Editorial, Politique, Société

SASSOU ne peut pas être le référent dans la crise congolaise car il est le problème.

SASSOU ne peut pas être le référent dans la crise congolaise car il est le problème.

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Dac e news

Dans un contexte marqué par un imminent bouleversement social, le débat sur les alliances politiques est remis au goût du jour. La nécessité de la clarification des alliances s’impose avant les prochaines élections pour mettre fin à la confusion qui règne sur l’échiquier politique congolais et aux tiraillements entre alliés et néanmoins adversaires gouvernementaux. L’espoir est de ne pas reproduire les mêmes expériences du passé qui étaient vouées à l’échec. Au-delà des velléités de restructuration de la scène politique exprimées par quelques voix par-ci et par-là, il faut construire des alliances solides capables de résister dans le temps. Il n’a pas fallut beaucoup de temps pour voir remonter à la surface les critiques.

Les représentants de plusieurs associations, particulièrement de la diaspora n’ont pas tardé à réagir après le choix de Claudine MUNARI d’aller à MADINGOU. J’ai également reçu de nombreux messages d’internautes et amis de France et d’ailleurs. Je vous donne ici mon avis.

Me MASSENGO TIASSE, président de la FRTDH, n’en démords pas sur Claudine MUNARI. Tout en reconnaissant la valeur politique indéniable de Mme MUNARI, il va jusqu’à demander l’exclusion de cette dernière de l’opposition car sa « traitrise serait consommée ». Sa place ne serait plus dans notre « opposition » c’est-à-dire des radicaux, celle qui veut en découdre avec ce système SASSOU qui nous humilie et nous abrutie.

MASSENGO TIASSE a-t-il tort de s’insurger contre Mme MUNARI ? La réponse est,  évidemment, NON. D’autant plus l’onde de choix a été forte et l’étonnement grand.

Nous avions tous été choqués et désarçonnés par ce revirement totalement à l’opposé de ce qu’elle a toujours défendu et surtout véhiculé comme discours depuis l’usurpation des élections de 2016 par cette bande de barbares.  Son choix serait taxé de grande naïveté et certainement de solidarité politique.

Seulement n’oublions pas que nous avons à faire à une femme qui a toujours su patauger entre les crocodiles aux gueules ouvertes, mêmes si cela est incompréhensible pour nous, elle sait parfaitement ce qu’elle fait.

Ce changement de discours a provoqué des modifications dans les comportements de beaucoup. Des comportements agressifs surtout  de la part ceux du camp de J3M qui sont les plus virulents sur la toile.  Il faut noter que sa présence à MADINGOU n’a changé en rien son combat pour la libération des prisonniers. Et ceux qui sont restés n’ont rien modifié non plus.

D’ailleurs aucun congolais n’approuve cette incarcération injustifiée et nous restons tous indignés face cette inhumanité dont fait preuve ce pouvoir devant des compatriotes qui n’ont commis comme seul tort que celui de se présenter à l’élection présidentielle.

Nous l’avons décrié avant MADINGOU, nous le dénonçons après MADINGOU que cette concertation était un piège pour « la vraie opposition ». En s’embarquant dans cette connerie Mme MUNARI s’est exposée légitimement à ce lynchage actuel.

SASSOU à qui elle se remet, est le problème du congolais. Si le fichier n’est pas amendé c’est parce que SASSOU ne veut pas, car ça sera ouvrir la voie à la fin du système en place. S’il y a eu massacre dans le Pool, c’est à cause de SASSOU parce qu’il n’a pas accepté que le peuple du Pool revendique son droit des urnes. Si les retraités ne sont pas payés, c’est encore à cause de SASSOU qui a installé à la tête des administrations du pays une maffia ethnique au col blanc, tous déguisés en prédateur économique. 

Dites-moi, Mme MUNARI, comment peut-on s’en remettre à celui qui n’a qu’un seul souhait celui de maintenir la Chape de plomb sur nos têtes ?

Nous avions été nombreux à être surpris par la lecture politique  de Mme MUNARI qui s’en remet à SASSOU pour le règlement du conflit politique inter-congolais. C’est là où le bât blesse, Si ce n’est  un glissement dangereux, c’est une  vision qui peut être taxée de compromission. C’est une erreur que Mme MUNARI doit rectifier. Elle doit se ressaisir et revenir au vrai sens du combat. C’est mon avis .

Voici quelques extraits de ces précédentes déclarations :

Extrait du de la déclaration du 1er juillet 2016

« Au comble de l’ironie, les criminels essaient de dissimuler et de faire porter aux autres, la responsabilité de leurs propres crimes. Ces méthodes ont servi et sont usées. Elles n’amusent plus personne. Depuis le 25 Octobre 2015, nous sommes entrés dans une zone de non-Etat. Cela le sera davantage à partir du 15 Aôut 2016…Ce qui tient lieu d’Etat depuis le 25 Octobre 2015, n’est rien d’autre qu’une organisation criminelle.

Des voies de faits, ses arrestations arbitraires, ses brutalités de tous genres et ses violations systématiques de toutes les règles sans exception, témoignent du caractère hors la loi du pouvoir de Brazzaville. Ils ont confisqué l’appareil de l’Etat et se servent de ses attributs pour faire un monde honorable. On parle en son nom, mais l’Etat n’existe pas.

Quand le désordre règne, chaque citoyen dans la République est fondé à rétablir l’ordre. Lorsqu’une organisation criminelle tient lieu d’Etat, sème le trouble et la désolation, nous tous, individuellement et collectivement avons, le droit de rétablir l’ordre.

Lorsqu’une organisation criminelle s’empare de l’Etat ou lorsqu’un Etat devient voyou, lorsqu’une organisation criminelle met à mal la paix, l’unité de la nation et crée l’insécurité, chacun de nous a le droit de rétablir l’Etat légitime et son autorité. Nous avions le droit de le faire, mieux, le devoir d’agir comme cela est indiqué dans la résolution 678 du Conseil de sécurité des Nations Unies, je cite : « par tous les moyens nécessaires ».

 Brazzaville le 1er juillet 2016

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Extrait de la déclaration du 31 Aout 2019

« La crise politique actuelle porte le même visage. On ne soulage pas un malade d’une infection en luttant contre la fièvre, qui ne fait que signaler la présence d’un virus. Toutes nos crises ne font que nous signaler la présence d’un mal. C’est contre ce mal qu’il faut lutter »

Brazzaville le 31 aout 2019

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Claudine Munari Mabondzot a déclaré au micro de RFI le 15 mai 2017 :

« … le Pool aujourd’hui, on est en train dévasté ce département pour rien et quand j’entends dire par exemple qu’il n’y a pas de guerre du Pool, moi je suis dans le département limitrophe du Pool mais le nombre de personnes recueillies dans les départements avoisinants, on les compte plus. Et ces gens-là ne fuient pas leur département, leur lieu de vie habituel parce qu’ils sont vicieux ou parce qu’ils veulent se faire plaisir à eux-mêmes.

 Elle est née quand cette crise ? C’est très symptomatique, elle est née dans la nuit du 4 au 5 quand on proclame nuitamment les faux résultats de l’élection présidentielle.

 Quand vous prenez notre budget, quand vous avez 29 milliards de Fcfa pour la formation professionnelle et qualifiante vous avez 285 milliards de Fcfa pour les opérations de défense, donc à vous de tirer les conclusions qui s’imposent.

 Il y a bien des prisonniers politiques dans notre pays. Dans le langage du commun des mortels, ce sont des prisonniers politiques. Maintenant peut-être qu’ici on a inventé un autre lexique qui n’est quand même pas de l’avis de tout le monde. Les prisonniers politique il y en a, et y en a beaucoup. Moi-même j’ai participé à cette élection présidentielle. J’ai été embastillé pendant un temps ici dans ma résidence. Depuis cette élection, je ne peux pas prendre un avion pour aller même à Pointe-Noire et surtout pas à l’étranger parce que mon passeport a été confisque ».

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« Si les Congolais ne font rien, personne d’autre ne fera quelque chose. Chaque peuple à son propre pays. Nous n’avons pas de pays de rechange. Le Congo est notre pays. Battons-nous pour le libérer.»

Claudine MUNARI

Ces paroles prononcées le 11 avril 2016 ont réconforté plus d’un Congolais http://www.dac-presse.com/mme-claudine-munari-combattante-premiere-ligne/

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On est loin de Mme MUNARI, la combattante. Se serait-elle reniée ? Qu’a t-elle fait des fondamentaux de notre combat !!!!!

  •  » La libération de tous les prisonniers politiques qui est une condition non négociable pour apaiser le pays,
  • Le dialogue national inclusif, au lieu d’une concertation ou  les conclusions sont soumises au bon vouloir de SASSOU
  • L’instauration d’un véritable État de droit dans lequel chaque citoyen est libre ,
  • Le rapatriement des 14 000 milliards de francs CFA du Fonds des générations futures,
  • L’audit des institutions étatiques,
  • L’arrêt des malversations financières et la dissimulation des créances (marque de fabrique de notre pays avec des mises en examen pour des biens mal acquis qui se succèdent comme dans un mauvais feuilleton),
  • Le travail pour le bien être du peuple congolais. » AC MIAKASSISSA

Toutefois, le camp de J3M qui s’érige sur la place de Paris en donneur de leçon en traitant tout le monde de traîtres devrait plutôt réfléchir à deux fois. Nous sommes dans un combat politique complexe et qui nécessite plus que l’étalage des émotions. Lorsque Anatole Limbongo-Ngoka se lance à la présidentielle, il est tout de suite taxé de trahison envers Jean-Marie Michel MOKOKO, oubliant qu’il a sacrifié un moment de sa vie dans les geôles du SATAN pour avoir soutenu MOKOKO. Mathias DZON, non c’est du cinéma, il joue le jeu, alors que ce dernier a sacrifié sa carrière internationale pour la cause du Congo… Donc les vrais opposants ne sont que ceux qui soutiennent  J3M.  Mauvaise lecture.

Je ne me permettrais pas de juger les gens, je dirais simplement à tous ceux qui pensent qu’aujourd’hui la cible c’est Mme MUNARI, de créer votre organisation politique capable de faire mieux. Votre point de radicalité sans tenir compte de l’apport des autres exaspère certains. Personne ne fait allusion au fait que deux représentants du J3M étaient à MADINGOU, dites-moi pour quoi faire ?

On balaie le fait que MUNARI ait été choisi à la tête du FROCAD  parce qu’elle était justement  présidente du MUST et qu’elle avait des compétences morales et intellectuelles pour conduire cette opposition. De quel droit pensez-vous l’interdire de défendre les choix de son parti ?  Pourquoi voulez-vous enfermez tout le monde dans une logique qu’on ne partage pas ?

Si faute il y a, on s’assoie, on discute et on tranche. C’est quoi cette manière de s’ériger en donneur de leçon sur tout. Mme MUNARI, je le répète, à tort de s’en remettre à SASSOU mais cela ne fait pas d’elle pour autant un traître.

Vous savez où sont vos traîtres que vous accompagnez et que vous protégez.  Regardez le scénario que vous affichez entre vous à Paris, pensez-vous être les mieux placés pour donner des leçons aux autres ?  Reconnaissons-le, nous sommes tous mauvais. Ce n’est pas MUNARI qui sauvera le Congo, ni DZON, ni J3M et moins KOLELAS, c’est la prise de conscience collective animée par le réveil d’un peuple qui sortira le Congo de l’impasse actuelle.

Vous n’avez peut-être pas percuté sur le piège tendu par MBOULOU qui en choisissant volontairement certains partis et en excluant d’autres avait bien misé sur votre naïveté. Regardez, pour vous MUNARI est devenue votre cible et pendant que MBOULOU prépare tranquillement le passage en force de son chef. La restructuration de la police est l’un des puzzles du passage en force qui se met en place.Puisque SASSOU vient d’être désigné candidat à l’élection présidentielle par les 17 partis politiques de la majorité présidentielle.

On attaque DZON, KOLELAS, TSATY MABIALA, ou MUNARI, oublions de ce fait le véritable problème du Congo.

Attachons nous au bien-être du peuple congolais  et non aux femmes et hommes qui sont par nature des êtres faillibles 

 

DAC E NEWS

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