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Message du CODICORD pour le 15 Août 2020 

Message du CODICORD pour le 15 Août 2020 

  Pour une sortie de crise au Congo Brazzaville

 

Chers compatriotes, mes chers amis, mes chers frères et sœurs,

Je saisis cette occasion, en ce jour qui marque les 60 ans d’accession à l’indépendance de notre pays le Congo-Brazzaville, pour vous faire partager ma vision de sortie de crise politique que j’intitule « Regagner les bastilles perdues pour Restaurer la Démocratie au Congo ».

En effet, depuis le renversement des institutions démocratiques légales par le putsch de juin 1997, le Congo notre pays, est plongé dans une grave crise qui impact toutes les couches sociales de notre patrie. Au cours de ces quarante dernières années, nous avons connu des moments tragiques dans notre pays, des moments de désespoirs, des moments de souffrances.

Aujourd’hui, tous les observateurs nationaux et internationaux s’accordent à dire que nos systèmes éducatif et sanitaire sont déliquescents. Notre économie est en grande difficulté, et chaque jour, la misère continue de plonger nos populations dans la désespérance.

Devant une telle situation, je peux vous avouer que j’ai un rêve, celui de voir toutes les filles et tous les fils du Congo ensemble autour d’une table pour la projection de notre avenir commun. Ce rêve que je partage avec plusieurs d’entre vous, mes chers compatriotes, est possible à réaliser, dans la mesure où, ce qui nous unis est plus fort que ce qui nous oppose ?

Ainsi, en cette occasion du 15 août 2020, j’appelle au sentiment patriotique, au bon sens de chacun des congolais, à votre bon cœur, au sentiment de l’oubli de soi pour faire transcender l’amour, car nous n’avons pas d’autres recours que de vivre ensemble et d’être responsable dans un Congo uni et indivisible. L’avenir de notre pays ne dépend que des congolaises et des congolais, c’est-à-dire de toutes filles et fils du Congo.

Mes chers compatriotes,

« C’est par la volonté et le travail introspectif de chacun et en fraternité que se fera l’Unité, le rassemblement, le Développement et la Prospérité de notre pays ».

 Je tiens à préciser que, le bonheur, nous le voulons et nous le souhaitons à tous les congolais de l’intérieur comme de l’extérieur, c’est-à-dire ceux d’ailleurs et à ceux, les plus nombreux qui sont restés au pays. Nous devons comprendre que nous sommes tous essentiellement issus des cellules d’une même souche et nous avons une part d’humanité intrinsèque que chacun semble oublier. Chaque congolais est à la recherche d’un bonheur en essayant d’éviter la souffrance, ce sentiment de recherche de bonheur doit faire naître en nous le sens de la fraternité, un sentiment chaleureux d’amour et de compassion pour les autres. Cette prise de conscience est indispensable. La survie de notre pays en dépend si nous, congolais, congolaises voulons participer à sauver notre humanité.

En effet, si, égoïstement, nous ne recherchons que notre seul intérêt, en faisant fi des besoins des autres, nous risquons non seulement de porter atteinte aux autres, mais également à nous-mêmes. La terre du Congo, terre de nos ancêtres, est une terre de paix et donc nous devons apprendre à vivre en paix et en harmonie les uns avec les autres.

Dans cette perspective, je vous fais part de certaines de mes réflexions concernant la crise dans laquelle nous sommes englués. Ce n’est pas seulement un rêve comme je le disais tantôt, mais au-delà du rêve c’est une nécessité, qui passe par la mise à l’écart de nos malentendus et de nos rancunes.

Souvenons-nous ! Autrefois, dans nos villages, les conflits et les litiges se réglaient au « Mbongui,», ou « Loussanga » ce que j’appelle le Cercle concentrique du village. C’est autour de ce cercle que se prenaient les grandes décisions pour l’intérêt du village et de ses habitants.

Le Congo est notre grand village, en plus du devoir de le protéger, nous avons l’obligation de le sauvegarder de tous les dangers. Ensemble nous devons partager non seulement la tristesse mais également le bonheur. Ce faisant, une Concertation Nationale me semble très importante et nécessaire pour parler de l’avenir de notre pays. La tenue de la concertation Nationale est un défi qui doit dépasser tous les clivages politiques.

Oui, nous devons « regagner les bastilles perdues », il s’agit notamment de : l’école de la république, la santé publique, la garantie alimentaire, la justice, l’égalité républicaine, la culture,… Après donc 60 ans d’indépendance, le constat est décevant, pour ne pas dire catastrophique. Nous avons perdu le combat sur les droits fondamentaux des populations. Tous les secteurs socioéconomiques sont en pannes. Nos ressources, infrastructures énergétiques et industrielles au bénéfice des populations sont quasi inexistants. Nous avons échoué et perdu à tous les niveaux.

Pour relever le défi de regagner des bastilles perdues, nous avons un combat titanesque pour lequel nous devons tous nous engager. Ce combat n’opposera pas des hommes ni des partis politiques, ni la société civile puisqu’il s’agit de la survie de notre Nation. Ce combat, on ne pourra le gagner qu’à la condition de nous retrouver tous ensemble, de nous rassembler pour définir les orientations d’une nouvelle république à l’occasion de la concertation Nationale.

 Le Conseil de la Diaspora Congolaise pour la Restauration de la Démocratie (CODICORD) que j’ai l’honneur de présider, proposera la tenue d’une concertation nationale de la diaspora afin d’élaborer une feuille de route qui sera présentée au niveau national et ensuite participera aux consultations nationales de la feuille définitive qui, sera soumise au Conseil nationale de dialogue.

Mes chers compatriotes, le temps est venu de reconstituer sans délai, un Groupe de Contact National. Dans la perspective de la mise sur pied du Groupe de Contact National, je souhaiterai qu’il soit constitué de représentants :

  • de la haute hiérarchie du monde des églises et des autres communautés religieuses, dûment mandatés par leurs autorités,
  • des partis politiques de tous bord,
  • de la Société civile et des congolais de l’étranger.

Ce groupe de contact aura pour mission de renouer les liens et le dialogue rompus entre les différents acteurs politiques et civils ainsi que les populations Congolaises, afin de proposer les bases et orientations pouvant nous permettre la tenue de la Concertation Nationale.

Toutes les composantes crédibles et représentatives de toutes les obédiences de la communauté nationale doivent pratiquement prendre la mesure du danger dans lequel se trouvent notre pays et nos populations.

La Concertation Nationale doit permettre de soigner les plaies et de jeter les bases de la réconciliation nationale.  A cet effet, aucune élection crédible ne peut être organisée au Congo sans la recherche concertée des solutions aux problèmes majeurs qui minent notre pays. L’exigence de la réconciliation nationale renvoie à la confiance et à la convivialité que doit recouvrer le peuple congolais avec ses institutions. C’est un enjeu collectif majeur.

N’oublions pas que les congolaises et les congolais manifestent la réelle volonté de restaurer les valeurs démocratiques et le dépassement des clivages régionalistes. C’est dire que les populations attendent beaucoup de la Concertation Nationale. Et de ce fait, nous avons la lourde responsabilité de ne pas trahir une si grande espérance, car notre combat est aussi celui de bâtir un Congo libre, démocratique et prospère.

Permettez-moi de terminer sur une note personnelle en direction de notre jeunesse, et en direction des femmes et des hommes qui n’ont jamais désespéré, qui gardent la tête haute malgré les multiples privations et humiliations qu’ils subissent au quotidien. Je voudrai leur dire, qu’au-delà de la résilience, soyez forts et ayez foi en vous car vous êtes une force, le fer de lance de nos populations. Vous, seuls serez capables de faire fléchir les positions des acteurs politiques qui sont encore retissant à la tenue de la Concertation Nationale. Votre énergie permettra le moment venu de faire vaciller les égoïstes de tous bords qui arc-boutent à des privilèges que leurs garantit le rapport de force actuel.

A vous tous mes chers compatriotes, nous avons, une mission, voire un devoir, nous espérons apporter notre pierre au développement du Congo, un Congo plus beau et plus humain. Partageons ensemble ce rêve réaliste d’une Concertation Nationale.

Pour que vive le Congo

Vive le Congo

 

Raphaël GOMA

Président du CODICORD

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