La crise sanitaire qui sévit dans les Kivu, au nord-est de la République démocratique du Congo, est alarmante. Marquée par des conflits persistants et un accès limité aux soins, la situation devient de plus en plus critique. Les organisations humanitaires, dont le CICR et Médecins Sans Frontières, attirent leur attention sur un point essentiel : sans intervention urgente, la vie de milliers de personnes est mise en danger. 2025 promet d’être une année charnière pour la santé dans cette région, ostracisée par des défis tant économiques que sécuritaires. Ce contexte incite à une réflexion approfondie sur la santé, la prise en charge des blessés et l’accès aux soins dans un environnement aussi instable.
La dégradation alarmante du système de santé dans les Kivu
La détérioration du système de santé dans les provinces du Nord et Sud Kivu est largement attribuée aux conflits armés et aux violences qui incessamment perturbent la vie quotidienne des populations. La situation s’est intensifiée depuis plusieurs années et les derniers rapports du CICR mettent en exergue une dégradation significative de l’accès aux soins. En effet, les combats et l’insécurité continuent de restreindre les déplacements des populations, limitant ainsi l’accès aux centres de santé. Cela entraîne, malheureusement, des conséquences dramatiques sur la santé de millions de Congolais.
En janvier 2025, le personnel soignant est confronté à un défi monumental : non seulement gérer les soins quotidiens, mais aussi assurer la sécurité des patients et des infrastructures sanitaires. Le CICR a récemment mené des études accablantes qui montrent une diminution de plus de 50 % des consultations chez les enfants de moins de cinq ans, par rapport à la même période en 2024. Ce constat souligne l’urgence d’une réaction appropriée face à cette crise sanitaire grandissante.
Un accès rompu aux structures de santé
Dans cette zone délicate, les centres de santé sont souvent inaccessibles à la population. D’une part, la violence armée empêche les malades de se déplacer et les blessés de recevoir des soins immédiats. D’autre part, de nombreux professionnels de santé fuient en raison de l’insécurité. Les témoignages font état d’une réelle inquiétude. Des infirmiers engagé dans la lutte pour la survie regrettent le manque d’accès aux médicaments essentiels, rendant leurs efforts pratiquement vains.
- Augmentation des mortalités maternelles et infantiles.
- Diminution du taux de vaccination des enfants.
- Pénurie de médicaments et de matériel médical.
Le témoignage d’un infirmier du Sud-Kivu illustre cette situation : « Les médicaments pour traiter les infections courantes comme le paludisme et les diarrhées viennent à manquer. Nous ne pouvons qu’observer la détérioration de la santé de nos patients ». De telles réalités sont devenues monnaie courante dans une région où le droit à la santé est sacrifié sur l’autel de la violence.
Les conséquences de l’instabilité sur la santé publique
La précarité économique, exacerbée par les conflits, limite sévèrement les ressources disponibles pour le secteur de la santé. Les hôpitaux, qui devraient constituer un refuge pour les malades, sont souvent eux-mêmes en état de délabrement avancé, victimes de pillages et d’attaques. Selon une étude du CICR, environ trois cinquièmes des structures de santé ont subi des actes de violence.
| Type d’Incident | Pourcentage de Structures Affectées |
|---|---|
| Pillages | 60% |
| Destruction de biens | 40% |
| Assassinats de personnel médical | 25% |
Le résultat ? Un système de santé à bout de souffle où l’accès aux soins est devenu un luxe. Face à cette situation, des ONG comme Orange Santé et Solidarité RDC tentent de répondre aux besoins d’urgence, mais la persistance de la violence compromet leurs efforts.
L’afflux de blessés : une pression insoutenable sur les soins
Les hôpitaux de la région, déjà mal en point, doivent composer avec un afflux constant de blessés en raison de l’insécurité grandissante. En 2025, les hôpitaux soutenus par le CICR ont traité plus de 2 900 blessés par arme, un chiffre qui témoigne de la gravité de la situation. Cela représente une augmentation de 172 % par rapport à l’année précédente. Les blessures subies par les patients sont souvent complexes, nécessitant un suivi optimal et prolongé.
Complexité des blessures et prise en charge
Les éclats d’armes explosives, dont l’usage s’est intensifié, entraînent des blessures non seulement lourdes et physiques, mais également des souffrances psychologiques. Les victimes de violences sexuelles connaissent des trajets similaires, témoignant de la dégradation du respect des droits humains en situation de conflit. Les consultations en santé mentale connaissent également une forte hausse, reflétant l’ampleur des souffrances psychologiques causées par la violence.
- 172 % d’augmentation des consultations médicales pour blessures par arme.
- Plus de 4 600 cas de consultations en santé mentale pour faibles maltraités constatés.
- Problèmes de santé associés aux séquelles de violences armées.
Des organisations comme Médecins Sans Frontières et la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France apportent une contribution précieuse, mais les fonds et les ressources humaines restent insuffisants face à l’ampleur de la crise.
Les défis associés à la santé mentale
Le soutien psychologique représente un autre défi capital que révèlent ces rapports. En effet, ce n’est pas seulement le corps qui est blessé, mais aussi l’esprit. Les consultations en santé mentale ont enregistré une multiplication par 7 en 2025 par rapport à l’année précédente, indiquant une détresse psychosociale croissante dans la population. La nécessité de programmes adaptés pour traiter ces problématiques devient donc impérative.
| Type de Consultation | Nombre de Cas en 2024 | Nombre de Cas en 2025 |
|---|---|---|
| Consultations médicales pour blessures par arme | 1 600 | 2 900 |
| Consultations en santé mentale | 600 | 4 600 |
Les cas de traumatisme post-traumatique sont souvent mal pris en charge et les patients n’ont pas accès à une réhabilitation adéquate. La situation appelle une réévaluation des ressources allouées à cette cause.
La pénurie de médicaments, un frein inacceptable
Une autre question centrale dans cette crise de santé demeure la pénurie de médicaments. Les organisations humanitaires font face à d’énormes défis logistiques, exacerbés par l’insécurité. La baisse des financements a également un impact conséquent sur la disponibilité des médicaments, qui deviennent de plus en plus rares dans les hôpitaux. En janvier 2025, près de 75 % des structures interrogées signalent des ruptures de stock.
Impact sur le traitement des pathologies courantes
La pénurie de médicaments a des répercussions directes sur la prise en charge des pathologies souvent simples, mais fatales si elles ne sont pas traitées. Cela inclut des maladies courantes comme le paludisme, les infections respiratoires et les diarrhées. Le témoignage d’un infirmier sur le terrain, Safari, illustre cette réalité : « Nous peinons à traiter des pathologies courantes à cause du manque de traitements adaptés ».
- Pénurie de médicaments anti-paludiques.
- Difficultés pour le traitement des infections respiratoires.
- Absence de solutions pour les patients souffrant de diarrhées sévères.
Le dépassement de ces défis est essentiel pour améliorer l’accès aux soins. Des initiatives doivent aussi se développer pour garantir un circuit d’approvisionnement sécurisé en médicaments et matériels médicaux.
Une réponse collective nécessaire
Les tensions militaires croissantes dans la région des Kivu nécessitent une action collective. Les parties prenantes, qu’elles soient étatiques ou non-gouvernementales, doivent redoubler d’efforts pour garantir l’accès aux soins. Le droit international stipule clairement que les populations civiles doivent être protégées, notamment par l’accès aux services de santé. Les appels à l’action ne cessent de se multiplier.
| Actions Recommandées | Acteurs Impliqués |
|---|---|
| Renforcer la protection des infrastructures de santé | CICR, ONU, ONG locales |
| Augmenter le flux de financements humanitaires | Organisations internationales, gouvernement congolais |
| Favoriser la coordination entre acteurs humanitaires | Médecins Sans Frontières, Orange Santé, Santé Sud |
La gravité de la situation exige que toutes les parties prenantes prennent des mesures urgentes pour protéger la santé de la population et favoriser un retour à la normalité tant espéré.
Les initiatives humanitaires sur le terrain
Malgré les défis, différentes organisations humanitaires s’efforcent de répondre aux besoins croissants. Le CICR, Médecins Sans Frontières et d’autres partenaires de santé déploient des efforts considérables pour fournir des soins de santé essentiels. En mai 2025, près de 33 800 personnes ont bénéficié de services de santé mentale et psychosociale grâce aux programmes mis en place par ces organismes.
Diversité des interventions
Les interventions vont de la mise en place de consultations médicales d’urgence à l’assistance par l’envoi de médicaments et autres intrants essentiels. Au moins 440 personnes victimes de violences sexuelles ont été référées au CICR pour un soutien médical rapide. Les statistiques démontrent également l’importance de l’éducation à la santé dans la prévention des maladies.
- Émissions de sensibilisation sur les maladies endémiques.
- Formation continue des infirmiers en élévation via le Réseau CREFES.
- Distribution de kits médicaux dans les zones éloignées.
En dépit des limitations physiques et financières, des efforts concrets sont déployés pour améliorer la qualité de vie des Kivutiens. Les défis demeurent, mais l’engagement des acteurs de la santé est plus que jamais crucial.
Source: www.icrc.org




