république et non une coterie qui à ce niveau politique implique une notion mafieuse en vue de se répartir des postes. Pour certains faire partie de la coterie est un moyen d’agrandir leur réseau social, se donner un code moral, ou appartenir à une structure ordonnée et rassurante. Tendre la main à ses frères dans le besoin est l’un des principaux fondamentaux de cette coterie.

À presque 80 ans, le Manifeste du 27 octobre 1940 du Général de Gaulle n’a rien apporté aux Congolais, sinon que l’appauvrir en mettant des marionnettes au pouvoir en vue de mieux les manipuler. J’ai des larmes de sang car le peuple congolais est une fois de plus berné par les mêmes qui peuvent jouir dans un camp comme dans l’autre sans sourciller. La nuit tous les chats sont gris et cela est propice à des liaisons incestueuses. S’il faut sauver une sœur ou un frère, ils le feront au nom de la fraternité et non de la constitution qui accorde les mêmes droits à tout le monde.  C’est la pieuvre. Ce lien de fraternité est si fort que celui qui le transgresse a la gorge tranchée d’une oreille à une autre. Pour d’autres, c’est l’occasion de se faire des repas entre frères ou sœurs.

Dans cette coterie, il n’y a pas besoin de résultat. Tout ce que l’on veut c’est que le frère ou la sœur fasse de son mieux. Les individus doivent donner le meilleur d’eux-mêmes et délivrer les réponses avec la ferveur adéquate. Les individus permettent de prendre du recul par rapport à la vie, se remettre en question.  Mais ce n’est pas le cas au Congo-Brazzaville.

Cet anniversaire est l’occasion rêvée, mais inutile pour les Congolais, d’avoir une photo de famille des femmes ou des hommes habillés avec de tabliers. Les libertés de croyance, de culte, d’expression et autres sont intangibles et universelles. Mais, celles-ci ne peuvent prendre le dessus sur la constitution qui régit la vie d’une nation.

Les 3 grands principes sur lesquels cette coterie est fondée sont :

  • L’amour fraternel,
  • L’entraide,
  • Et la vérité.

 Les 3 degrés de réflexion sont :

  • La naissance,
  • La vie sur terre,
  • Et le départ de cette terre.

Cette coterie censée réfléchir sur les sujets de société se retrouve être le repaire de gangsters afin de piller les pays en Afrique.  Il est parfois pénible de vivre durement pour ses idées que de vivre en pantin à cause de la corruption de sa conscience.

Il est impensable que l’on ait besoin que des maçons pour construire un édifice. La meilleure œuvre du monde a été réalisée par le fils d’un charpentier qui nous a laissé un message fort : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. » Tout Congolais quel que soit ses croyances doit apporter sa pierre à l’édification de notre nation. L’exclusion d’une partie de la population qui pense autrement est préjudiciable pour notre monde car nous avons tous besoin des uns des autres.

Ces frères et sœurs prônent pourtant l’humilité, la fraternité, la solidarité, le respect de la vie humaine, mais au Congo-Brazzaville c’est la loi du plus fort et la machine à broyer qui sévissent.

Son pouvoir vacillant, il est temps de faire du 80e anniversaire du Manifeste de Brazzaville du Général Gaulle un lieu fraternel de réjouissance quand le peuple congolais manque de tout et surtout en cette période de pandémie de la COVID-19.

Jadis lieu de réflexion, ces coteries sont devenues en Afrique des viviers de vipères pour mieux spolier le peuple. De la lumière, ils nous proposent des ténèbres. Beaucoup n’ont sans doute pas compris que de lumière, il s’agit de la connaissance, tel que l’ont prôné les philosophes du siècle des lumières. Mais quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaitra et le Congo-Brazzaville resplendira.

Souvenons-nous toujours des morts inutiles causées par la folie des anciens communistes convertis à la démocratie pour les besoins de la cause, et dire plus jamais ça. Quoi qu’il en soit nous devrons répondre de nos actes et de nos conduites.

Nous devrons améliorer notre mode de vie par la connaissance de soi-même en tant qu’individu afin de perfectionner l’humanité, comme actuellement dans la lutte contre la COVID-19. Nous devrons avoir en soi toujours les règles éthiques et morales comme, « tu ne tueras point. » L’élévation de l’âme n’est autre que la main tendue à son frère dans la détresse.

   La justice infaillible et impartiale qui définit les limites du bien et du mal est celle qui nous unit tous selon qu’on a respecté ou non les commandements divins. C’est dans cette ligne droite et immuable que nous progresserons ensemble vers l’unité, le travail et le progrès.

Depuis trop longtemps se déverse sur le Congo-Brazzaville des laves de sang d’un volcan en éruption que nous devrions arrêter tous ensemble.   « Si l’amour est la clé de l’humanité, la haine en est le gouffre, qu’il vaut mieux éviter… » dixit Joëlle Laurencin.

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA   

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