Editorial, Politique, Société

MUNARI évincée du FROCAD : Une tempête dans un verre d’eau.

MUNARI évincée du FROCAD, une tempête dans un verre d’eau.

Par

Jean-Claude BERI

 

L’exclusion ou l’éviction de Mme Claudine MUNARI du FROCAD suscite des remous voir des jacasseries comme si le Congo venait de remporter la coupe du monde. Pourquoi cette explosion de mises en cause, de dénigrement, de salissure et d’accusations qui ne reposent pas, c’est le moins qu’on puisse dire, sur des réalités substantielles. Mme MUNARI, avant d’aller à MADINGOU l’a reprécisé maintes fois qu’elle s’y rendrait pour le compte de son parti. Vouloir le lui interdire pour le compte du FROCAD ,  serait  comme nous l’avons vu pour les cas BOWAO et MIERASSA jouer au même jeu de la roulette russe que celle qu’ils incriminent aujourd’hui. Une sorte de FATWA était même lancée par cette même diaspora qui plébiscite aujourd’hui MIERASSA.  Soyons juste avec nous-même. Ecartée  MUNARI pour le remplacer par MIERASSA c’est ce que j’appelle tourner en rond. C’est une faute politique grave que nous ne tarderons pas à regretter. Car il ne s’agit plus là du Congo mais des égos surdimensionnés qui s’expriment.  Il y va de leur carrière politique à venir, pas de se battre pour le Congo.

Si les partis de MIERASSA ou celui de MICHEL MAMPOUYA avaient pu obtenir le quitus de partis reconnus parmi les 45 « choisis » par MBOULOU nous entendrions aujourd’hui un autre son de cloche. Tous aspirent à la même chose,  être le leader « incontesté » d’une opposition qui ne recherche que la visibilité auprès de SASSOU. Et SASSOU sit comment les diviser ou les monter les uns contre les autres. Ne soyez pas inquiets de ces amusements dignes d’une cour maternelle. 
En cinq ans, la présidence du FROCAD par MUNARI a été inefficace. Plus apte à des discours de victimisation que dans l’élaboration des stratégies susceptibles de nous rassembler pour inquiéter, un tant soit peu, le système SASSOU
Une question aussi importante qui aurait nécessité une plus grande sagesse et lucidité dans la prise de décision soit traitée avec une telle brutalité témoigne d’une grande fébrilité et d’un agissement dicté par l’émotion et l’égoïsme dont fait preuve cette opposition réunie dans un panier de crabes. On voit qu’il y a évidemment une utilisation à des fines polémiques de ces événements condamnables, mais pas à la mesure d’une gestion cohérente de la situation du Congo. Ce dernier ( Congo) est relégué aux calanques grecques. Il y a un énorme contraste entre la réalité et l’exploitation qui en a été faite. MIERASSA et les autres seront attendus sur des propositions réalisables  que « ce chapelet de revendications sans nous dire comment faire pour les faire aboutir »  Djess dia MOUNGOUANSI.

Ce qui est arrivé (est) évidemment absolument regrettable et constitue une faute, et devrait être sanctionné. Aussi est-ce que c’est la sanction la plus appropriée ? Ce même collège a eu ce même ressenti à l’égard de Guy Brice Parfait KOLELAS qui a fini par démissionner de l’IDC Cela a-t-il amélioré le fonctionnement du FROCAD-IDC-3JM ? Ils sont tous porteurs de grosses casseroles qui détruiraient tout un village si l’on soulevait le couvercle. Laissez le peuple loin de vos disputes stupides. Si j’ai un conseil à donner à Mme MUNARI, c’est de laisser la place à MIERASSI et on ne tardera pas à avoir des migraines en plus intenses que maintenant. 

 Je pense que cela a encore creusé le fossé entre la vision d’une opposition radicale dépourvue de moyen et une opposition ouverte à la discussion par une approche de recherche de solution de sortie de crise plus  efficaces car proches du peuple  qui agit sur le terrain. 

Beaucoup de sympathisants de l’ombre qui ont adhéré à la démarche populaire de MOKOKO se  sentent aujourd »hui déconnectés de cette tendance « exclusionniste » souvent observée chez les nouveaux MOKOKISTES. « Mokoko est une personne pas un parti et il est vivant. Capable même en prison de transmettre son flambeau provisoirement ou définitivement ou de donner des consignes idoines. Il faut être un vrai acteur de théâtre pour s’en passer. Donc ça ne peut pas être de la faute de BOWAO, mais de la seule responsabilité de l’individu Mokoko. Si sa stratégie ne dit pas cela, on n’y peut rien, mais la politique ne s’arrêtera pas pour autant. » HERVE MAHICHA  

Ça serait une bonne chose que les idées de JMMM soient débattues au sein d’une plateforme dédiée. Les différentes associations et autres individualités viendront consolider le projet politique Car l’effritement en cours des anciens partisans de j3m font le lit des structures politiques qui se réorganisent et renforcent leur parti Le combat pour la libération des prisonniers est devenu secondaires face à la quête de l’affirmation de son propre parti Je ne cesse de le dire sans un réel instrument de politique les gens se lasseront et le combat de MOKOKO ne sera plus qu’ un souvenir. Attelez-vous à construire cela sur le terrain au lieu de faire le gendarme politique de ceux qui ne pensent pas comme vous.

Évitons de se laisser avoir par ceux qui utilisent le travail caritatif d’une diaspora manipulée ou les médias pour aboutir à leur fin, mais il faudra se concentrer sur ceux qui sont aguerris à la politique, par le sens de la lutte pour la libération du peuple en dehors de la dérive, d’ailleurs de quelques jours, qui a été constatée, d’une certaine manière, cela doit être rassurant pour les Congolais.
Je salue ici la remarquable intégrité de ceux qui autour d’autres personnalités de l’opposition s’abstiennent d’encourager cet emballement d’exclusion  en concentrant leur effort sur l’essentiel.  

On ne chasse pas une dictature agressive et sanguinaire comme celle exercée par Sassou et sa bande en ayant comme seul argument  » Je suis le seul présidentiable capable de .. » Sans avoir préalablement prouvé avoir  une base solide, créé des alliances, mis en place un rapport de force. Surfez sur l’aura de MOKOKO n’est pas un projet politique. Cet acte vient de signer la mort du FROCAD.

Je suis certes une petite goutte d’eau dans un océan, pourtant cela peut constituer la vague qui pourra déferler sur la dictature. Seulement faut-il que nous nous regardons en face sans plan B caché. Ce dont Mathias Dzon vient de reconnaître aujourd’hui, nous ne cessons de le dire depuis janvier 2019 dans une tribune intitulée : Congo-Brazzaville : plaidoirie pour un candidat unique de l’opposition en 2021. (1) Qu’ont-ils fait tous ces leaders champions toutes catégories du dégagisme pour ne fusse n’avoir même des soutiens au sein de l’armée ? Quelle action l’opposition a-t-elle menée pour convaincre l’armée d’être du côté du peuple. On s’achemine tout bonnement vers une prédominance d’une armée clanisée, chosifiée qui défendra bec et ongles le pouvoir de SASSOU. Curieusement, c’est maintenant qu’on nous annonce le début du vrai combat. Que faisiez –vous depuis 5 ans ?MUNARI vous a t-elle lié les mains ou scotcher vous bouches pour sortir vos solutions magiques ….NON c’est pas le CONGO que nous voulons.

On ne guérira le Congo que par la démocratie. La lutte politique, ce n’est pas une loterie. Si on en reste à faire à chaque fois des transhumances pour des raisons égoïstes, en ignorant la vie des Congolais, il n’y a plus de démocratie. Comme je ne cesserai de le répéter sans qu’un projet viable qui puisse rassembler le peuple de demain, le peuple de l’égalité sociale, le peuple du tournée vers le développement qui est sans aucun doute majoritaire dans ce pays face au clan de la corruption, des prédateurs économiques encore des va-t’en guerre, notre combat continuera à faire du surplace. Nous devons être combatifs en évitant la dispersion de l’opposition, mais une opposition unie. Pour construire la future alternance au système Sassou, le peuple congolais doit s’appuyer sur des leaders d’opposition fiables. Cela est possible par un débat politique de fond qui réunit tous les opposants au régime actuel. Cette opposition est sommée de sortir de son mutisme, en abordant sur la place publique les vrais problèmes de société, c’est-à-dire l’avenir du Congo. 

Ainsi, je rejoins HERVE MAHICHA lorsqu’il dit « ll faut rassembler, bâtir des stratégies communes, avancer puis céder le flambeau à d’autres. Car l’alternance est valable pour l’opposition aussi. Je vous en prie, unissez et jouons collectif. »  

 

Jean-Claude BERI

Congo-Brazzaville : plaidoirie pour un candidat unique de l’opposition en 2021.

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