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Polémique autour des voyages de MM. Sassou Nguesso et Collinet Makosso

Polémique autour des voyages de MM. Sassou Nguesso et Collinet Makosso

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

Par  Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

 

De mémoire de Congolais, jamais des voyages n’avaient suscité autant d’interrogations que ceux qu’effectuent en Europe, depuis mardi 17, Denis Sassou Nguesso, et mardi 24 août 2021, son Premier ministre Anatole Collinet Makosso.

Concernant le voyage de Sassou Nguesso, celui-ci devrait prendre ses vacances de 15 jours à compter du mercredi 18 août 2021, après la réunion extraordinaire, par visioconférence, avec ses homologues de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (C.E.M.A.C.), présidée depuis Yaoundé (Cameroun) par Paul Biya.  Mais, avant cette date, Denis Sassou Nguesso a quitté précipitamment Brazzaville pour la Suisse via Paris (France). D’aucuns lient ce voyage non seulement à un malaise qu’il aurait eu, mais aussi à une visite qu’il rend à sa femme Antoinette, disparue de la circulation depuis 93 jours pour des raisons de santé qui l’auraient conduite dans un hôpital en Europe.  Aucune surprise à cela, car Denis Sassou Nguesso et son épouse ne sont pas des extra-terrestres. Leurs corps peuvent donc tomber malades. Même quand ils ingurgitent constamment du Botox et d’autres médicaments, ils sont conscients qu’ils sont en train d’être rattrapés par leur l’âge avancé (autour de 85 ans). Ils savent qu’ils peuvent tantôt recouvrer leur santé et se relever, tantôt retomber malade et retourner à l’hôpital. Comme Justin Itihi Lekoundzou qui est en pleine rééducation après son intervention chirurgicale. De même, en tant que mortels, M. et Mme Sassou savent qu’ils mourront un jour ou l’autre, chacun à son jour, comme tout être vivant. C’est la loi de la nature, selon la volonté permissive ou directe de Dieu ou personnelle. Hier, c’était le tour du colonel Philippe Bikinkita à Liverpool, suivi de la veuve Milongo la diaconesse de l’Église Evangélique du Congo qui résidait à Tchimbamba (Pointe Noire), épouse d’un ancien Magistrat, et demain, c’est X ou Y. Pour l’heure, en l’absence de toutes communications officielles sur la santé du couple présidentiel du Congo-Brazzaville, les spéculations vont dans tous les sens.

S’agissant du voyage d’Anatole Collinet Makosso, selon plusieurs observateurs de la politique internationale, le déplacement du Premier ministre congolais serait placé sous le signe de la recherche de Partenaires techniques et financiers (PTF) du Congo, en vue de la relance de l’Économie nationale. En effet, ces observateurs affirment que, depuis bientôt sept ans, au-delà des beaux discours des autorités congolaises et françaises, les relations bilatérales entre Brazzaville et Paris sont officieusement grippées. D’après eux, l’ancien président français, François Hollande (2012-2017), qui avait bénéficié d’un soutien considérable de Denis Sassou Nguesso pour organiser, en novembre 2015 à Paris, la Conférence des parties des Nations unies sur le changement climatique (COP 21), ainsi que  son successeur à l’Elysée depuis 2017,  Emmanuel Macron, ne sont pas en phase avec Denis Sassou Nguesso, à cause de plusieurs situations. Notamment, le renforcement des relations entre  Pékin ( Chine)  et Brazzaville ( Congo), avec une grande part de marché attribuée à l’Empire du milieu et l’implantation de la plus grande banque commerciale chinoise pour toute l’Afrique à Brazzaville, qualifiée de machine à blanchiment d’argent ( la Banque sino-congolaise pour l’Afrique-BSCA Bank) ; la libération au compte-gouttes des prisonniers d’opinion et politiques congolais, malgré, les délibérations des Groupes de travail des Nations unies et les plaidoiries de plusieurs pays européens, qui exigent la mise en liberté  d’André Okombi Salissa et de Jean Marie Michel Mokoko (deux anciens candidats de l’Opposition à la présidentielle de 2016) ; la gestion peu orthodoxe des affaires publiques et le non-respect des libertés fondamentales; etc.

De leur côté, les dignitaires de Brazzaville évoquent le sacro-saint principe de « pays souverain ou indépendant », donc « refusant toute ingérence extérieure néocoloniale dans ses affaires intérieures ». Ces dignitaires ne comprennent pas, par ailleurs, l’attitude méprisante et humiliante à leur égard. Tenez ! La France avait autorisé, en 2021, au temps fort du confinement anti-COVID-19, une manifestation géante de l’Opposition congolaise à Paris, à 125 mètres de l’ambassade du Congo dans la capitale française. Au cours de cette manifestation, Denis Sassou Nguesso et son régime étaient accusés d’avoir empoisonné Guy-Brice Parfait Kolélas (concurrent de l’Opposition à la présidentielle du 21 mars 2021),  alors que le parquet de Bobigny, à Paris, et certains médias français (comme R.F.I, dépendante du Quai d’Orsay) qui avaient annoncé, en premier, la mort supposée par Covid-19 de ce leader, n’avaient pas été éclaboussés,

Denis Sassou Nguesso avait peiné pour obtenir une petite accréditation au Sommet du 18 avril 2021 à Paris, consacré à la relance économique des États africains secoués par la pandémie du Covid-19.  Toujours au sujet des accréditations, contrairement à ce que les médias de Brazzaville et certaines gens qui collent le premier ministre annoncent çà et là dans leurs publications, le Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso qui séjourne en France à partir du 24 août 2021, n’est pas attendu au Mouvement des Entreprise de France (MEDEF) et n’interviendra pas non plus à cette grand-messe, comme l’indique le programme du M.E.D.E.F ,sauf changement de la dernière seconde.

En revanche, il est missionné pour déblayer le terrain et tenter de relancer de véritables pourparlers avec divers partenaires du Congo, y compris le gouvernement français. Le chargé de la Communication, Thierry Lézin Moungalla, et Madame Claudia Sassou Nguesso, conseillère spéciale en Communication de son père, venus en précurseurs avec une forte délégation de 9 ministres et épaulé d’un cabinet-conseil qu’ils ont recruté, à coût de millions d’euros, pour faire du lobbying, s’ils sont honnêtes, ils conviendraient avec moi qu’il y’a trop de flottements pour cette mission. La preuve, Denis Christel Sassou Nguesso qui a la charge du département partenariat public-privé n’est nullement programmé à intervenir à ce forum. Ce n’est donc pas la faute de l’Ambassadeur de France au Congo, François Barateau (qui a été convoqué, invité j’allais dire, le 18 août 2021 à la Primature du Congo pour ce voyage). Ce n’est pas lui qui devrait suivre les dossiers du Congo. La mission de Collinet Makosso n’est pas programmée au M.E.D.E.F. Mais, il va au-delà, puisqu’il doit rencontrer, le Club de Paris, le C.I.A.N, plusieurs officiels français pour la relance de l’économie congolaise, le tourisme ; sur la visibilité du Congo, de son Bassin, les négoces sur le fond bleu pour lequel, Arlette Soudan Nono et cohorte s’activent. Aussitôt arrivé, il s’entretient avec le conseiller Afrique de l’Élysée avant de rencontrer Bruno Le Maire.

Anatole Collinet Makosso, qui avait annoncé les couleurs dans son évocation de la République, dimanche 15 août 2021 à Brazzaville, à l’occasion de la fête nationale,  en parlant de « coopération avec tous les États sur des bases saines » ;  d’ « assainissement du climat des affaires », et qui avait abordé les questions judiciaires dont celle de l’amnistie, séjourne en France en négociateur et conquérant auprès des Français qui ont la clef du déblocage des accords entre le F.M.I et d’autres pays comme le Congo-Brazzaville. L’épilogue de cette visite sera fait le 4 septembre 2021.

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

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