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LES MASQUES : UNE OCCASION MANQUÉE

LES MASQUES : UNE OCCASION MANQUÉE

Par:  Patrick Eric MAMPOUYA

Le Congo est en train de perdre le tremplin qu’offre le masque pour développer une moyenne industrie dans le textile.

Pendant que certains pays sont déjà en train de relocaliser certaines productions pour gagner en souveraineté, les autorités de notre pays se contentent encore de gérer l’urgence avec des importations massives de masques et des artisans payés au masque fabriqué sans aucun projet pour le moyen terme et pour le futur. Car c’est bien aujourd’hui que le nouveau monde est en train de se dessiner et de se construire.

Les fonds disponibles ont été dilapidé pour subventionner ou enrichir des entrepreneurs du dimanche qui moyennant leurs carnets d’adresses ou leurs accointances politiques se sont improvisés fabricants occasionnels des masques afin répondre à l’urgence sanitaire.

Encore une occasion manquée pour mettre en place une petite ou moyenne industrie du textile qui aurait pu limitée le volume des importations en produits textiles dans notre pays.
Le secteur textile local se partage entre les importations et encore les importations c’est à dire, l’importation des tissus, l’importation des friperies destinée aux classes moyennes et aux pauvres ainsi que tous les intrants qui vont avec. La confection de vêtements reste confidentielle, le secteur est artisanal et représente moins de 2 % de l’économie locale. Les plus riches s’habillent exclusivement avec des vêtements fabriqués à l’étranger.

Ce qu’il fallait faire pour que renaisse enfin un secteur textile local.

En l’absence d’industriels congolais de la trempe de Monsieur Dangoté, l’État à travers le ministère de l’industrie ou le ministère des petites et moyennes entreprises aurait dû profiter de la pandémie du coronavirus pour organiser le secteur du textile dans notre pays afin de créer des emplois et de limiter les importations, ce qui aurait eu pour effet d’accroître les recettes de l’État.

Une conjoncture favorable s’ouvre pour tout un secteur industriel qui n’a même pas besoin d’étude de marché et encore moins de business plan. Il faut investir dans le masque.
Aujourd’hui il est quasiment certain que le monde entier vivra avec des menaces sanitaires récurrentes du genre covid-19 et même des pollution de toutes sortes. Le besoin en masques ne risque donc pas de disparaître du jour au lendemain. Chaque pays devra au minimum être autosuffisant en masques pour conjurer les fermetures des frontières et la charité bien ordonnée qui commence par soi même.

Entre les masques jetables hyper sécurisés et concurrentiels dans le monde entier destinés aux personnes à risques, et les masques réutilisables et lavable de monsieur tout le monde, le secteur du masque ne risque pas de fléchir dans les dix prochaines années.

Il faut donc investir dans ce secteur prometteur. Afin de couvrir les besoins locaux en masques de qualité, il aurait fallu dans un premier temps augmenter la qualité de la norme pour dissuader les importateurs et les fabricant occasionnels pour que le made in Congo se rapproche des standards internationaux. La commande publique exclusivement réservée à la production locale allait assurer la survie de l’entreprise et permettre à la fabrication local de prendre son envol avant d’aller conquérir les marchés internationaux.
Dans un second temps on aurait pu adjoindre à cette production la fabrication de tous les vêtement de protections et de travail, de la blouse de l’infirmière jusqu’à la tenue scolaire des élèves en passant par les vêtements de la force publique et de l’armée les polo, les maillots de corps ect…, c’est pourtant facile de fabriquer un tee shirt, alors pourquoi sommes nous obligé de les importer ?
Le patriotisme économique aurait commandé d’interdire tout simplement ou d’augmenter de 1000 % les taxes d’importation des friperies afin de favoriser le marché local comme l’avait justement fait le Rwanda.

Ainsi le Covid-19 nous aurait permis de créer des emplois, de développer un secteur industriel à moindre coût sans passer les bureaux d’études, la recherche et le marketing, de limiter le volume des importations dans notre pays car chaque fois que nous importons un produit, nous créons des emplois chez les autres et nous appauvrissons notre pays ainsi que notre population.

Avis aux personnes élégantes, les sapeurs : Habillez vous et consommez local si vous voulez aider votre pays et y créer des emplois.

Patrick Eric Mampouya

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